Lundi 22 septembre
2014

L'Edito

 

"THE MAESTROS"

Samedi prochain est organisée à Vistalegre la corrida synthèse de cette curieuse saison : une sorte d'opéra-toreo présenté comme une grande innovation. Le public aficionados madrilène mordra-t-il à l'hameçon ? Tel est l'enjeu de ce projet dont le but avoué est d'ouvrir le toreo sur la société. Mais saura-t-on y respecter le toro ?

Voir édito



   

Actualité
NÎMES : OREILLE POUR JUAN BAUTISTA ET LUQUE

Petit score pour ce mano à mano dont l'aura aurait été totalement différente si Juan Bautista avait connu son rendement habituel aux aciers. Avec moins de malchance à la mort il aurait vraisemblablement coupé deux oreille de plus. Le panaché de ganaderia qui composait le lot a globalement manqué de tonus. Luque hérita du plus propice, le Daniel Ruiz, sorti en second (une oreille) et le pire le Victoriano del Rio dernier, les autres se révélant mal commodes à divers titres, le cinquième (une oreille)faisant exception.
Peu investi au cheval en raison de sa faiblesse le premier, de Daniel Ruiz, resta partagé entre son moral de gagneur et ses carences physiques, qui bridèrent ses projets. Juan Bautista géra le conflit en ne l'obligeant pas par le bas, puis en lui perdant des pas entre les passes. Sans l'ayuda, il offrit un final original à base de « naturelles » enchaînées de l'une et l'autre main. Deux pinchazos le privèrent de trophées. Salut. Le long troisième, de Jandilla, poussa perpendiculairement au peto mais sans zèle. Après l'avoir reçu par farol et véroniques genoux en terre, Juan Bautista multiplia les effets spectaculaires (muletazos à genoux, cambios, circulaires inversées, dosantinas) pour compenser la froideur de son adversaire, sans rien abandonner de sa tauromachie construite et classique. Une nouvelle fois, il fut privé de récompense par deux pinchazos après un essai de recibir et deux descabellos. Salut. Le cinquième, de Victoriano del Rio, mit les reins dans le peto sans coup de tête parasite. Il se montra turbulant dans la passe mais en gardant la tête basse et sur une course généreuse, particulièrement à gauche. Après l'avoir banderillé lui même Juan Bautista veilla à lui garder constamment la muleta sous le mufle. Il assura sa domination en privilégiant la naturelle, puis planta l'ayuda dans le sol pour finir sur une note récréative en passant le drap d'une main à l'autre.Après un pinchazo au volapies, il osa un audacieux recibir, enfin couronné de succès. Une oreille.
Le second, de Daniel Ruiz poussa droit sans puissance. Epargné au cheval, il garda assez de vivacité pour répondre aux cites par des charges longues. Tête basse, il se laissa volontiers déplacer vers l'extérieur. Dominateur dès l'entame, corps totalement relâché, Luque put se laisser porter par ses sentiments lors d'une faena de haut niveau technique et artistique. Il finit sur des luquesinas appréciées et un volapies profond. Une oreille. Sans style au cheval, le quatrième, de Jandilla, se révéla loyal dans les leurres mais s'éteignit vite.Luque livra un prestation classique et adaptée, profitant du meilleur et abrégeant une fois l'adversaire sur le déclin ; Il tua proprement d'une entière et descabello. Silence. Le dernier, de Victoriano del Rio accumula les mauvaises manières pendant la lidia ; il mit les reins avec brutalité et chargea avec le même nerf dans la muleta avant de se dégonfler totalement et de se défendre quasi sur place. Luque fut rapidement contraint de ne composer que des demi-passes arrachées une à une. 1/3 de lame suffisante. Silence. Luque autorisa un quite au sobressaliente Jérémi Banti. Demi arène. Public déçu..
Frédéric Pascal. Voir reportage Roland Costedoat.

