Dimanche 8 septembre
2013

L'Edito

 

MORANTE REVIENT

Berceau de la tauromachie moderne, Ronda n'a pas pour vocation d'entretenir un niveau d'exigence insupportable pour les toreros. On y cultive le goût du toro harmonieux, et depuis les happenings du maestro rondeño par excellence, on a appris à y déguster aussi le toreo beau, même s'il n'est pas forcément lié.


Voir édito






   
Clemente à Dax

Actualité

ARLES : JULI ET JUAN BAUTISTA A HOMBROS

Si la novillada d'hier fut excellente, la corrida de Domingo Hernandez ne le fut pas moins. Avec un toro indultado (2) et deux ou trois exemplaires (3,5,6), qui selon les critères présidentiels de la veille auraient mérité la vuelta, elle a permis un triomphe important. Mobiles et inspirés ils se sont révélés des virtuoses du même niveau que leurs matadores. Il convient d'exclure de ce bilan laudatif le lot de Ponce, qui toucha un premier réticent, qu'il parvint à convaincre, mais qu'il tua mal et un quatrième, le mouton noir de la course. Ponce, silence aux deux. Juli, indulto et salut. Juan Bautista, deux oreilles et deux oreilles.
Le premier vint de loin et poussa sans coup de tête parasite. Il sortit éprouvé de l'exercice et commença par douter lors de l'entame de muleta. Un poignée de muletazos clefs donnés avec temple le décidèrent à rompre vers l'avant. Cette étape franchie, il se livra sans retenue. La science du toque multiple, répété en cours de passe, mise au point par Ponce, fit merveille pour décider l'animal à se livrer. Après quoi, la faena prit de la hauteur, avec des passes rigoureusement lissées et liées en forme de carrousel sans rupture. Il tua mal et ne récolta qu'un silence. Le quatrième sortit frein avant serré et propulsion arrière enrayée. Il se débrida dans le peto, où il poussa, reins engagés, mais à pied son naturel calculateur et retors repris le dessus. En dépit de ses charges incertaines et sans classe, Ponce fit l'effort. Il démontra qu'il n'avait rien à offrir avant de le tuer dignement. Silence.
Le second jeta curieusement les pattes en avant au capote, ce qui ne l'empêcha pas de baisser humblement la tête. Il poussa puissamment sous le fer. Tête basse et charges longues, il arriva à la muleta avec un magnifique moteur et assez d'envie d'en découdre pour répéter entre les suertes. Juli, qui chaque jour semble trouver le moyen d'allonger sa passe, donc son emprise sur le toro, réalisa avec lui la prestation la plus aboutie et reposée qu'on lui ait vue ici. Faena pleine de huit séries de passes interminables, parfaitement liées, avant de prendre l'épée, suivie de quatre séries plus récréatives, pour répondre à la demande d'indulto, qui montait des gradins. Le Président finit par se rallier à la vox populi, sans être autrement contesté que par quelques voix isolées. Au cheval, comme à pied, le cinquième ne fit rien de laid. Tête basse, il suivit fidèlement les leurres et resta mobile jusqu'à la fin. Juli l'entreprit avec l'enthousiasme et l'envie d'un novillero. Il le domina lourdement dès après la seconde série, mais sut lui garder assez de fraîcheur pour poursuivre classiquement et finir par des 360° impressionnants de maîtrise et de précision. Malencontreusement deux pinchazos le privèrent de trophées. Salut.
Le troisième affronta le picador avec style mais avec un engagement réduit par comparaison à ses frères. Il ne se livra qu'à la muleta où il répéta les charges vibrantes, plus profondes à gauche qu'à droite. Juan Bautista livra une faena très personnelle composée de quatre séries classiques pour assurer sa domination, suivies de suertes originales et d’enchaînements sui generis complétés par des adornos de bon gôut. 2 oreilles après un brillant volapie. Le sixième poussa droit, perpendiculairement au caparaçon sans coup de tête parasite, avec une agressivité foncière qui conféra de la vibration à toutes ses charges. Juan Bautista sut canaliser cette énergie lors d'une faena inventive, quasi mexicaine, menée sur un bon rythme et jamais mièvre. Un nouveau volapie d'école emporta la pétition à laquelle l'autorité dut faire droit. Deux oreilles. 4/5 d'arène. L'orage attendit la fin de la corrida pour éclater.
Frédéric Pascal. Voir galerie Elsa Vilezeuf.

