Dimanche 21 septembre
2014

L'Edito

 

LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU

En programmant les novillos de Barcial aujourd'hui, Vic cultive la nostalgie d'une époque passée, sinon révolue, en conservant l'espoir de la voir revivre. Un espoir partagé par tous les nostalgiques de la tauromachie d'avant la crise.

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Actualité
NÎMES : CINQ OREILLES POUR PERERA

Corrida de Jandilla/Vega Hermosa, sérieuse, jamais mièvre, qui a chèrement vendu ses oreilles. Ils ont tous baissé la tête en attaquant la muleta et, sauf le dernier, ont fini par tomber du bon coté de la force (romper para bueno), permettant à Perera de gagner son pari. Il a realisé six faena de haute technicité, ce qui est sa marque, en faisant l'effort d'apporter à chacune une pointe de créativité.
Le premier mit les reins par vagues nerveuses, tête mi haute. Il chargea, pareillement sur les nerfs, sans progressivité et il lui en coûta de baisser la tête. L'allonge et le formidable pouvoir par le bas de Perera vinrent à bout de ses réticences. A mi faena il demanda l'armistice et passa à la collaboration, mais en réduisant ses courses. Perera réduisit les distances et lui imposa les séries de surplace qui sont sa signature. Salut après une quasi entière.
Le second sortit freins serrés. Il ne se livra pas au cheval mais compensa ces points négatifs en portant la tête humblement basse à la demande. Perera joua de cet avantage pour calibrer la charge. Ce résultat obtenu, il en usa avec la maîtrise et l’élégance qu'on lui connaît, puis chauffa le public et mystifia son adversaire dans les cites rapprochés. 3/4 efficace. Une oreille.
Le troisième baissa la tête plus d'un mètre avant d'arriver dans le caparaçon, où il poussa avec brutalité. Très généreux, il mit les reins dans les leurres mais avec une pointe de violence qui le rendit limite incommode. A nouveau, l'aguante, le synchronisme et l'allonge de Perera façonnèrent la charge. A toro dominé, il gratifia le public de ces séquences de sur place consubstantiels aux faenas primées. Entière tombée d'effet immédiat. Une oreille.
Le suave quatrième poussa modérément, en appui carré sur les quatre sabots, dans une belle attitude. Le toro étant un être invariant, il conserva ces caractéristiques pour attaquer la muleta, avec pour résultat de longues charges claires en début de faena. Il baissa de ton par la suite. A cet exemplaire, Perera sortit le grand jeu, montrant l'étendue pléthorique de son répertoire. Il débuta par une série de veroniques à genoux parachevées de deux faroles dans la même position, donnés au ralenti, puis il banderilla lui même avec sobriété et précision. Il fit frémir le public par cambios millimétrés et muletazos liés au centre du ruedo. Il séduisit par le classicisme abouti du coeur de sa faena, mais, du fait de la baisse de régime de son opposant, ne parvint pas emballer le public pour une grosse pétition lors du final encimiste. Entière au second voyage. Une oreille.
Epargné au cheval, le cinquième conserva un beau galop pour le troisième tiers, où il donna des charges exploitables mais de longueur et qualité inégales. Perera jeta l'ayuda à terre et l'entreprit par naturelles de la droite. Muleta toujours présentée morte devant le muffle entre les suertes, il recomposa la charge. Il l'améliora des deux cotés, puis ancra ses deux pieds dans le sol pour une séries improbablement longue de luquessinas, la muleta passant de main en main devant un toro et un public médusés. Deux oreilles après une entière qui nécessita le recours au descabello.
Sans classe au cheval, le dernier se confirma incommode, cogneur en fin de suerte, se retournant comme un félin à droite et en appui défensif à gauche. Toute la science de Perera fut inopérante pour le mettre à sa main. Le Jandilla ne lui fut aucunement reconnaissant d'un trasteo volontaire et exposé. Silence après une mise à mort propre par entière et descabello.
Perera autorisa un quite à chaque sobresaliente, Morenito de Nîmes et Jérémy Banty. Public dissipé à partir du cinquième. Cuvette bien garnie, amphis clairsemés.
Frédéric Pascal. Voir reportage Roland Costedoat.

