LE DERNIER REFUGE DU MYTHE

Récemment interrogé sur l'identification de la fête taurine à un passé révolu faite par divers secteurs nationalistes, Eduardo Miura a répondu : "Je n'aime pas parler de politique car ce n'est pas mon terrain de prédilection. Mais le toreo est universel, comme le démontre le fait qu'il n'est pas né en Espagne mais dans tout le bassin méditerranéen. Notre pays est l'ultime refuge du mythe du toro. Et à partir d'ici, il a irradié partout dans le monde..."

Ce qu'il
convient de ne pas oublier quand, désoeuvrement aidant et mauvaises habitudes prises, le secteur taurin se met à ressembler à un congrés d'épiciers poujadistes (pardon pour la profession en question, c'est une image), chacun cherchant à tirer la couverture à soi au détriment de l'intérêt des autres.

Après avoir pris la température de différents responsables de villes taurines, le sentiment qui prédomine est la désolation, comme après un chahut majuscule, quand le pion siffle la fin de la récré et que chacun prend conscience de l'énormité de la bourde commise.

Bien sûr, Nîmes est montré du doigt, et nombreu
x sont ceux qui ne comprennent pas comment Jean-Paul Fournier a pu se laisser entraîner dans une telle dérive dont les effets ne font que commencer : l'UCTL sur son site reprend le texte d'une déclaration de Simon Casas à l'agence EFE dans laquelle celui-ci confirme avoir répondu à la demande de son maire avec l'assentiment du président de l'UVTF.

Allez donc, après cela, expliquer aux ganaderos espagnols qu'en France il y a des règles et qu'il faut les respecter. Il faut d'ailleurs espérer pour Nîmes qu'étant devenue une zone de non-droit taurin, les ganaderos qui y lidieront l'an prochain n'en profiteront pas pour fourguer à l'empresa tous leurs mogons imprésentables, quitte à les passer au taille-crayon afin de leur rendre une apparence respectable. Car sinon, auprès de qui se plaindrait-on ?

André Viard