OZU MI ARMA, QUE PETARDO !


... ils n'ont plus qu'à embister, disais-je hier, et ce serait bien le diable si un ou deux ne le faisaient pas. Et ils ne l'ont pas fait ! Mais à bien y regarder, ce n'est pas très étonnant.

Voir les toros c'est un métier et dans l'entourage de Morante ce n'est celui de personne : ni de son apoderado qui est promoteur (et accessoirement ganadero tant qu'il n'est pas rattrapé par les subprimes), ni celui de son copain Barrera, gendre du précédent et conseiller occulte du torero.

Ce qui explique le défilé de toros mal faits, ou à l'envers, face auxquels Morante était sensé offrir son meilleur toreo. Or il ne suffit pas de sortir de quelques unes des ganaderias les plus règulières de la saison pour qu'ils embistent.

Sauvons du désastre le premier de Daniel Ruiz, décasté et vite éteint mais qui était bien fait, et le Nuñez del Cuvillo sorti en dernier, bien fait aussi, et qui fut finalement celui qui ressembla le plus à un bon toro sans l'être. Les autres ? Un toro monté à l'envers de La Campana (dont la seule raison d'être là était qu'il provenait de la ganaderia de l'apoderado de Morante), un gros Fuente Ymbro à petite tête d'une laideur terrible, un Pilar sangudo et monté lui aussi qui sortit rusé, mit une cornada terrible au pauvre Manolo Bueno qui faisait sa despedida un jour trop tard mais que Morante mit ensuite dans sa muleta, et un Zalduendo sans race de 600 kilos.

Face à ce sexteto sans talent, ni beauté, ni envie, Morante plaça quelques gestes, tenta le maximum à chaque fois, tua fort mal à trois reprises, banderilla le dernier, toréa bien de cape à chaque réception ou presque et repartit sous une bronca injuste au vu des circonstances. Les mañicos pensaient-ils qu'ils allaient voir le Fandi ?

Le vrai échec, plus que de Morante, est celui de son entourage qui n'a pas été à la hauteur de l'évènement et a placé face à lui le rebut des ganaderias retenues. Un amateurisme coupable qui a eu raison du geste de Morante et dont on peut mesurer le ratage à l'aune des lots choisis pour le Juli et Castella à Nîmes, voire Madrid pour Perera. Ou encore pour Liria au même moment à Murcia.

Ce qui met en évidence le vrai problème actuel de Morante qui malheureusement pour lui ne bénéficie pas de l'accompagnement professionnel que son talent mérite... ce qui n'est pas très nouveau et explique depuis plusieurs années le positionnement marginal de sa carrière.


André Viard