NÎMES : MENDOZA ET JULI PAR LA PORTE DES CONSULS

Magistrale démonstration des deux maestros qui, sauf pour la mort des deux premiers animaux, ont été au sommet de bout en bout.
Face à trois Sanchez y Sanchez, Hermoso de Mendoza a ravi son public lors de trois faenas enjouées et spectaculaires. Il culmina sur Chenel, toujours aussi courageux et sûr de ses appuis, le joueur Disparate et l'inépuisable Pirata. Il coupa quatre oreille qui auraient pu être six sans la malchance à la mort du premier.
La générosité des Victorianos del Rio permit au Juli de triompher en grand, coupant quatre oreilles et une queue mais perdant tous les trophées en descabellant le premier. Celui ci poussa dans le désordre, ce qui ne l'empêcha pas de se centrer dans la muleta, où il donna, nuque découverte, des charges profondes et vibrantes. De part sa bravoure authentique, il supporta sans faiblir l'écrasante autorité du Juli tout le temps d'une longue faena éprouvante pour lui. Juli fit une irréfutable démonstration de son pouvoir en toréant classiquement des deux mains, puis donna libre cours à sa créativité lors d'un prodigieux épisode d'enchaînement sur des distances écourtées. Si le toro était tombé après l'entière réussie au second voyage, il aurait coupé deux oreille, mais les descabellos infructueux vinrent ternir le succès. Vuelta. Tête sous le peto, le quatrième engagea les reins avec classe. A la muleta, il manifesta une légère propension à dodeliner de la tête qui compliqua sa maîtrise. Juli se nourrit de la difficulté pour asseoir sa suprématie. Il se grandit lors d'une faena qui culmina au moment de la dernière série de derechazos. Deux oreilles après une lame entière. Epargné au cheval, le suave dernier s'y livra dans une belle attitude. Ayant deviné un partenaire de choix, Juli le gratifia d'un quite par Zapopinas et le banderilla lui-même. Il débuta la faena par d'amples derechazos liés, puis égraina les naturelles une à une. De retour à droite le lié avait disparu et la charge faiblissant, Juli opta pour les distance courtes ; mais même dans ces conditions favorables pour lui, l'animal s'éteignit. Il prit tout de même une émouvante série de luquesina liées sur place. Entière d'effet immédiat. Deux oreilles et la queue. Beau temps revenu. Arènes pleines.
Frédéric Pascal. Voir reportage Roland Costedoat.

NÎMES : OREILLE POUR ESCRIBANO ET LEAL

Le Corrida de El Torero, en deux partie, les trois premier insipides et les trois derniers avec plus de vibration, le second d'Escribano finissant supérieur. Tous ont été maniables et ont porté humblement la tête en bas des leurres. Manuel Escribano : salut et oreille. Saul Jimenez Fortes : ovation et silence. Juan Leal : silence et oreille.
Bien que discret au cheval, où il poussa maladroitement de biais, le premier montra de bonnes dispositions en découvrant la nuque pour charger droit et long dans les capes. Il ne changea rien dans la muleta en donnant, au petit galop, des courses douces et prévisibles. Trop sans doute car la faena d'Escribano , techniquement aboutie, manqua d'émotion. Celle ci ne pointa que lors de deux accrochages dont un qui laissa le maestro blessé au jumeau, ce qui l'obligea à se retirer à l'infirmerie dont il ne sortit que pour tuer son second en sixième position. Ce dernier sauva la corrida de l'ennui. Il fut le seul à faire un vrai combat de toro bravo, donnant de la vibration à ses charges. Il poussa droit avec conviction puis confirma à pied en répétant inlassablement les charges profondes. Mains basses et en avant, Escribano ne laissa pas échapper l'opportunité de triomphe qui lui était offerte. Dans le bon tempo, laissant le leurre mort sous le mufle, il lia les passes avec bonheur. Une mise à mort sans brio par deux voyages et autant de descabellos lui coûta la seconde oreille. Une oreille. Il fit l'effort d'accueillir ses deux adversaires à puerta gayola et banderilla le premier.
Le faible second se laissa piquer sans engager les postérieurs. Ce manque de force de propulsion rendit sa charge, au demeurant douce et claire, totalement insipide. Un temps, le temple et l'empaque naturel de Jimenez Fortes masquèrent ce défaut, mais son final, au plus près des cornes, eut du mal à passer la rampe. Entière. Ovation. Une fois ses appuis assurés, son second poussa droit dans un bon style. En dépit de ses forces mesurées il répéta les charges sur un bon rythme, dès lors qu'il n'était pas trop soumis par le bas. En le sollicitant à mi-hauteur, Jimenez Fortes réussit une faena classique et plaisante bien que son rythme ait été répétitivement cassé par les pertes d'équilibre de l'animal et quelques accrochages de muleta. Silence après un entière tombée et en arrière et descabello. Silence.
Le troisième mit les reins, tête basse dans le peto. Il arriva à la muleta crocheteur en fin de passe et fade, comme ses deux premiers frères. A base de courage et de savoir faire Juan Leal imposa sa loi. Il essaya tout mais même son ojedisme ne parvint pas à chauffer le public. Il tua au troisième voyage. Silence. Son second poussa avec classe, tête basse. Il confirma en s'améliorant lors du deuxième assaut, puis, partiellement, dans les leurres en entrant bien dans la passe mais en sortant en dodelinant de la tête. La longue faena de Leal fut de qualité inégale, avec plus de hauts que de bas et culmina lors de deux séries de derechazos très étirés vers l'arrière. Cette fois les enchaînements sur place trouvèrent écho dans les gradins. Il se jeta sur la corne et fut repris en l'air tout en enfonçant une entière qui nécessita le recours à deux descabellos. Une oreille. Demi arène. Public attentif et globalement compétent.
Frédéric Pascal. Voir reportage Roland Costedoat.

