LE SYNDROME DE L'ÉTOILE JAUNE



"N'achetez pas chez les Juifs !", 1933

En 1933, à l'initiative des SA, de sinistres consignes apparurent sur les murs d'Allemagne sur lesquelles on pouvait lire : "N'achetez pas chez les juifs !" Deux ans plus tard, en 1935, sous l'impulsion de Goebbels et Streicher, des «manifestations spontanées» furent organisées contre eux. Et le 1er septembre 1941, le port de l'étoile jaune fut instauré par un décret signé par Reinhard Heydrich.

En 2013, quatre-vingts ans plus tard, les mêmes sinistres consignes fleurissent à nouveau sur les murs de nos arènes, et sont répercutées via internet et les réseaux sociaux vers toutes les entreprises "coupables" d'associer, fusse de manière minime, leur image à celle de la corrida.

Mais en 2013 l'histoire s'accélère, et des "manifestations spontanées" violentes et xénophobes, ont également été organisées par des associations moralement irresponsables - mais pas pénalement - contre la communauté des aficionados : violences contre les biens et les personnes, tentatives de boycot de livres, de revues, menaces contre des magasins, des restaurants, des libraires...

La xénophobie la plus abjecte qu'on ne pensait pas voir renaître est en passe de se banaliser, provoquant chez les aficionados des sentiments mitigés, allant de l'incrédulité à la colère, mais à aucun moment de peur ou de culpabilité.

Afin de mettre un terme à cette dérive inacceptable, des actions ont été entreprises, et d'autres le seront, pour que la justice passe et sanctionne durement ces mouvements xénophobes et violents qui ont pris pour cible la communauté des aficionados. Et nous attendons d'elle qu'elle dise le droit et garantisse nos libertés fondamentales en sanctionnant les délinquants.

Sinon, dans le cas oú nous nous sentirions abandonnés par elle, ce que nous ne pouvons malheureusement exclure dans la mesure oú madame Taubira, sa ministre, s'est positionnée en faveur de l'abolition des corridas,
dans le cas oú nous serait dénié par la menace le droit de transmettre notre culture à nos enfants,
dans le cas oú ces attaques innommables contre notre liberté de penser, d'agir et d'organiser porteraient atteinte à ces droits fondamentaux pour tous les citoyens,
dans le cas oú ces attaques inadmissibles ne seraient pas punies et mettraient en péril la santé économique de notre activité et les emplois qu'elle génère,
alors, je vous le dis, nous nous souviendrions de nos aînés, de la levée des tridents à Nîmes et de la résistance dacquoise incarnée par le maire Milies Lacroix.

Et alors, je vous le dis aussi, si après avoir épuisé toutes les voies du droit qui demeurent notre ligne de conduite et justifient les appels au calme que nous rééditons aujourd'hui,
si l'injustice doit être la règle, que les xénophobes radicaux du terrorisme animaliste, après avoir mesuré notre patience, se préparent à affronter notre colère : ils savent où nous trouver, mais nous savons aussi.

Nouveau cas d'intimidation signalés dans des dépôts de presse. Le message est clair : Terres Taurines doit disparaître des présentoirs. En devenant abonné (voir l’offre d’abonnement mensualisé et la faire circuler), chaque lecteur prend en main l'avenir de Terres Taurines. Et de

témoin de l’histoire, il en devient acteur à nos côtés (voir édito).

André Viard