Dimanche 15 septembre 2013

L'Edito

 

LIGNE ROUGE
ET COULÉE VERTE

En excluant de sa majorité municipale les trois élus écologistes qui s'étaient joints à la manif anti taurine et avaient critiqué durement la tradition taurine dacquoise, Gaby Bellocq mérite sans aucune doute le prix au meilleur geste taurin de l'année, mais aussi une ovation pour son rappel aux valeurs démocratiques.


Voir édito






   
Clemente à Dax

Actualité

NÎMES MANO A MANO : MANZANARES PAR LA PORTE DES CONSULS

Grand succès artistique du quatrième mano a mano de Juli et Manzanares cette temporada. Sans la malchance de son puntillero Juli aurait pu lui aussi couper une queue au cinquième ; par sa faena au dernier Manzanares s'est définitivement installé dans le panthéon taurin local. Le bétail de Domingo Hernandez/Garcigrande a contribué à la réussite de l'après midi, avec cinq exemplaires qui ont tous eu pour vertu d'accepter de baisser la tête sans protester ni se figer au sol et qui se sont montrés vibrants à divers degrés. Le plus complet fut le dernier, justement primé d'une vuelta posthume, suivi de près par le cinquième, l'agressivité du second et surtout du quatrième compliqua leur lidia, seul le premier manqua de brio tout en étant maniable. En troisième est sorti un Daniel Ruiz mobile et tricoteur de la corne. El Juli : oreille, salut et oreille. Manzanares : deux oreilles, salut et deux oreilles et la queue.
Sans style au cheval, le premier baissa humblement la tête dans les leurres qu'il suivit sans brio ni mauvaises intentions. Usant de sa mobilité, El Juli servit sa prestation de luxe, c'est à dire une faena de facture classique, ultra dominatrice, agrémentée de virtuosités, comme des tours complets ou des reprises de suerte au raz des cornes, faisant liaison entre les séries. Il tua efficacement d'une entière. Une oreille. Le troisième, de Daniel Ruiz, mit les reins par vagues en donnant de la corne dans le peto. A pied, il joua aussi de la corne en fin de passe, tout en se montrant mobile et vibrant, prompt à s'élancer de loin. Juli exploita cette dernière caractéristique par de spectaculaires cites lointains, puis s'appliqua à donner des sorties très appuyées vers le bas pour réduire le jeu de tête. Réalisant ainsi une faena de guerrier que le public ne valorisa qu'à moitié. Salut après ¾ de lame. Après avoir spectaculairement déséquilibré le groupe équestre le cinquième poussa par vagues. Tête basse il chargea avec agressivité, demandant à être maîtrisé sur toute la longueur de sa trajectoire. Juli assura sa domination par de profondes naturelles liées. Une fois le toro soumis, il se laissa aller à sa créativité, tantôt cassant la taille pour prolonger son emprise sur l'animal, tantôt corps droit et relâché, enchaînant les passes du mépris ou les tours complets liés sur place. Un pinchazo précéda une entière. Les deux oreilles étaient assurées mais le puntillero releva le toro par deux fois ce qui rafraîchit l'ambiance. Une oreille.
Le second vint de loin sur le cheval où il poussa sans coup de tête parasite, corne basse. Facile à fixer sur l'extérieur de la trajectoire, il manqua de spontanéité et de continuité dans ses attaques. Manzanares dût forcer sa technique pour le faire répéter et enrouler les derechazos. Chose faite, il signa un grand recibir, qui lui valut deux oreilles. Classieux au cheval, le quatrième n'en fut pas moins le monton noir du lot. A droite il se plia par le milieu de sa colonne vertébrale pour se retourner avec l'agilité d'un félin. A gauche il fut très exigeant, mais, à condition de ne pas faire de faute, donna des charges exploitables. Manzanares fit face avec brio. Il assura sa domination par la main gauche puis revint à droite pour défier les retours meurtriers de son adversaire. Après un maladroit mete y saca dans le flan, il tua d'une demie. Salut. Accueilli par trois faroles au fil des planches, le dernier poussa tête basse, mais il ne donna sa pleine mesure qu'au troisième tiers. Avec abnégation, il répéta inlassablement et sans brusquerie les charges profondes et vibrantes. Ce trésor ne fut pas mis entre de mauvaises mains. A la fois onctueux et dominateur, main de fer dans un gant de velours, Manzanares s'est définitivement installé dans l'imaginaire collectif des nîmois. Inspiré et majestueux, il a donné une tournure impériale à la faena. Celle ci s'est déroulée complètement hors du temps, la plastique parfaite du geste figeant l’événement telle la statue défiant l'éternité. Jamais comme aujourd'hui Manzanares n'a autant fait penser à une statue antique. Jusqu'à être l'égal d'un monument doué de vie. Un colosse de pierre qui a donné dans le panthéon de l'éphémère. La réussite du recibir final est venu à point nommé pour assurer un nécessaire retour à la réalité. Pétitions de gala. Deux oreilles et la queue. Vuelta posthume au toro. Vuelta interminable avant la sortie par la porte des Consuls. Quasi plein. Tous emportant du Manzanares dans la tête.
Frédéric Pascal. Voir galerie Roland Costedoat.