FIESTA CAMPERA À TYROSSE

Le Club Taurin Tyrossais avait été obligé de reporter sa NSP le Dimanche 20 juillet 2014 à cause d' une météo exécrable. Après de multiples recherches de dates dans un calendrier estival très chargé, c' est finalement le samedi 27 septembre 2014 à 17h00 que se déroulera la novilada transformée en " Fiesta Campera ". L' Entrée sera Gratuite.

VIC : BARCIAL, POT AU FEU, DAUBE, CÔTES GRILLÉES, COJONES...

À Vic le 21 septembre, retour des Barcial pour Tomas Angulo, César Valencia et Vicente Soler. Toute la journée animations variées : encierro des pitchouns, initiation à la tauromachie, tienta... et trois grands chefs étoilés Gersois pour un défi assez original. André DAGUIN, Bernard RAMOUNEDA, Jean-Luc ARNAUD cuisineront quatre plats gastronomiques différents à base de « Toro » : Pot au feu, Daube, Côtes grillées, « Cojones ». Ils seront aidés pour cela, de l’école hôtelière « Filaire cuisine et service » du lycée Pardailhan d’Auch, sous le regard bien veillant de Monsieur Daguin. Un jury sera là : « VOUS » et quelques personnalités, pour déterminer le meilleur vin qui l’accompagnera. Un espace restauration, et marché où chacun pourra déguster et faire ses achats chez les producteurs locaux : Vins, Foie Gras, Porc noir, Fromage, desserts Gascons. Vous pouvez composer votre repas et profiter de la structure restauration mise à votre disposition autour des arènes. Une journée sous le signe du Toro ! Convivialité et découverte culinaire !!! Club Taurin Vicois Allées Gabarrot BP10 32190 Vic-Fezensac - RCS 332539121. Tél: 05 62 06 56 55 - ctv@clubtaurinvicois.com .

