Mercredi 10 octobre 2012

L'Edito

 

À MOITIÉ VIDE
La feria d'automne possède plusieurs lectures. La plus aisée à livrer est celle qui se borne à comptabiliser les succès, mais la plus juste consiste à analyser ceux qui ont été perdus en route et pourquoi, même si ce faisant on prend le risque de ne pas être politiquement correct.
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Actualité
MADRID : LES TOREROS MIEUX QUE LES PALHAS

La quatrième et dernière corrida de la Feria d’Automne de Las Ventas n’a pas tenu ses promesses mais le professionalisme et « entrega » des trois toreros ont relativisé la déception que pouvaient exprimer les aficionados quant aux toros de Palha. De présentation irrégulière, d’origines différentes sans doute (les toros de Palha proviennent de Baltasar Ibán et Pinto Barreiros) et surtout de comportement compliqué, sauf le deuxième plutôt « pastueño » mais juste de forces. Fernando Robleño, Javier Castaño et Alberto Aguilar étaient en charge de lidier ces toros à la mesure de leur réputation de toreros habitués aux corridas dures. Aujourd’hui ils ont été servis !
Le premier reçoit une pique arrière , rapidement levée et une piqûre de laquelle il sort presque groggy et aura une charge pas très volontaire pour la faena de muleta. Le deuxième est un « jabonero », à la robe curieuse pour un toro de Palha, et de présence limite pour Madrid. Il prend deux piques, courtes car on le réserve pour la suite de la faena. Le troisième s’endort dans le caparaçon après avoir desarçonné le picador pour la première rencontre et à la deuxième il est piqué en arrière. Le lieu de cet affrontement déterminera la querencia du toro sur laquelle il faudra compter au cours du tercio de banderilles et reste de la faena. Le quatrième est un toro haut, bien encorné et qui sort « escarbando ».Deux piques chargées la tête haute dans le « peto » qui auraient du être trois tant le châtiment se révèlera insuffisant pour la faena de muleta. Le cinquième est un peu malingre, faible des pattes postérieures, mais d’armures très…respectables. Bonne pique de « Tito » Sandoval et le toro fléchit sous le « peto ». Deuxième pique symbolique et le toro s’agenouille. Toro « levantado » et en querencia devant le Tendido 8. David Adalid est le protagoniste d’un tercio de banderilles qui restera dans las annales, clouant les « palos al sesgo por fuera » dans tout le haut du garrot et marquant les temps. Grande ovation du public de Las Ventas debout. Le sixième est le moins armé , coureur et manso, il prend une pique faisant sonner l’ « estribo » et sort seul de la rencontre. Idem à la seconde.
Fernando Robleño va toréer son premier au dela du tercio en donnant de la distance à un toro « tardo » et qui charge en se défendant dans la muleta. D’où accrochages et une faena qui va à l’unisson de la réduction de la charge. Viendra ensuite, au cinquième, un combat réduit à des passes de défense et à la fin de « aliño ».
Javier Castaño va citer le jabonero de loin au centre du ruedo. La faena sera des deux mains ajustant le geste à la vitesse du toro, principalement des naturelles au ralenti, et le toro visiblement épuisé a la ressource suffisante pour accrocher le torero qui se jetait à tout va sur le garrot pour porter une estocade arrière. A son deuxième il réalise une faena avec précaution, ses facultés réduites suite à la cogida, essayant néanmoins d’habituer le toro à la muleta pour le passer à gauche principalement. Deux pinchazos et une estocade entière et descabello.
Alberto Aguilar se montre très actif tant au capote qu’à la muleta à ses deux toros. Son premier, accueilli par des doblones très toreros, se révèle « probón ». Alberto se croise pour engager la charge mais le toro se défend. Le dernier palha ne passe qu’à mi hauteur dans la muleta et de plus est « mirón » caractéristique qui oblige le torero à corriger sa position pour le cite. Un pinchazo et une entière mettent fin à cette corrida dont le public a retenu son attention pour le jeu des toros et apprécier la volonté des toreros.
Fernando Robleño : silence et applaudissements. Javier Castaño : saluts et silence. Alberto Aguilar : Saluts et silence.
Georges Marcillac.

