Lundi 17 septembre 2012

L'Edito

 

LA CATHARSIS TOMASISTA
Selon Aristote, la catharsis est le propre de la tragédie qui permet au spectateur d'obtenir la rédemption de ses péchés en les voyant projetés sur les acteurs de l'oeuvre. En tauromachie, c'est exactement le contraire : la catharsis permet au spectateur de s'élever en contemplant ce que lui-même et les autres ne sont pas capables de faire.
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Actualité
NÎMES : ÉMOTIONS PARTAGÉES

Désormais, à Nîmes, les grands événement tauromachiques ont lieu à l'heure de la grand messe dominicale. Cela est d'autant moins inconvenant qu'en cette occurrence, les arènes assument les missions politco-sociales, autrefois dévolues à l'église catholique, apostolique et romaine. A savoir : renforcer le lien social entre les paroissiens, assurer le ciment communautaire et transcender le sectarisme, par l'émotion partagée lors de la célébration du mystère de l'eucharistie. Ne serais-ce que de ce point de vue, le seul contre six de José Tomas à comblé toutes les espérances. Depuis la réponse à l'ovation suivant le paseo jusqu'à la sortie en triomphe par la porte des consul, ce ne fut qu'une longue suite de fortes émotions, partagées par les milliers de personnes qui remplissaient à raz bord l'amphithéâtre romain. Au delà des considérations artistico-techniques et du bilan chiffré d'un indulto et de onze oreilles et une queue, c'est l'intensité de ces émotions que l'histoire retiendra. Elles s'imposent à tous, présents et absents, détracteurs et zélotes, au titre du principe de réalité. D'ores et déjà elles font partie de l'histoire de la cité et alimentent l'idiosyncrasie des arènes. Dans les gradins, personne n'a pensé à le contester, même si une petite minorité n'a pas apprécié qu'on gracie un toro qui avait tenté de fuir le combat en sautant dans le callejon, tous sont restés debout à applaudir le maestro longtemps après le mort du dernier toro. Et avec la dilution des spectateurs des arènes dans la foule de la ville, le lien créé par l'émotion s'est diffusé dans la population par la vertu du verbe.
Tauromachiquement, José Tomas a indulté le quatrième et coupé onze oreille et une queue. Plus que jamais, il reste l'égal de son mythe, ce qui n'est pas rien. Économe en tout, gestuelle comprise, il donne à voir un toreo minimaliste et efficace soutenu par une technique éprouvée. Il sait se faire doux avec le maniable, mais timoré, premier, vaillant avec le bondissant second, autoritaire avec le puissant, mais sans classe, troisième, inspiré, avec le grand quatrième (indulto), poderoso avec le cinquième, sans grand fond, et vaillant avec le compliqué dernier. Il les a tous tués d'un seul coup d'épée, s'engageant avec abnégation derrière l'acier à chaque assaut. Toutes les faenas furent courtes, de cinq à six séries, sauf la lidia du gracié qui fut plus longue. En acceptant de se les faire passer très près, il put extraire la quintessence de chacun.
Le premier de Victoriano del Rio poussa avec continuité mais sans tonus de la corne gauche, puis donna de mièvre, mais exploitables, charges. Deux oreilles après grand volapies.
Le second, de Jandilla, bouscula cheval et cavalier, puis poussa de biais et par saccades. Court de cou il éprouva des difficultés à baisser la tête. Brusque et enclin à protester par hachazos, mais doté d'une trajectoire confortable. Deux oreilles après entière engagée (bousculade sans conséquences).
L'agressif et probon Pilar manqua de classe au cheval, Dompté par un début autoritaire, il se soumit pour permettre de grandes naturelles. Deux oreilles. Le quatrième de Parladé fit une erreur de jeunesse en sautant au callejon. Après cet épisode, il se comporta en brave, baissant humblement la tête et répétant les charges à la demande. Inspiration de génie, José Tomas décida de le toréer uniquement de la gauche et se présenta à lui avec la seule muleta dans les mains, sans l'ayuda. La faena fut d'école, lente liée et profonde. Après que le Président eut accordé l'indulto, le maestro accompagna lui même le toro, nommé Ingrato, jusqu'à la porte de toriles. Deux oreilles et la queue symbolique. Le cinquième, de Garcigrande mit les reins avec classe au cheval mais s'éteignit vite à la muleta, Ce qui donna à José Tomas l'occasion de faire une démonstration de pouvoir à toro arrêté, après en avoir extrait tout le sel lors d'une courte et intense faena. Deux oreilles. Le sixième , de Victoriano del Rio poussa, corne gauche à mi hauteur. Réticent à baisser la tête il chargea sans se livrer et resta court. Jose Toma ne put extraire les passes qu'une à une. Oreille. No hay billetes. Public prêt à s'enflammer au moindre geste de son idole. Inflation de trophées, qui n'a rien ajouté à la qualité ni l'intensité des émotions de la matinée.
Frédéric Pascal. Voir galerie Roland Costedoat.

