L'ANOET SE RESPONSABILISE



En convoquant une réunion de son bureau et en priant Pedro Balaña d'y assister pour informer ses pairs sur la réalité de ses contacts avec la mairie de Barcelone, le syndicat des patrons taurins semble vouloir exercer un opportun droit d'ingérence.

Car tout en indiquant en préambule qu'il ne s'agit aucunement de se mêler des affaires privées de la casa Balaña, les "grandes" empresas justifient leur initative par leur souci de veiller à l'avenir de Barcelone en tant que ville taurine.

Une décision qui pourrait créer un précédent heureux dans la mesure où le principal syndicat d'organisateurs de corrida s'est plutôt signalé dans le passé par son absentéisme notoire sur le terrain de la défense de notre culture, lui préférant et de loin celle de ses propres intérêts. Il n'est d'ailleurs pas inutile de rappeler que pas plus tard que la semaine dernière, Luis Corrales, président de la Plateforme de Défense de la Fiesta, s'est plaint d'avoir été abandonné en rase campagne par ceux qui s'étaient pourtant engagés à soutenir activement (et financièrement) son action.

Comment expliquer pareille prise de conscience de la part des grands patrons ? Par l'effet dévastateur que pourrait avoir la démission de l'un des leurs sur leurs affaires et par le déficit d'image qui en résulterait. C'est dire si la situation barcelonaise est prise au sérieux par ceux qui jusqu'à présent ont laissé aux seuls aficionados le soin de monter en première ligne, et c'est dire aussi si la stratégie qu'ils adopteront sera déterminante pour la mise en ordre de bataille du mundillo que tout le monde attend.


André Viard