LES LIGNES BOUGENT



Empresas en quasi déconfiture, transferts hivernaux, projets culturels à plus ou moins long terme, les lignes bougent en Espagne en cette fin de saison, où, sur l'échiquier du mundillo, les opérations préliminaires en vue de la prochaine temporada ont déjà commencé.

Si la plupart des rumeurs dont il était fait état ici en début de semaine se sont confirmées depuis, les déclarations de divers acteurs du mundillo permettent de les compléter. À Madrid, José Antonio Chopera a donc annoncé la mise en place d'une télévision privée en ligne, dédiée aux spectacles de Las Ventas, laquelle, selon ses propos, ne serait activée qu'à partir du moment où il n'y aurait plus d'accord possible avec Canal Plus.

Immédiatement après cette confidence, l'info selon laquelle un accord verbal avait été passé entre la chaîné cablée et les arènes pour les deux prochaines temporadas a été publiée, mais on ne peut exclure que d'un côté et de l'autre ces annonces aient été faites pour peser sur les négociations qui sont toujours en cours, en raison du problème des droits d'image qui n'est toujours pas réglé.

Dans la catégorie des arènes en faillite, celles de Grenade avouent un trou de 600.000 euros accumulé en trois temporadas par deux empresas différentes. Le syndicat des toreros est saisi et la procédure habituelle pourrait être mise en place en vertu de laquelle le propriétaire de l'arène est rendu responsable des dettes de son locataire. En l'occurence il s'agit d'une société privée qui, jusqu'à apurement complet des sommes impayées, pourrait se voir contrainte à ne pas relouer l'arène à une nouvelle empresa, comme elle en avait manifesté l'intention.

À Bogota, où le maire de la ville refuse de louer l'arène à l'empresa en place, ou à toute autre qui ne prendrait pas l'engagement d'y organiser des corridas sans mise à mort, une délégation de toreros (Pepe Manrique, président des toreros colombiens, Luis Bolivar, El Juli, Sébastien Castella et Perera) a rencontré hier le président colombien, qui s'est engagé à accélérer le procesus d'inscription de la Fiesta au patrimoine culturel du pays, à l'image de ce qui a été fait en France.

Dans le même temps, les forces vives de l'aficion de la capitale ont entrepris diverses actions légales pour démontrer l'illégalité de la décision du maire de Bogota. Et pendant ce temps, en Espagne, les happenings en forme de toreo de salon continuent : après celui de la Plaza Mayor au moment de la feria d'automne, c'est dans le Parc du Retiro qu'a été organisé celui d'hier, par solidarité avec la délégation de toreros qui rencontrait le président colombien. Les lignes bougent, et c'est dans le bon sens.

André Viard