NÎMES : MANZANARES A HOMBROS

Avec deux toros justes de force, un manso et aucun, mis à part le troisième, sans vrai générosité à pied, la corrida de Zalduendo n'a pas donné tout le bon qui en était attendu. Elle a été sauvée par un extraordinaire exemplaire sorti en troisième position. Brave avec classe au cheval, ce dernier aurait dû refuser le combat après s'être blessé en début de faena, mais son courage l'emporta sur le handicap. Après trois foulées sans pouvoir appuyer l'antérieur gauche, il repartit à l'assaut du leurre et répéta les charges comme si de rien n'était. Le spectacle de tant de vaillance, de « bravitude », pour reprendre un néologisme qui fit scandale, émut tout un peuple, qui glorifia en lui une valeur universellement partagée. C'est par ce qu'elle procure des émotions de ce genre, qui compensent d'un quotidien trop terne que certains aiment la corrida.
La classe des maestros compensa les carences du bétail pour offrit une matinée de qualité. Finito : salut et oreille protestée. Morante, volontaire mais sans option : silence et salut. Manzanares : deux oreilles et silence.
Juste de force, le premier prit la pique sans coup de tête parasite et dans une belle attitude. A pied il se déplaça aux allures d'un suave galop. Il confirma ses qualités morales mais sa débilité physique enleva toute émotion à son combat. Cette émotion ne naquit que par fulgurances de la virtuosité et de l'élégance de Finito ; on pardonnera à la partie du public qui n'y fut pas sensible. Grand volapies. Salut. Le quatrième s'avéra être un manso. Après avoir refusé le châtiment, il attaqua la muleta tête basse mais sortit des suertes protestant par le haut. Finito tempéra les coups de haches par doblones donnés très bas, puis, il sut allonger la charge lors de derechazos et enfin toréer des deux mains avec élégance. Pour s'assurer des faveurs du conclave, il sacrifia brièvement à la mode des enchaînements sur place. Entière très longue à faire effet, ce qui lui valut trois avis, le toro tombant quand sonna le dernier, et la protestation de son trophée. Une oreille.
Juste de force et compliqué au capote, le second donna un premier signe positif en s'améliorant sous la seconde pique. Puis il finit par se laisser convaincre de jouer le jeu du fait du traitement administré par son matador. Morante, qui n'a plus à convaincre de ses qualités artistiques apporta une nouvelle preuve de son courage en acceptant de se le faire passe très près,sans lui céder un pouce de terrain. Il créa ex-nihilo une faena posée toute de mesure et de bon goût. Entière au second voyage. Silence. Le cinquième prit la pique reins mis. A pied, il chargea tête basse mais ne se livra pas et protesta par le haut en fin de passe. Après un accueil original, au capote, par largas d'une main, compas ouvert et genou plié, Morante réitéra, muleta en main, sa précédente performance. Traçant des trajectoires arrondies au plus près de ses fémorales, il fit l'effort d'offrir à son adversaire toutes les chances de s'amender, sans obtenir la moindre collaboration de sa part. Entière. Descabello. Salut.
Le troisième poussa spectaculairement perpendiculairement au peto en appui sur les quatre sabots.La perpendicularité étant gage de charges claires et l'alignement des sabots de profondeur. Malheureusement il se claqua l'antérieur gauche en début de faena. Il claudiqua sur trois membres et le public demanda qu'on abrège ses souffrances, mais sa bravoure le poussa à se surpasser. Il se reprit et, faisant fi de la douleur repartit de l'avant et offrit à Manzanares une faena terrassante d'émotion. Menée sur un train de sénateur avec les qualités de plastique et de lié qui sont la signature du maestro elle fit l'unanimité et quand le toro tomba après un volapies d'école le Président sortit les deux mouchoirs. Pour faire bonne mesure il récompensa aussi la dépouille d'un tour de piste. Le classieux sixième titulaire fut abusivement remplacé par un de ses frères moins bien éduqué qui se défendit sous le fer. Cette propension se retrouva dans sa charge mais Manzanares sut la corriger en l’empêchant d'accrocher le leurre. Puis il put conduire son adversaire avec autorité et pertinence au long d'une faena adaptée. ¾ de lame tombée déçurent. Silence.
Moins bonne entrée que la veille avec Mendoza et Juli. Public majoritairement cultivé, taurinement parlant. Le spectacle du jour aura contribué à l'édification des autres.
Frédéric Pascal. Voir reportage Roland Costedoat.

MADRID : PARTIDO DE RESINA, UN ESPOIR ?

