LE TOREO NE FAIT PAS GRÈVE




Alors que l'Espagne est agitée par le même mouvement social qui en France provoque quelques grèves (la seule différence est que chez nos voisins la réforme des retraites est imposée par la gauche), le toreo, loin de chômer, travaille d'arrache-pied.

Syndicalistes de pointe, les figuras font le tour des ministères et se disent prêts à aller arracher le passage effectif de l'Intérieur vers la Culture au sein de chaque comunidad. Dans la mesure où il y en a dix-sept en Espagne (Catalogne comprise), cela va prendre un certain temps.

Ce qui permettra au PSOE de se refaire en douceur une image auprès des aficionados grâce au très influent Pérez Rubalcaba, numéro deux du gouvernement depuis le remaniement d'hier, lequel a repris la main sur le dossier avec pour intention affirmée - sinon avérée - de mener des négociations avec le PP afin de trouver un consensus national pour bétonner la Fiesta.

Lequel PP ne chôme pas non plus dans la mesure où il a confirmé hier également qu'il déposerait dans les délais un recours devant le Tribunal Constitutionnel afin que celui-ci casse le vote catalan.

Dernier signe et non des moindres : alors que leurs voix s'étaient évaporées lors du vote de la commission des finances du Parlement européen qui, à la demande des écologistes, préconisait la suppression des aides communautaires aux ganaderias braves, tous les eurodéputés socialistes espagnols ont voté hier comme un seul homme afin de confirmer celles-ci, ce qui a permis de rejeter la motion anti taurine. Ainsi qu'elle le fait pour tous les éleveurs, l'Europe continuera donc d'attribuer ses aides aux ganaderos.

Les anti taurins espagnols seraient dit-on entrés dans une grosse déprime en constatant que grâce à eux - dans la mesure où ce sont leurs attaques qui ont provoqué la riposte - le secteur taurin vient d'obtenir plus de résultats qu'il ne l'avait jamais fait. Reste à matérialiser le statut culturel au niveau fiscal, puis les figuras et tous les autres pourront enfin s'attaquer à la nécessaire régénération du spectacle, laquelle passe bien sûr par une profonde réflexion sur les conditions d'élevage du toro.

André Viard