MATINALE DE REJONES : VENTURA A HOMBROS

La nimoise Lea Vicens a pris l'alternative face à une corrida de Bohorquez juste de force et de fond. Elle a coupé l'oreille de son second adversaire et fait la vuelta au premier. Le parrain Paco Ojeda a coupé l'oreille du second et fut applaudi aprés la mort du quatrième. Diego Ventura a triomphé, coupant la queue du troisième et une oreille au dernier. Frédéric Pascal. Voir Galerie Roland Costedoat.

NÎMES VENDREDI : OREILLE POUR JULI, JIMENEZ FORTES ET LEAL

Pas de grand succès pour cette corrida de six contre six par faute du bétail incapable de se hisser à la hauteur de l’événement. A part le Daniel Ruiz aucun toro n'a rompu vers l'avant et seul le mansote Jandilla offrit ses oreillles. Juli, oreille. Manzanares, ovation. Perera, vuelta. Talavante, silence. Fortes, oreille. Leal, oreille.
Bien que poussant avec classe le premier, de Daniel Ruiz donna beaucoup de la corne dans le caparaçon. Cette propension disparut dans les leurres où, tête basse, il rompit vers l'avant et répéta les charges suaves et appliquées. Totalement soumis dès la première série il supporta avec vaillance la lourde domination du Juli. Muleta très basse et en avant, ce dernier ne lui laissa aucun échappatoire. Le spectacle fut à l'image de la tauromachie actuelle où des techniques sophistiquées permettent aux piétons de prendre un tel ascendant sur les toros que leur dangerosité se trouve niée. Dès lors les maestros n'ont d'autre issue que de recourir aux exercices de virtuosité pour créer de l'émotion. D'où la béance qui s’aggrave entre le grand public qui plébiscite le brio des figuras et l'aficion militante qui demande de l'épique dans le combat. Entière. Oreille.
Le second, de Juan Pedro Domecq, resta longuement collé au cheval, tête à mi-hauteur. Il ne la baissa pas plus à la muleta et confirma son manque d'investissement par une néfaste tendance à fuir le combat en fin de suerte. En dépit des efforts déployés par Manzanares pour le garder dans le drap, il finit atone dans les tablas, où il fut difficile de le cadrer. Deux pinchazos, entière, descabello. Ovation.
Le mansote troisième, de Jandilla, garda toute sa puissance et sa mobilité pour la faena. Il fut le plus commode pour le torero. Il se livra sans retenue, répétant les charges longues et claires. Usant de son allonge exceptionnelle, Perera sut lui conserver assez de fraîcheur pour finir sur un numéro d'ojedisme parfaitement maîtrisé. Il s'engagea derrière l'épée pour laisser une entière longue à faire effet. Il dut recourir par deux fois au descabello et perdit tout espoir de trophées. Vuelta.
Par trois fois, le quatrième, de Zalduendo, sortit seul du châtiment. Dans les leurres, il mit la pression sur les hommes en se retournant comme un chat et en répétant impitoyablement des charges brusques et incommodes. Toujours dans le sitio et muleta très basse, Talavante parvint à lui imposer sa loi lors d'une faena adaptée, sobrement réduite au strict nécessaire technique. Il tua mal. Silence.
Le cinquième, d'El Pilar, ne se livra qu'épisodiquement sous le fer. Tête basse, il suivit fidèlement la muleta, mais sans entrain ni rythme. Chargeant à l'économie, il ne transmit rien. Tant à droite qu'à gauche Jimenez Fortes l'engagea avec temple à allonger sa charge sans que la faena puisse prendre de la hauteur. Une ultime séquence par 360° enchaînés et dosantinas exposées réchauffèrent l'ambiance et un volapie porté au ralenti emporta la pétition. Oreille légèrement protestée.
D'abord insipide, le dernier, del Tajo, s'améliora lors du second assaut. Il ne confirma pas ses progrès au troisième tiers où il resta quasi rivé au sol à gauche et court de charge à droite. De ce coté Juan Leal réussit une petite série, puis il chercha à forcer le succès dans les distances ultra courtes. Sa démonstration d'authentique courage finit par toucher le public et ¾ de lame d'effet fulgurant lui valurent une oreille. Places numérotées bien garnies, amphis désertés. Canal plus Espagne en action. Frédéric Pascal. Voir galerie Roland Costedoat.