En prélude à la prochaine Feria d’Automne et dans la cadre des corridas et novilladas des « encastes minoritaires » le cartel avait un accent romantique par la présence à  Las Ventas des toros de Partido de Resina après plus de trois saisons de purgatoire. Trois toreros Pérez Mota et Rubén Pinar étaient les préposés à affronter ces toros de légende ainsi que José María Lázaro sans contrats l’an passé et dont c’était, sauf erreur, sa première et dernière ? course de la saison !
Les toros de Partido de Resina ont tenu le coup, variés dans leur comportement, tous de belle prestance et belles armures, se sont déplacés selon divers degrés de mansedumbre les 3ème, 4ème et 6ème ce qui rendit laborieux les tercios de piques, de banderilles et la brega. En général le tercio de piques était mal conduit abusant de la carioca, les piqueros s’acharnant à piquer dans l’échine.  Le 1er fut un bon toro qui, malgré un châtiment sévère – il provoquait une chute après qu’il se fut débarrassé de la pique en secouant le cheval – piqué en arrière, permettait à José María Lázaro de s’étirer dans des passes, muleta baissée, que le toro prenait avec qualité principalement à droite, l’opération se compliquant sur la main gauche. Il fallait bien présenter le leurre sinon le toro avait tendance à donner de la tête.  Le 2ème se révélait, violent bronco, sortait de la muleta par des hachazos terribles et se retournait dangereusement la corne en l’air. Le 5ème, un joli pablo-romero digne des plus belles estampes de ces toros de légende, léger mais de beau trapío, coureur mais finalement fixé à distance, fut le seul auquel fut administré deux piques par Francisco Vallejo, héritier du « Pimpi », en leur place, courtes donc dosées et justement fêtées par le public connaisseur.
José María Lázaro, donc, dessinait à son premier une faena que l’on aurait souhaitée mieux gérée avec plus d’assurance et de métier, car le toro avait un bon tranco et la bravoure idoines pour l’accomplissement de passes templées et surtout enchaînées. Il tuait d’une bonne estocade un peu horizontale. On ne aura jamais ce que valait le toro sorti 4ème, il fut tout simplement achevé par deux piques assassines près des chiqueros - le sang couvrait les deux flancs de l’animal - donc par le même picador qui avait perpétré les mêmes méfaits au premier ! Il n’y eut pas de faena, le toro s’étant vidé et totalement figé.
Manuel Jesús Pérez Mota, ne put rien faire sinon se protéger et éviter les assauts de son premier et au joli 5ème , qu’il dédiait au public, il réalisait une faena qui manquait de continuité devant un toro qui tantôt mettait bien la tête dans la muleta, tantôt sortait la tête en l’air et toujours levantado retardait jusqu’au dernier instant sa charge. Toutefois la faena se terminait près des planches par une série de bonnes naturelles à mi-hauteur, plus liées et bien rematadas. Il concluait cette faena en demie teinte par une estocade entière un peu tombée avec hémorragie.
Rubén Pinar eut à batailler avec son premier, fuyard qui cherchait les planches, pour trouver enfin un terrain où il put enchaîner des passes sans que celles-ci puissent révéler les qualités d’une charge que montrent parfois les « bons » mansos.  Le dernier, mansote, tardo, se laissait toréer sans se livrer – il gardait la bouche fermée jusqu’à la mort malgré contacts au cheval - pour finir sans accepter une seule passe. Deux pinchazos et un ¾ d’épée.
Les cuadrillas en perdition sauf Raúl Ruiz – habituellement de la cuadrilla d’Alberto Aguilar – dans la brega et une bonne paire de banderilles et Francisco Vallejo, déjà nommé, à la pique.
José María Lázaro : un avis et applaudissements. Pérez Mota : silence et division d’opinions. Rubén Pinar : silence aux deux.
Georges Marcillac.

VIC : DISCRET RETOUR DES BARCIAL

Bien présentés, quoique de types divers, les novillos de Barcial n'ont pas fait honneur à leur réputation aux piques et n'ont guère offert d'options aux toreros par la suite. Le tercio de piques du cinquième à charge de Tito Sandoval fut le meilleur moment de la tarde, avec une troisième rencontre citée d'un bout à l'autre de la piste. Malheureusment le novillo s'éteignit ensuite. Le dernier, très compliqué, n'a rien permis. Tomás Angulo silence après avis et ovation, César Valencia vuelta et ovation, Vicente Soler silence et sifflet.
Patrick Paul. Voir reportage.

FIESTA CAMPERA À TYROSSE

Le Club Taurin Tyrossais avait été obligé de reporter sa NSP le Dimanche 20 juillet 2014 à cause d' une météo exécrable. Après de multiples recherches de dates dans un calendrier estival très chargé, c' est finalement le samedi 27 septembre 2014 à 17h00 que se déroulera la novilada transformée en " Fiesta Campera ". L' Entrée sera Gratuite.

