Mardi 30 septembre
2014

L'Edito

 

LE DRAPEAU BLANC
FLOTTE SUR LA MARMITE

À côté des intrigues du mundillo, le monde des Borgias ressemble à celui des bizounours. La soirée de dimanche fut riche en rebondissements : à peine sa temporada terminée à Séville, Sébastien Castella apprit coup sur coup que son apoderado devenait celui du Juli, et que par conséquent il n'en avait plus.

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Actualité
SÉVILLE : NI LES TOROS, NI LES TOREROS

La Maestranza accueille à peine un tiers de tendido pour cette première de San Miguel . Le Cartel de jeunes promesses est engageant alors que le ciel promet le pire. Les toros de Garcia Jimenez sans caste et sans fond ont gâché les espoirs. Les bichos ont été piqués avec parcimonie parce que faibles et se sont, dans l'ensemble, dégonflés au combat. Les Aficionados présents ont gardé une minute de silence en mémoire de Francisco Rivera Paquirri tué par "Avispado" de Sayalero y Bandres il y a 30 ans à Pozoblanco le 26 septembre 1984.
Pepe Moral, le remplaçant d'Adame, reçoit le premier toro avec aisance à la cape, en insistant à droite par veroniques et chicuelinas, le bicho serrant à gauche. Del Alamo entre en quite par chicuelinas et media. Brindis au public. Les premiers muletazos sont mécaniques à droite, sans inspiration avec un placement marginal. A gauche Pepe Moral se centre un peu plus alors que le bicho va a menos. Dans la deuxième série à gauche il se met au diapason du toro et dessine des naturelles lentes et fêtées. Musique. Puis tout va a menos à toro arrêté. Trois pinchazos et une entière. Palmas et Salut au tiers.
Avec le second Del Alamo est laborieux en véroniques. Galvan dessine un quite par chicuelinas en bougeant, terminé par une larga. Del Alamo centré débute la faena à droite, en deux séries, dans un style épuré. Puis dans la troisième il se centre et lie. Le toro dominé abandonne ensuite en allant vers les planches. Mené au centre pour une série à gauche le toro confirme son abandon, jusque dans les terrains du toril. Pinchazo et entière légèrement en arrière et contraire. Palmas.
Galván acceuille son premier adversaire par véroniques templées auxquelles le toro a du mal à répondre physiquement. Galvan réalise un quite par gaonera, caliserina et revolera. Moral termine le tiers par un quite en véroniques. Brindis au public. Galván attaque la faena avec un positionnement et une attitude fermes, au dessus des qualités du toro. La faiblesse de ce dernier va entraver les velléités notables du jeune torero qui essaye avec détermination sur les deux cornes. Espadazo trasero. Sifflets au toro. Silence.
Pepe Moral est opposé à un beau quatrième exemplaire, corniapretado qui collabore plutôt bien dans les véroniques, surtout à droite. Del Alamo réalise un quite pour la forme. Le début de faena est en dessous des qualités du toro, la muleta est touchée, les derechazos fades. Dès la tentative à gauche le bicho abandonne le combat, il se raja. La suite est une tentative infructueuse d'imposer des muletazos por dentro. Metisaca et entière de coté, profilé contre les planches. Pitos au toro. Silence.
Del Alamo reçoit le quinto par une Larga cambiada à genoux le long des planches suivie de véroniques sur le passage alors que se profilent les premiers signes de faiblesse et de distraction du toro. Quite de Galvan sous les protestations contre le bicho. Brindis au public. Del Alamo travaille son placement et trouve le rythme à droite en deux séries. À gauche l'animal sautille. Retour à droite pour reprendre la main, mais sans émotion, le toro regardant les tendidos à mi passe. Pinchazo et épée défectueuse. Sifflets au toro. Silence.
Galvan clôt la corrida en essayant sans succès de fixer le bicho par véroniques. Le toro appuie vers les planches en poursuivant les banderilleros. Début de faena qui se veut dominateur genou plié. Sans rectifier son positionnement entre les passes, Galván lie les derechazos par le bas, avec dominio. Il poursuit avec la même attitude à gauche. La fin de faena est poussive par faute du toro parado. Galván termine par arrimon. Manoletinas avant pinchazo et entière en arrière. Avis. Sifflets au toro. Palmas et salut au tiers.
Les trois jeunes toreros avaient un rendez-vous avec la postérité, dans une Arène de tout premier plan , et ils sont repartis sans rien rajouter à leur CV.
René-Philippe Arneodau.