MADRID : OREILLE POUR FANDIÑO

La corrida de Valdefresno complétée d’un exemplaire de Hnos Fraile Mazas (3ème) (encaste Lisardo Sánchez) avec le cartel de matadors Sergio Aguilar, Iván Fandiño et David Mora permettait à l’afición madrilène et française (beaucoup de français présents et fidèles à la Feria d’Automne) d’animer les tertulias à la sortie des arènes. L’objet principal de ces réunions d’aficionados était la prestation de Iván Fandiño en passe de devenir « torero de Madrid » tant ses successifs succès à Las Ventas et celui d’aujourd’hui le justifient. Les toros, bien présentés du point de vue armures, presque tous cinqueños sauf le 6ème, très justes de comportement aux chevaux, révèlaient à divers degrés bravoure et mansedumbre tout au long de leur lidia, parfois faiblesses qui disparaissaient opportunément durant les faenas de muleta. Ce fut le cas du deuxième toro de Iván Fandiño dont la faena était contestée par une partie du public mais célébrée par la majorité. Fandiño eut le mérite de construire un trasteo intelligent donnant de la distance à un toro qui aurait pu être renvoyé au corral mais qui, cité de loin, par inertie, entrait franchement dans la muleta présentée sans discontinuité pour lier des passes quasiment impossibles. Faena droitière il est vrai, mais d’un grand impact, terminée par des bernardinas citées à au moins 10 mètres et changées de côté au moment de l’ « embroque ». Une estocade un peu verticale nécessitant le descabello faisant perdre l’ oreille méritée et privant Iván Fandiño de la « puerta grande ». Car il avait coupé une oreille à son premier toro, « tardo » qu’il sut conduire dans des passes serrées et liées malgré le peu de charge du valdefresno, toujours dans le « sitio » sans se corriger. Une estocade entière marquant les temps clôturait une belle et valeureuse faena.
Sergio Aguilar signait deux faenas sérieuses sans grand relief car les caractéristiques de ses deux toros ne lui permettaient pas de briller sinon honorer son cachet de torero sobre et appliqué. Il toréait son premier dans le terrain du toril et son second sans transmission, par naturelles essentiellement, avant de porter des estocades efficaces.
Malgré les nombreux cartels de la saison qui s’achève et au regard de la saison 2011, il semble que la paire Iván Fanfiño-David Mora et la « competencia » passée ne devrait durer l’an prochain. Même si les styles sont différents, celui de David Mora est tombé dans le standard actuel celui du toreo de profil, la jambe contraire défaussée. C’est dommage et la prestation de cet après-midi en fut l’exemple. Il faut admettre néanmoins que ses toros ne l’aidèrent pas, l’un statique, l’autre réduisant sa charge au fil de passes anodines. Sergio Aguilar : saluts et silence. Iván Fandiño : une oreille (applaudissements et sifflets) ; une vuelta après un avis. David Mora : silence ; un avis et silence. Georges Marcillac.

MADRID : LES ADIEUX DU FUNDI

L’évènement de cette deuxième corrida de la Feria d’Automne résidait en les adieux de « El Fundi » à Las Ventas couronnant ainsi une carrière de presque trente ans depuis ses débuts en novilladas piquées, carrière dure avec des hauts et des bas mais durant laquelle s’est forgée une expérience de lidiador largement reconnue en France peut être plus qu’en Espagne, d’ailleurs. José Pedro était accueilli par les applaudissements chaleureux du public dès la fin du paseo. « El Fundi » était accompagné de Manuel Jesús »El Cid » et Daniel Luque pour combattre des toros du Puerto de San Lorenzo. Ceux-ci, à un mois près, étaient des toros de cinq ans avec les inconvénients de cet « âge mûr » (pour les toros) démontrés cet après-midi. En effet les puerto-san-lorenzo furent difficiles pour les toreros qui ne purent briller. Cette difficulté était le résultat de comportements désordonnés alliés à une faiblesse ou mansedumbre selon le cas oú émergeait parfois un fond de caste qui maintenait debout des toros de charges courtes ou molles. Seul le toro sorti deuxième, put surpasser ses lacunes de forces par une bravoure qui terminait en genio dans la muleta de « El Cid ». Une fois de plus Manuel Jesús gachait à l’épée une fanea complète, débutée à gauche en citant de loin un toro qui semblait avoir récupéré ses forces. Des séries de naturelles et une grande série de dérechazos faisait monter la tension de Las Ventas mais la faena baissait de ton dans la dernière série de naturelles. Deux pinchazos, une entière un peu tombée et un avis faisaient envoler le succès et l’oreille de « Gracioso » le mal nommé …pour « El Cid ». Sa seconde faena était faite de passes, oui, mais la sosería du 5ème enlevait tout intérêt au trasteo du torero de Salteras.
Daniel Luque put montrer ses talents de capeador dans des quites et surtout une volonté de mettre dans la muleta le 6ème, un toro armé, qui se freinait dans les premiers capotazos et ne faisait pas mieux dans la muleta. Daniel Luque bien centré forçait les passes unes à unes, malgré le cabeceo et la distraction du toro entre les cites. A son premier, toro de charge désordonnée à la limite de la chute, il n’y avait pas grand-chose à faire. Il en terminait d’une estocade habile du toro « rajado ».
« El Fundi » en cette journée d’adieux toucha deux toros qui lui laisseront un souvenir amer. Au premier tantôt statique ou « andarín », perdant parfois l’équilibre, il ne put que lui donner des muletazos sans passer la corne et tuer d’une épée tombée. Et à son deuxième, il ne put faire mieux . La faiblesse de pattes et la charge hésitante rendaient impossible même un semblant de faena et il fallut en finir . Demi-estocade. Un silence respectueux sanctionnait cette dernière faena de « El Fundi » obligé malgré tout à saluer en dernier hommage au torero de Fuenlabrada.
« El Fundi » : silence et saluts. « El Cid » : un avis et légers applaudissements ; un avis et silence. Daniel Luque : silence aux deux. Applaudissements à l’arrastre du deuxième « Gracioso », 550 kg, 08/07. Georges Marcillac.