OPUS 52 : LE MODÈLE SYMBOLIQUE

En inscrivant le 22 juin dernier la grotte Chauvet au Patrimoine de l’Humanité, l’UNESCO vient d’offrir à la culture taurine sa datation définitive. Après avoir mis à jour la genèse du geste taurin et sa dimension religieuse dans l’opus 50, grâce aux oeuvres de Villars, Roc de Sers et Lascaux (entre -22 000 et -17 000 ans), c’est aux origines que Chauvet nous invite à remonter : voici 36 000 ans, un artiste anonyme y inventa le mythe du Minotaure et l’associa à celui de la fertilité.
Mais il y a plus troublant encore : si l’on trace une ligne qui relie ces grottes entre elles et qu’on la prolonge jusqu’à celle de Cosquer, on s’aperçoit qu’elle délimite presque exactement au nord la France taurine actuelle, et dessine les contours de ce Sud profond dont aujourd’hui la voix s’élève pour exiger le respect de sa culture et de ses traditions. L'occasion de raconter, comme jamais auparavant, la genèse de la tauromachie en France.
Dans cet opus également, un voyage dans la "bande gallega" au coeur de l'Extremadure, où l'on trouve quelques unes des arènes lesplus anciennes du pays, une visite dans la ganaderia de Manolo Gonzalez dont l'horizon s'obscurcit, une promenade sur le chemin du Rebollar au travers de trois ganaderias atypiques, et un retour sur le destin de ce "Taxi Driver" moderne qu'est Alberto Lamelas. En kiosques et dans les boîtes aux lettres. Feuilleter.


L'AFICION DES TERROIRS

L'opus 51 de Terres Taurines est en kiosques, avec quelque retard suite à des problèmes de transport.
Des garrigues du Midi aux marais de Provence, des collines de Gascogne aux contreforts pyrénéens, la fête taurine se décline au gré de nos accents. L'UNESCO ne dit pas autre chose quand elle fait du lien qui unit une culture à un terroir la condition sine qua non de sa reconnaissance : sans bassin défini dans l'espace, pas d'inscription possible au patrimoine. Née au temps où le langage en était à ses balbutiements et longtemps avant l’écriture, la tauromachie a évolué en se diversifiant au gré des territoires et des populations à partir d’une origine commune.
Cette diversité explique sa richesse, et les mots «Culture et Passion», écrits dans le titre de Terres Taurines, y sont pour rappeler que l’approfondissement de la première est la condition de l’enrichissement de l’autre. Pour le comprendre, il suffit de partir à la découverte. Au sommaire de cet opus :
- "La dictature de l'animal sensible" une étude indispensable sur la personnification de l'animal et l'amendement Glavany,
- "Gerardo Ortega : Souffre couillon ! un voyage émouvant dans une des ganaderias les plus belles de la sierra de Aracena.
- "Siega Verde, le Concile de pierres", visite au gisement à ciel ouvert sur les terres de Ciudad Rodrigo où est proposée la visite de deux ganaderias aux profils différents : Carreros et Pédres.
Rencontre enfin avec Conrado, le dernier des chasseurs-cueilleurs. Feuilleter.


RASSEMBLEMENT DES AFICIONADOS LE 19 AVRIL À ARLES

À l’appel de toutes les composantes du monde taurin français, les aficionados se sont rassemblés samedi 19 avril sur le grand escalier et le parvis des arènes d’Arles, mais aussi dans les rues adjacentes, tant l'affluence fut nombreuse. Estimée entre 6000 et 7000 personnes, la foule des aficionados a montré sa force, sa dignité et sa détermination à se faire respecter. Voir images.


OPUS 50 DE TERRES TAURINES

Il y a plus de 20.000 ans, dans l’abside secrète de l’imposante cathédrale géologique de Villars, un homme de Cro-Magnon peignit la première tauromachie de la préhistoire. Mille ans plus tard, au Roc de Sers, fut gravée la seconde scène d’un triptyque étonnant, dont, 2.000 ans plus tard, la troisième, qui est la plus connue, fut peinte dans le puits de Lascaux. Réalisées à la charnière du Solutréen et du Magdalénien, ces trois œuvres exceptionnelles témoignent, pendant 3000 ans au moins,de l’existence d’un mythe récurrent qui invite à penser que c’est entre Dordogne et Charente que toutes les tauromachies sont nées. Le reportage qui leur est consacré est appeler à faire date : dans la connaissance que nous avons de la mythologie de la Fiesta, il y aura un avant et un après. Dans cet opus aussi, voyage au campo chez Fernando Palha, Aurelio Hernando, El Parralejo et Juan Pedro Domecq. Feuilletez.


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CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

 






















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