OPUS 52 : LE MODÈLE SYMBOLIQUE

En inscrivant le 22 juin dernier la grotte Chauvet au Patrimoine de l’Humanité, l’UNESCO vient d’offrir à la culture taurine sa datation définitive. Après avoir mis à jour la genèse du geste taurin et sa dimension religieuse dans l’opus 50, grâce aux oeuvres de Villars, Roc de Sers et Lascaux (entre -22 000 et -17 000 ans), c’est aux origines que Chauvet nous invite à remonter : voici 36 000 ans, un artiste anonyme y inventa le mythe du Minotaure et l’associa à celui de la fertilité.
Mais il y a plus troublant encore : si l’on trace une ligne qui relie ces grottes entre elles et qu’on la prolonge jusqu’à celle de Cosquer, on s’aperçoit qu’elle délimite presque exactement au nord la France taurine actuelle, et dessine les contours de ce Sud profond dont aujourd’hui la voix s’élève pour exiger le respect de sa culture et de ses traditions. L'occasion de raconter, comme jamais auparavant, la genèse de la tauromachie en France.
Dans cet opus également, un voyage dans la "bande gallega" au coeur de l'Extremadure, où l'on trouve quelques unes des arènes lesplus anciennes du pays, une visite dans la ganaderia de Manolo Gonzalez dont l'horizon s'obscurcit, une promenade sur le chemin du Rebollar au travers de trois ganaderias atypiques, et un retour sur le destin de ce "Taxi Driver" moderne qu'est Alberto Lamelas. En kiosques et dans les boîtes aux lettres. Feuilleter.


L'AFICION DES TERROIRS

L'opus 51 de Terres Taurines est en kiosques, avec quelque retard suite à des problèmes de transport.
Des garrigues du Midi aux marais de Provence, des collines de Gascogne aux contreforts pyrénéens, la fête taurine se décline au gré de nos accents. L'UNESCO ne dit pas autre chose quand elle fait du lien qui unit une culture à un terroir la condition sine qua non de sa reconnaissance : sans bassin défini dans l'espace, pas d'inscription possible au patrimoine. Née au temps où le langage en était à ses balbutiements et longtemps avant l’écriture, la tauromachie a évolué en se diversifiant au gré des territoires et des populations à partir d’une origine commune.
Cette diversité explique sa richesse, et les mots «Culture et Passion», écrits dans le titre de Terres Taurines, y sont pour rappeler que l’approfondissement de la première est la condition de l’enrichissement de l’autre. Pour le comprendre, il suffit de partir à la découverte. Au sommaire de cet opus :
- "La dictature de l'animal sensible" une étude indispensable sur la personnification de l'animal et l'amendement Glavany,
- "Gerardo Ortega : Souffre couillon ! un voyage émouvant dans une des ganaderias les plus belles de la sierra de Aracena.
- "Siega Verde, le Concile de pierres", visite au gisement à ciel ouvert sur les terres de Ciudad Rodrigo où est proposée la visite de deux ganaderias aux profils différents : Carreros et Pédres.
Rencontre enfin avec Conrado, le dernier des chasseurs-cueilleurs. Feuilleter.


RASSEMBLEMENT DES AFICIONADOS LE 19 AVRIL À ARLES

À l’appel de toutes les composantes du monde taurin français, les aficionados se sont rassemblés samedi 19 avril sur le grand escalier et le parvis des arènes d’Arles, mais aussi dans les rues adjacentes, tant l'affluence fut nombreuse. Estimée entre 6000 et 7000 personnes, la foule des aficionados a montré sa force, sa dignité et sa détermination à se faire respecter. Voir images.


OPUS 50 DE TERRES TAURINES

Il y a plus de 20.000 ans, dans l’abside secrète de l’imposante cathédrale géologique de Villars, un homme de Cro-Magnon peignit la première tauromachie de la préhistoire. Mille ans plus tard, au Roc de Sers, fut gravée la seconde scène d’un triptyque étonnant, dont, 2.000 ans plus tard, la troisième, qui est la plus connue, fut peinte dans le puits de Lascaux. Réalisées à la charnière du Solutréen et du Magdalénien, ces trois œuvres exceptionnelles témoignent, pendant 3000 ans au moins,de l’existence d’un mythe récurrent qui invite à penser que c’est entre Dordogne et Charente que toutes les tauromachies sont nées. Le reportage qui leur est consacré est appeler à faire date : dans la connaissance que nous avons de la mythologie de la Fiesta, il y aura un avant et un après. Dans cet opus aussi, voyage au campo chez Fernando Palha, Aurelio Hernando, El Parralejo et Juan Pedro Domecq. Feuilletez.


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Depuis quelques mois Terres Taurines est sur twitter dans sa version espagnole. Rejoignez-le pour recevoir, en français, des infos parfois exclusives et impressions à chaud en direct des ruedos et du campo. @Tierras Taurinas.


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TIERRAS TAURINAS


De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.


CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

 






















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