DAX : FANDIÑO A HOMBROS

Casi lleno . Temps automnal avec pluie fine au 2 ème et 3 ème toro. 6 toros de Torrestrella, homogènes de présentation et de trapio, armés sans excès, de 485 à 530 kg (moyenne 510). Justes de forces dans l’ensemble. Braves à bravitos sous le fer, lors de 13 assauts au total, peu piqués pour la plupart, excepté le 4ème et à un degré moindre le 5ème. D’une relative noblesse dans l’ensemble, teintée de soseria pour l’ultime, mais sans vraiment de piquant, ils ont permis aux toreros de pouvoir s’exprimer lors de cette tarde. Tous applaudis à l’arrastre.
Juan José Padilla oreille avec pétition de la seconde et salut après avis. Ivan Fandiño oreille et oreille. Saùl Jimenez Fortes silence et silence. Ovation à Juan José Padilla à l’issue du paseo, auquel il conviera ses camarades de cartel. Salut de Roberto Martin « Jarocho » pour ses bandérilles au 5 ème (il associera poliment son compère de cuadrilla).
Très déterminé sur cette ouverture de tarde, le « Cyclone » accueille son premier par largas de rodillas et quelques véroniques allurées près des barrières. Brindé au public, ce toro, un peu flojito et peu piqué, mais franc sur les deux pitons, permettra à Padilla de débuter sa faena main droite genoux à terre pour enchainer ensuite une série de derechazos bien liés. La suite, à mi distance, mettra davantage en avant la noblesse de ce toro, surtout sur le côté droit. Après une brève tentative main gauche, Padilla terminera corne droite sur un petit périmètre dans son style par pechos et molinetes genoux à terre, ponctué de desplante, non sans effet sur le public Dacquois. 1 entière de côté habile et concluante. oreille avec pétition pour la seconde. Ovation au toro. Au quatrième, « Clavelito », accueilli de nouveau au capote par largas de rodillas et chicuelinas, Padilla s’illustrera aux palos aux accents de la musique sur les notes de « clavelitos, clavelitos de mi corazon… », et lors d’une 4 ème paire al violin posée après les clarines. Ce toro, brindé à Richard Milian, est sans doute le plus encasté et le plus brave de l’après midi, lors de 3 rencontres, dont la première, de loin et en mettant les reins. Le Jerezano débute par doblones et derechazos ensuite au centre de la piste. Le toro embiste bien dans la muleta lors de deux 2 séries des deux mains. Loin d’atteindre les sommets lors d’une faena accrochée et décousue, Padilla poursuit par des redondos et un enchainement main droite même si le toro réduit sa charge en fin de faena. Final par manoletinas. Un 2/3 de lame trasera contraire. Salut après 1 avis.
Après une mise en bouche lors d’un joli quite par gaoneras au premier toro, Fandiño accueille son toro d’ouverture sous les premières gouttes par derechazos cités à mi distance. Ce toro est alègre dans sa charge, malgré un soupçon de faiblesse. Même s’il réduit un peu sa charge à gauche, il permet à Fandino de lier une bonne série templée. La suite se concentre dans un toréo « con la voz », par derechazos enroulés au près et dans les cornes, exposé et apprécié du public.
Conclusion par manoletinas. Une entière en place légèrement contraire. 1 oreille après avis. Au cinquième, brindé à Julien Lescarret et France Bleu Gascogne, le Viscaino débute par derechazos au centre et en réduisant peu à peu les distances. Fandiño tisse 3 séries de qualité devant un toro noble mais qui va un peu à menos. Après un essai côté gauche où le toro réduit sa charge, le natif d’Orduna termine par la droite sur un terrain millimétré et dans les cornes ; Final par Bernardinas. 1 demi concluante. oreille.
Pour sa présentation à Dax, Jimenez Fortes n’aura pas convaincu. Après une entame à son premier par doblones, et une série par la droite, la faena restera accrochée et de peu de transmission. Devant un toro qui se réfugiera près des planches, il ne trouvera pas de solution. entière de côté trasera. Silence après avis. A l’ultime de la tarde, il débute sa faena main gauche face à un toro un tantinet gazapon et de charge courte. Là encore, Jimenez Fortes tente par des inversées et autres fioritures d’enflammer une faena qui restera sans saveur et de peu d’effet sur le public. Un toreo frileux devant un toro un peu soso certes , mais devant lequel il pouvait sans doute proposer autre chose. Joël Segot. Voir galerie Roland Costedoat.