NÎMES JEUDI : DAVID A HOMBROS

À la suite de bien d'autres cette année, la corrida de Fuente Ymbro est sortie décevante et fade. Le premier de Mora (oreille et oreille) et, dans une moindre mesure son second, ont bien tenté de relever le niveau, mais le lot de Finito (silence aux deux), avec un premier qui ne donna que des fusées et un second figé au sol, et le lot de Luque, avec un premier sans moteur et un second carrément avisé, sont restés très loin des performances antérieures de cet élevage.
Le premier poussa sans style, tête haute. Il chargea de la même façon, sans baisser la tête et sans progressivité. Corps et muleta parfaitement dans le sitio, Finito donna une leçon de bon toreo, mais toute sa science et son élégance ne touchèrent que les érudits. De plus, il toucha l'os répétitivement avec l'épée et le descabello. Silence. Cornes dirigées vers le ciel au contact du caparaçon, le quatrième confirma son manque de fond dans la muleta qu'il ne prit qu'à regret, avant de se fixer au sol, définitivement immobile. Finito renouvela sa démonstration professorale, mais tua encore laborieusement. Silence .
Mal centré au cheval, le second ne se découvrit qu'à pied où, tête humblement basse, il mit les reins pour répéter inlassablement les charges. Jamais mièvre, toujours agressif, il porta en permanence le danger à la pointe de la corne. Mora l'entreprit en s'exposant, physique offert et muleta en avant. Il passa la rampe d'autant mieux qu'il se trouva plusieurs fois en difficulté pour n'avoir pas réussi à capter la charge assez en avant pour dominer l'impétuosité de son adversaire. Entière. Oreille. Le quatrième poussa puissamment avec le défaut de garder la tête haute. Ce défaut disparut ensuite. A droite, tête basse, il répéta les charges. A gauche, il se montra plus tardif à s'élancer. Geste ample, David Mora s'exposa encore généreusement lors d'une longue faena qui compta de belles séries de derechazos liés. Une oreille après un émouvant volapie.
Le troisième poussa sans puissance mais avec style. Il fit de même au dernier tiers où il se laissa déplacer vers l'extérieur mais où son manque de moteur compromit toute vibration. Dès lors, Daniel Luque ne put compter que sur sa seule dextérité pour partir à la conquête des trophées. Il s’acquitta au mieux de cette mission mais sa faena ne trouva pas toujours son public. Salut après une demi lame et un descabello. Au picador le sixième laissa espérer un final brillant, mais il changea du tout au tout à la muleta où il se révéla le plus retors du lot. A la reculade dès la première série, il ne dura guerre. Daniel Luque eut le mérite d'insister face à un adversaire sans charge. Au fil de la corne, dans un terrain réduit, il arracha d'improbables derechazos et naturelles, et tua de pinchazo et quasi entière. Silence.
Un peu plus de 3000 entrées. Il faudra plus d'une conférence de presse pour guérir les pupilles du senior Gallardo de leur hépatite.
Frédéric Pascal.

TERRES TAURINES SUR TWITTER

Depuis quelques mois Terres Taurines est sur twitter dans sa version espagnole. Rejoignez-le pour recevoir, en français, des infos parfois exclusives et impressions à chaud en direct des ruedos et du campo. @Tierras Taurinas.




EXPO PERMANENTE
DE TERRES TAURINES À LAS VENTAS


Devant un public fourni et en présence de nombreux ganaderos, l'exposition consacrée au toro au campo par Terres Taurines a été inaugurée hier midi par André Viard. Installée dans la galerie du Tendido 2 elle restera accrochée durant toute la temporada. Parmi les toros exposés, entre ceux de Miura, Adolfo Martin, Prieto de la Cal, Barcial ou Cuadri, quatre ganaderías françaises sont à l'honneur : Blohorn, Margé, Scamandre et Francine Yonnet. Au fil de la saison, de nouveaux élevages seront présentés, afin de montrer la diversité des paysages et des encastes qui sont la richesse des terres taurines.


TOUTE LA TEMPORADA DU SUD-OUEST

Programme complet de sa temporada dans le Sud-Ouest. Voir programme. Voir numéros de réservations.


FERIA DE CARCASSONNE

L’association "Carcassonne Toros" a annoncé les élevages retenus pour la Féria 2013 : vendredi 30 août, corrida mixte d’Aguadulce (rejon et forcados, 2 novilleros à pied ), samedi 31 août, novillos de Cebada Gago, dimanche 1er septembre, novillos de Miura.


DE LA DIFFICULTÉ D'ÉCRIRE UNE CHRONIQUE TAURINE...

Afin qu'une chronique de corrida puisse être lue par toute personne, aficionada ou non, il faudrait utiliser un vocabulaire des plus courants, de tout les jours, et trouver le moyen de faire que l'amalgame des mots, provoque chez le lecteur, une émotion et un plaisir. Poètes et écrivains y feraient merveille.  Mais la tauromachie est aussi une technique et ne pas s'y référer occulterait ce que l'Aficionado averti considère comme essentiel. Lire chronique de René Philippe Arneodau.


GALERIES

Retrouvez toutes les galeries de Terres Taurines. Voir.

TIERRAS TAURINAS


De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.


CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

 































imprimez cette page