NÎMES TARDE : CASTELLA PAR LA PORTE DES CONSULS

La Corrida de Daniel Ruiz, maniable et mobile, mais qui posa son lot de problèmes. Les plus complets furent les second et sixième. Les premier et cinquième manquèrent de recorrido. Les troisième et quatrième finirent sur la défensive par manque de fond. Juli: oreille ovation et oreille. Castella: oreille silence et deux oreilles.
Le premier poussa droit, mais en gardant la tête haute. Il conserva ce défaut dans la lidia, où il fonça tête à mi hauteur, ce qui limite toujours le recorido. Expert dans la pratique du toque multiple, Juli sut le relancer là où il avait tendance à s'arrêter. A gauche le toro resta court, mais il obtint, à droite, de belles séries longues et liées. Entière en arrière longue à faire effet. Une oreille. Le troisième poussa droit tête basse, mais se cantonna vite dans la défensive. Exigeant, il ne pardonna aucune approximation dans la synchronisation. Juli passa quatre séries à la recherche de la solution, qu'il trouva sur une série de naturelles en accentuant la sortie donnée par le bas. Mais le toro ne rompit pas pour autant. Entière. Descabello. Ovation. Le cinquième mit les reins pour soulever le cheval mais n'engagea pas les postérieurs pour pousser. Réticent à se livrer il ne finit pas ses actions et se révéla difficile à allonger. En d'autres mains, il serait resté court. Juli sut lui prendre la tête et l'obliger à pousser au-delà des limites de sa propension naturelle. Il sut transformer en jouet un adversaire qui en aurait mis bien d'autres en déroute. Domination assurée, il finit sur des enchainements improvisée sans rectifier sa position. Il tua sans brio d'un tiers de lame et descabello, ce qui ne l'empêcha pas de couper l'oreille.
Le second poussa droit mais par saccades. Il reproduisit cette gestuelle dans la muleta où il chargea tête basse mais en faisant des petits bon en fin de passe tout en finissant loin si la muleta restait synchro. Dans bon tempo et geste ample Castella sut éviter de se faire toucher la muleta et réalisa une excellente prestation toute en domination sereine et parachevée d'improvisation bienvenues dans les distance courtes. Il tua de 4/5 de lame en bonne place et se vit chichement récompensé d'une seule oreille. Le quatrième s'endormit sous le fer. Il garda cette caractéristique dans le leurre où il mit la tête sans pousser, donc sans charge. (D'où l'importance du « pousser » à la pique. Il ne suffit pas d'y aller, il faut aussi pousser pour que cette qualité se traduise par des charges de qualité au troisième tiers. ) Malgré ce, Castella lui fit la faena, heurtée, certes, mais complète et conclue par une entière un peu en arrière. Silence. Le sixième fut le meilleur. Épargné au cheval, il ne se révéla qu'à pied, où il donna des charges longues et de classe, mais sans totalement baisser la tête. Dans cette attitude il répondit loyalement à toutes les sollicitations et répéta inlassablement. Castella réalisa une faena lourde de domination, très mature, techniquement aboutie et conclue par la démonstration d'autorité qu'il affectionne, à base de tours complets et aller-retours, enchaînés dans un mouchoir de poche. Entière d'effet fulgurant. Deux oreilles. Temps idéal. Arène pleine. Déflation de trophées par rapport au matin.
Frédéric Pascal. Voir galerie Roland Costedoat.

