beziers
Arles
Lundi 21 septembre 2009

L'Edito

La photo

BAISSER DE RIDEAU

Avec la dernière grande feria du calendrier français, la temporada nationale se termine sur une note majeure et un premier constat : lorsque l'on programme la qualité sur l'affiche, le résultat est souvent là. Voir édito.

Actualité

NÎMES : QUATRE OREILLES POUR CASTELLA

Pour ce mano a mano les six exemplaires de la corrida de Victoriano del Rio on tous baissé humblement la tête dans les leurres, mais trois seulement gardèrent assez de mobilité pour la muleta. Parmi ceux qui ont bougé, seul le quatrième collabora sans problème, le sauvage second, primé d'un vuelta posthume, se retournait comme un chat  et le troisième ne donna rien qui ne lui fut arraché. Du coté des arrêtés, la fougue du premier  le fit se consumer à la pique, le cinquième resta sur son quant à soi et le dernier se décomposa rapidement.
Morante de la Puebla, silence, oreille et salut. Sebastien Castella: deux oreilles, deux oreilles et ovation.
Le premier obtint une chute en déséquilibrant le cheval par l'arrière. Il revin sauvagement au contact pour pousser droit, dans l'attitude idéale du toro chez lequel la quintessence de la bravoure débouche sur la noblesse. Hélas il laissa toutes ses forces dans l'exercice et arriva eteint entre les mains de Morante. Ce dernier tenta de lui faire le choses en grand mais l'étroitesse des courses du victoriamo le laissèrent sans option. ¾ perpendiculaire et tombée. Silence. Le troisième eut un comportement ambiguë au cheval comme à pied. Il poussa tête à mi hauteur et sortit seul du premier assaut, puis se grandit au second. Il arriva au 3ème tiers disposé à rester court si la muleta ne l'inspirait pas.
La sorcellerie de Morante consista à aspirer les charges plus qu'à les conduire. Techniquement, il faut, pour cela, accepter de se les passer très près. La faena ne compta pas plus de cinq séries de cinq. Vingt cinq passes, pas plus, mais d'un goût et d'une densité jamais vus dans ces arènes depuis une génération. Cinq statuaires d'une profondeur abyssale, cinq derechazos écrasants de domination, cinq longues et lentes naturelles, cinq derechazos au ralenti, lourds comme des sanglots et pour finir cinq ayudados por alto solides comme un champ de chênes. Vingt cinq coups de canons lâchés dans un temps distendu qui parut ne jamais devoir se refermer. Une éternité! La mort aussi fut réussie, mais l'importance de l'évènement échappa  à la majorité qui resta de marbre. Petite oreille après une pétition mesquine au regard de ce que Morante venait de laisser sur le sable.
Le cinquième poussa par à coup, dans un bon style. Facile à tromper et sans coup de tête parasite, il pécha par manque de mobilité. Il ne donna jamais plus d'un mètre de charge. En plus de le faire passer au raz de ses fémorales, Morante dut accepter qu'il se retourne dans ses talon, pour pouvoir l'exploiter. La faena presque exclusivement gauchère ne compta qu'une série de derchazos. L'incontestable qualité de chaque passes ne suffit pas à faire oublier la passivité de l'animal. Salut après une mise à mort sans brio.
Le second se plaignit du châtiment, tenta de désarmer le piquero et sortit seul de la première rencontre. Honteux il s'acheta une conduite lors de la seconde pique, qu'il prit avec la fougue d'un repenti. Il s'amenda encore aux banderilles et aborda la muleta obéissant et mobile. Son tempérament l'amena à finir sur un coup de rein en se retournant, ce qui compliqua sa lidia, mais accentua sa vibration. Il ne déclina que progressivement, raccourcissant peu à peu ses trajectoires. Castella du s'appliquer pour contenir la vivacité des retours. Il lia de bons muletazos, d'abord très long puis régressant au gré des potentialités de son adversaire. Parcimonieusement, il mit à profit son exceptionnelle souplesse, pour ne donner qu'une circulaire inversé du meilleur effet sur le public. L'entière libéra deux oreilles. Vuelta contestée pour la dépouille. Le quatrième poussa en appui reparti sur les quatre membres. Il arriva au troisième tiers sans un coup de tête parasite et doté d'une course facilement exploitable. Dans une première partie construite sur la base de naturelles et de derechazos, Castella ne commit aucune faute, mais ne parvint qu'épisodiquement à lier. En second lieu, il usa sans compter de ses talents de contorsionniste, lors d'un festival de tours complets enchaînés, puis se complut dans les distances ultra-courtes, littéralement au contact physique des pointes, pour des virtuosités, où il se grisa de ses propres audaces et chavira le public. Entière après un pinchazo. Deux oreilles. Le sixième poussa joliment, mais sans puissance. Son manque de réserves physique l'inclina à avancer par sauts, ce qui le fit cheminer irrégulièrement. Ce défaut s'aggrava quand il ne se livra plus et passa aux appuis défensifs sur l'avant train.  Castella lui prit deux cambios au centre et une série de derechazos léchés, mais la suite déclina à cause du toro. En dépit des difficultés il insista, ponctua de trois figures dans les distances courtes et tua de pinchazo et entière. Ovation. Quasi plein, quelques vides aux amphis. La foule était venus pour voir Castellaet n'attendaient de Morante qu'une participation de faire valoir.
Frédéric Pascal. Voir reportage Roland Costedoat