SÉVILLE : TROIS GANADERIAS D'ORIGINE DOMECQ POUR RIEN

Trois quarts d'arène se sont réunis pour voir cette deuxième et dernière de San Miguel. Le bétail de trois élevages différents a, comme hier, conditionné pour le pire cette dernière corrida de la temporada Sévillane. De plus la présentation des quatre premiers opposants laissait beaucoup à désirer.
Le premier Jabonero de Daniel Riuz met la téte avec classe dans la cape du Cid tout en ayant du mal à terminer ses charges par manque de force. Il est donc épargné au cheval. El Cid se prend à rêver d'une grande faena dans un quite très suave par véroniques. Castella en profite aussi par Cordobinas données a mas. Le tanteo révèle un torito peu animé et un torero incertain. Le début de faena est un enchainement de séries droitières profitant du voyage sans s'imposer. Lorsque le Cid prend la gauche le toro abandonne et se désintéresse du combat. Entière basse et en avant. Descabello. Silence.
Sebastien Castella affronte en premier lieu le second Daniel Riuz du cartel. Il est anovillado sans trapio, cornes ouvertes et pointes vers l'avant. Le toro vient à contre temps à la cape et ne permet pas à Castella de lier les capotazos. Il ressort toutefois deux véroniques lentes et templées. Le toro n'est pas piqué en deux charges au cheval. Escribano a du mal a donner un quite voulu par chicuelinas. Castella exécute un début de faena tout en douceur. Il cite à droite de loin pour une série en ligne, par le bas qui fait réagir les tendidos. La série suivante à droite est de dominio imposant son rythme et la trajectoire dans le long remate à gauche. Musique. A gauche la faena baisse de ton. Retour à droite pour un final dans les cornes que le public applaudi. Demie épée la pointe ripant sur une banderille. Pinchazo hondo. Descabello. Palmas et salut.
Escribano va a puerta gayola pour recevoir le premier Juan Pedro. Larga cambiada de rodillas suivie de véroniques dont certaines, à droite, sont suspendues et templées. Le bichito terciado pousse sous le fer, puis y retourne de loin sans être sollicité. Le tiers de banderilles à charge du Matador est enlevé et fêté par le public ravi par un quiebro final contre les planches, cité assis sur l'estribo. Brindis aux tendidos. Au centre Escribano donne un double Pendulo au Juan Pedro qui se révèle collaborateur dans les premiers derechazos. Sa faiblesse et son manque de fond se révèlent rapidement dans la tentative à gauche. Les essais subséquents ne font que le confirmer. Entière desprendida et tendida. Palmas et salut.
Le premier Parladé de la course s'assomme et reste au sol dès sa sortie. Il est remplacé par un sobrero de Juan Pedro Domecq qui fait l'avion à droite dans quelques véroniques au ralenti du Cid. Le bicho subit deux picotazos dont il ressort parado. Brindis à El Boni qui se retire aujourd'hui. Le toreo en ligne et sans brusquerie du Cid permet au toro du durer deux séries à droite avant de s'éteindre à gauche. El Cid insiste et termine en réalisant un semblant d'arrimon. Entière en s'engageant. Palmas et salut.
Le quinto est un Jabonero de Juan Pedro que Castella reçoit avec des véroniques à la recherche du rythme du toro qui semble vouloir mettre la tête. Au cheval il pousse mais manque de forces malgré un trapio offensif. Castella lui donne du temps et mesure la distance ce qui permet au Juan Pedro de s'exprimer dans les premiers derechazos avant de rendre les armes rapidement. Deux pinchazos avant 3/4 d'épée trasera à bout de bras. Sifflets au toro. Silence.
Cette triste San Miguel se termine par la lidia d'un Parladé qu'Escribano va recevoir à puerta gayola. Il y aguante une sortie au pas pour donner la larga à genoux. La première pique a lieu dans les terrains de toriles. La seconde est un simulacre. Les charges vives du toro donnent aux banderilles posées par Escribano une émotion appréciée du public, particulièrement dans la dernière paire posée dans las planches par nécessité car le bicho attend. Toro et Torero se retrouvent au sol dans la série d'Estatuarios d'ouverture, le bicho faisant une prise de judo avec ses pattes arrières. Le Parladé dure le temps d'une série à droite puis s'immobilise. Escribano insiste pour s'affirmer. Entière desprendida et fulminante. Palmas y saludo. Sur les tendidos les abonados en veulent à l'Empresa de ne pas choisir un autre ganado que les sempiternels mêmes.
René-Philippe Arneodau.