Juan Bautista Molas à Autol lundi
pour ses débuts en Espagne.
NOVILLADA À SOUSTONS

La novillada du Houga n'ayant pas lieu cette année, Soustons a décidé de profiter de l'été indien pour en organiser une le dimanche 30 septembre prochain à 16 heures. Au cartel, quatre novillos de Santafé Martón pour Javier Marin de Cintruenigo et Juan Bautista Molas de Dax, qui pour ses débuts en Espagne a fait grosse impression lundi à Autol (Rioja), face à une novillada de Torregrande. Entrée générale 12 euros. Gratuit pour les enfants.


JEAN-LUC LAFITTE EXPOSE À NÎMES

Jean-Luc Lafitte exposera son travail de peintre à Nîmes pour Les Vendanges à la Pena Pablo Romero, aux côtés de Sophie Laguerre qui exposera pour sa part des photos. Voir site. (Cliquer sur la guitarre).

DE LA DIFFICULTÉ D'ÉCRIRE UNE CHRONIQUE TAURINE...

Afin qu'une chronique de corrida puisse être lue par toute personne, aficionada ou non, il faudrait utiliser un vocabulaire des plus courants, de tout les jours, et trouver le moyen de faire que l'amalgame des mots, provoque chez le lecteur, une émotion et un plaisir. Poètes et écrivains y feraient merveille.  Mais la tauromachie est aussi une technique et ne pas s'y référer occulterait ce que l'Aficionado averti considère comme essentiel. Lire chronique de René Philippe Arneodau.

OPUS 40 EN KIOSQUES

L'opus 40 de Terres Taurines sera en kiosques sous peu sous le titre :
Éloge de la solitude. À l’opposé de la complaisance chaleureuse de ceux qui vivent en troupeau, il faut, écrivait Nietzsche, rechercher la solitude des cimes. Cette solitude des cimes, c’est dans les profondeurs de la marisma que Paco Ojeda la chercha, et qu’il la cultive encore, trente ans après l’été 1982 au cours duquel il repoussa les limites du toreo de Belmonte. C’est là que nous l’avons rencontré. Au sommaire également, Juan Leal "À parité égale", Gabin "La caravanne passe", "Éclaircie à Hernandinos", Ivan Fandiño "Le temps retrouvé" , et la suite de la saga Cuadri : Les origines de la légende, Pepe Limeño, quand le monde était monde, Puerta Camino, consécration.... et bien sûr "la balade des egos meurtris" sur la confrontation José Tomas Juli.

GALERIES

Retrouvez toutes les galeries de Terres Taurines. Voir.

TIERRAS TAURINAS


De nombreux lecteurs souhaitant acquérir la version espagnole de la revue, il est possible de la découvrir et de s'abonner sur le site Tierras Taurinas.

fiesta campera
FIESTA CAMPERA

A 9 kilomètres de Dax en direction de Pau, "Fiesta Campera", sur le territoire de la commune de Mimbaste, propose dans un cadre champêtre des journées à thème autour de la tauromachie. Stages de Tauromachie, Bodega, Repas, Course Landaise, Tienta, Capea... Contact : Vincent Molas : 06-16-55-29-81

CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

TISSONS DES LIENS

Afin de compléter la rubrique "liens" du site, nous invitons les organisateurs, clubs taurins, professionnels ou particuliers à nous communiquer l'adresse de leur site. contact rédaction
 

























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