FERIA DU RIZ À ARLES

Jeudi 5 septembre, novillada sans chevaux nocturne avec des erales de Tardieu et les élèves de l'École taurine d'Arles. Vendredi 6, novillos de Dos Hermanas pour César Valencia, Francisco José Espada et Lilian Ferrani. En nocturne, second Championnat d'Europe des recortadores. Samedi 7 corrida goyesque, toros de Domingo Hernández pour Enrique Ponce, El Juli et Juan Bautista. L'amphithéâtre sera décoré par l'architecte Rudy Ricciotti. Dimanche 8 au matin, corrida portugaise, toros de Gallon pour Fermín Bohórquez, Joao Moura fils et Ginés Cartagena, avec les forcados de Chamusca. L'après-midi, toros de La Quinta pour El Cid, Manuel Escribano et Diego Silveti.

TOROS Y SALSA


Pour Toros y Salsa : samedi 7 septembre toros de Torrestrella pour Padilla, Fandiño et Jiménez Fortes. Dimanche 8 deux toros de Victorino Martín, deux de Fuente Ymbro et deux de Garcigrande pour Morante et Castella.
.

TERRES TAURINES SUR TWITTER

Depuis quelques mois Terres Taurines est sur twitter dans sa version espagnole. Rejoignez-le pour recevoir, en français, des infos parfois exclusives et impressions à chaud en direct des ruedos et du campo. @Tierras Taurinas.





EXPO PERMANENTE
DE TERRES TAURINES À LAS VENTAS


Devant un public fourni et en présence de nombreux ganaderos, l'exposition consacrée au toro au campo par Terres Taurines a été inaugurée hier midi par André Viard. Installée dans la galerie du Tendido 2 elle restera accrochée durant toute la temporada. Parmi les toros exposés, entre ceux de Miura, Adolfo Martin, Prieto de la Cal, Barcial ou Cuadri, quatre ganaderías françaises sont à l'honneur : Blohorn, Margé, Scamandre et Francine Yonnet. Au fil de la saison, de nouveaux élevages seront présentés, afin de montrer la diversité des paysages et des encastes qui sont la richesse des terres taurines.


TOUTE LA TEMPORADA DU SUD-OUEST

Programme complet de sa temporada dans le Sud-Ouest. Voir programme. Voir numéros de réservations.


FERIA DE CARCASSONNE

L’association "Carcassonne Toros" a annoncé les élevages retenus pour la Féria 2013 : vendredi 30 août, corrida mixte d’Aguadulce (rejon et forcados, 2 novilleros à pied ), samedi 31 août, novillos de Cebada Gago, dimanche 1er septembre, novillos de Miura.


DE LA DIFFICULTÉ D'ÉCRIRE UNE CHRONIQUE TAURINE...

Afin qu'une chronique de corrida puisse être lue par toute personne, aficionada ou non, il faudrait utiliser un vocabulaire des plus courants, de tout les jours, et trouver le moyen de faire que l'amalgame des mots, provoque chez le lecteur, une émotion et un plaisir. Poètes et écrivains y feraient merveille.  Mais la tauromachie est aussi une technique et ne pas s'y référer occulterait ce que l'Aficionado averti considère comme essentiel. Lire chronique de René Philippe Arneodau.


GALERIES

Retrouvez toutes les galeries de Terres Taurines. Voir.

TIERRAS TAURINAS


De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.


CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

 







































imprimez cette page