OPUS 52 : LE MODÈLE SYMBOLIQUE

En inscrivant le 22 juin dernier la grotte Chauvet au Patrimoine de l’Humanité, l’UNESCO vient d’offrir à la culture taurine sa datation définitive. Après avoir mis à jour la genèse du geste taurin et sa dimension religieuse dans l’opus 50, grâce aux oeuvres de Villars, Roc de Sers et Lascaux (entre -22 000 et -17 000 ans), c’est aux origines que Chauvet nous invite à remonter : voici 36 000 ans, un artiste anonyme y inventa le mythe du Minotaure et l’associa à celui de la fertilité.
Mais il y a plus troublant encore : si l’on trace une ligne qui relie ces grottes entre elles et qu’on la prolonge jusqu’à celle de Cosquer, on s’aperçoit qu’elle délimite presque exactement au nord la France taurine actuelle, et dessine les contours de ce Sud profond dont aujourd’hui la voix s’élève pour exiger le respect de sa culture et de ses traditions. L'occasion de raconter, comme jamais auparavant, la genèse de la tauromachie en France.
Dans cet opus également, un voyage dans la "bande gallega" au coeur de l'Extremadure, où l'on trouve quelques unes des arènes lesplus anciennes du pays, une visite dans la ganaderia de Manolo Gonzalez dont l'horizon s'obscurcit, une promenade sur le chemin du Rebollar au travers de trois ganaderias atypiques, et un retour sur le destin de ce "Taxi Driver" moderne qu'est Alberto Lamelas. En kiosques et dans les boîtes aux lettres. Feuilleter.


L'AFICION DES TERROIRS

L'opus 51 de Terres Taurines est en kiosques, avec quelque retard suite à des problèmes de transport.
Des garrigues du Midi aux marais de Provence, des collines de Gascogne aux contreforts pyrénéens, la fête taurine se décline au gré de nos accents. L'UNESCO ne dit pas autre chose quand elle fait du lien qui unit une culture à un terroir la condition sine qua non de sa reconnaissance : sans bassin défini dans l'espace, pas d'inscription possible au patrimoine. Née au temps où le langage en était à ses balbutiements et longtemps avant l’écriture, la tauromachie a évolué en se diversifiant au gré des territoires et des populations à partir d’une origine commune.
Cette diversité explique sa richesse, et les mots «Culture et Passion», écrits dans le titre de Terres Taurines, y sont pour rappeler que l’approfondissement de la première est la condition de l’enrichissement de l’autre. Pour le comprendre, il suffit de partir à la découverte. Au sommaire de cet opus :
- "La dictature de l'animal sensible" une étude indispensable sur la personnification de l'animal et l'amendement Glavany,
- "Gerardo Ortega : Souffre couillon ! un voyage émouvant dans une des ganaderias les plus belles de la sierra de Aracena.
- "Siega Verde, le Concile de pierres", visite au gisement à ciel ouvert sur les terres de Ciudad Rodrigo où est proposée la visite de deux ganaderias aux profils différents : Carreros et Pédres.
Rencontre enfin avec Conrado, le dernier des chasseurs-cueilleurs. Feuilleter.


RASSEMBLEMENT DES AFICIONADOS LE 19 AVRIL À ARLES

À l’appel de toutes les composantes du monde taurin français, les aficionados se sont rassemblés samedi 19 avril sur le grand escalier et le parvis des arènes d’Arles, mais aussi dans les rues adjacentes, tant l'affluence fut nombreuse. Estimée entre 6000 et 7000 personnes, la foule des aficionados a montré sa force, sa dignité et sa détermination à se faire respecter. Voir images.


OPUS 50 DE TERRES TAURINES

Il y a plus de 20.000 ans, dans l’abside secrète de l’imposante cathédrale géologique de Villars, un homme de Cro-Magnon peignit la première tauromachie de la préhistoire. Mille ans plus tard, au Roc de Sers, fut gravée la seconde scène d’un triptyque étonnant, dont, 2.000 ans plus tard, la troisième, qui est la plus connue, fut peinte dans le puits de Lascaux. Réalisées à la charnière du Solutréen et du Magdalénien, ces trois œuvres exceptionnelles témoignent, pendant 3000 ans au moins,de l’existence d’un mythe récurrent qui invite à penser que c’est entre Dordogne et Charente que toutes les tauromachies sont nées. Le reportage qui leur est consacré est appeler à faire date : dans la connaissance que nous avons de la mythologie de la Fiesta, il y aura un avant et un après. Dans cet opus aussi, voyage au campo chez Fernando Palha, Aurelio Hernando, El Parralejo et Juan Pedro Domecq. Feuilletez.


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Depuis quelques mois Terres Taurines est sur twitter dans sa version espagnole. Rejoignez-le pour recevoir, en français, des infos parfois exclusives et impressions à chaud en direct des ruedos et du campo. @Tierras Taurinas.


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TIERRAS TAURINAS


De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.


CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

 






















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