OPUS 41 : L'AFICIÓN ORPHELINE

Comme une maladie incurable dont nul ne sait expliquer l’origine, l’aficion orpheline alterne phases de crises et périodes de rémission. D’où vient le mal docteur ? De l’absence de toro, de la perte d’éthique, de cet étrange sentiment d’abandon que ressentent les aficionados face aux caprices des figuras et à la démission des empresas. Pour soigner la crise, une seule solution : fuir la routine et aller là où la tauromachie parvient encore à vivre à l’abri d’une modernité qui la banalise. L’itinéraire est hasardeux, les déceptions possibles, mais les rencontres riches. Au sommaire : "les mouettes de la Malgueta", "tendido paradis", "pique bleue", "veaux, vaches, cochons, couvées...", "le sereno de la Glorieta", "échec scolaire", "le syndrome de l’Heteronectes", "le palco de la Viergeet le chaudron du Dagda", "danse de la pluie et émail diamant". Mais aussi, "Révolution culturelle", et "Sánchez Covaleda : chronique d'une éradication annoncée". 160 pages d'un itinéraire athypique.

JOURNÉE VICTORINO À DAX

Dimanche 14 octobre 2012, journée Victorino Martin aux arènes de Dax. À 11 heures : 10 vaches "sans cordes" écartées et sautées par les toreros landais. À 16h : 4 toros de Victorino Martin. Victor Mendes, Antonio Ferreraa, Javier Castano et Eduardo Gallo, un novillo de Urcola pour Gines Cartagena et un eral de Urcola pour Louis Husson. Journée organisée par Toros y Movida avec Henri Thillet, au bénéfice du CCAS DAX.

FIESTA CAMPERA DE RION

Organisée au cœur des Landes par la peña "TORO BLANCO" de Rion-des-Landes avec la participation de la peña "CRÉO QUÉ SÍ" de Tartas, la FIESTA CAMPERA de Rion aura lieu les samedi 1er et dimanche 2 décembre. Le programme définitif sera communiqué ultérieurement. Possibilité de logement collectif à proximité de Rion-des-Landes pour la nuit de samedi au dimanche. Renseignements et Réservations : PEÑA TORO BLANCO à RION-des-LANDES. Pascal Vilaton : 06.79.55.28.53 ou penatoroblanco@orange.fr.

DE LA DIFFICULTÉ D'ÉCRIRE UNE CHRONIQUE TAURINE...

Afin qu'une chronique de corrida puisse être lue par toute personne, aficionada ou non, il faudrait utiliser un vocabulaire des plus courants, de tout les jours, et trouver le moyen de faire que l'amalgame des mots, provoque chez le lecteur, une émotion et un plaisir. Poètes et écrivains y feraient merveille.  Mais la tauromachie est aussi une technique et ne pas s'y référer occulterait ce que l'Aficionado averti considère comme essentiel. Lire chronique de René Philippe Arneodau.


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TIERRAS TAURINAS


De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.

fiesta campera
FIESTA CAMPERA

A 9 kilomètres de Dax en direction de Pau, "Fiesta Campera", sur le territoire de la commune de Mimbaste, propose dans un cadre champêtre des journées à thème autour de la tauromachie. Stages de Tauromachie, Bodega, Repas, Course Landaise, Tienta, Capea... Contact : Vincent Molas : 06-16-55-29-81

CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

TISSONS DES LIENS

Afin de compléter la rubrique "liens" du site, nous invitons les organisateurs, clubs taurins, professionnels ou particuliers à nous communiquer l'adresse de leur site. contact rédaction
 






























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