NÎMES : FINAL TRIOMPHAL, UN RABO LUQUE, DEUX OREILLES PERERA

Avec au compteur six oreille, une queue et un toro de vuelta al ruedo, la corrida de Vadefresno, qui comptait un Fraile Mazas, a clôturé en beauté la temporada nîmoise. Chacun des acteur y a pris sa part et il est injuste que le ganadero n'est pas été associé à la vuelta triomphale de Luque, car la qualité globale du bétail a grandement contribué au succès de l'après midi. Tant au physique qu'au moral, le lot a été remarquable d'homogénéité. Tous ont baisé la tête dans le peto et ont poussé, avec plus ou moins de force, en appui sur les quatre sabots. Ils ont foncé dans la muleta dans la même attitude, ce qui leur a conféré des charges claires et constantes, dont la longueur fut calibrée par leur puissance respective. Aucun n'a relevé la tête entre les passes, ce qui les a gardé particulièrement abordable, même lorsque, forces déclinant, ils ont cessé de charger allègrement. Juan Bautista: silence et une oreille. Perera deux oreille et salut. Daniel Luque une oreille et deux oreilles et la queue.
Le premier poussa avec classe et chargea avec vibration pendant la première partie de la faena. Il baissa de ton à mi parcours. Muleta on ne peut plus avancée et parfaitement synchrone, Juan Bautista justifia sa réputation de grand technicien. Malheureusement sa prestation fut perturbée par une averse soudaine qui déconcerta le public et le rendit plus préoccupé de ses conditions de confort que des péripéties du combat. La seconde partie de faena passa inaperçue. Silence après deux pinchazos profonds et un descabello. Le quatrième poussa comme ses frères, tête basse et en appui réparti sur les quatre membres. Épargné au cheval il reserva toute sa fougue pour la muleta, où il donna des courses longues et vibrantes à droite et plus heurtées à gauche. Juan Bautista imposa classiquement sa domination par derechazos et naturelles puis donna lui aussi avec efficacité dans les tours complets. Il revint au répertoire classique pour un final par aidées par le bas et tua d'un recibir en deux voyages. Une oreille.
Le second, de Fraile Mazas, attaqua le cheval de biais, puis académiquement en appui carré. Sa mobilité ne se démentit pas d'un bout à l'autre de sa vie publique. Perera ne s'embarassa pas de prolégomènes Après une demi douzaine d'aller-retours cités de loin et une série de derechazos parfaitement liés et conduits, il s'installa à la pointe des cornes pour une faena en forme de passe unique où la muleta ne lâche jamais sa pression sur le toro. Ainsi il attaqua par un premier 360°, puis deux autres liés à une circulaire inversée, suivie de trois autres spirales infernales dont il reta le centre sans bouger les pied. Muleta dans la main gauche il répéta la démonstration de maestria. Il revint à droite pour finir de mystifier toro et public lors d'une longue séquence d'enchaînements inédits. Un grand volapie libéra deux oreilles. Le cinquième poussa sans se fixer mais toujours en appui équilibré sur l'avant et l'arrière. Sa fougue et sa générosité le rendirent ingérable pour la cuadrilla qui lui infligea une lidia calamiteuse de plus de cinquante passe inutiles et mal finies. Après cette première faena il ne lui resta plus grand chose à donner à son matador. Après trois cambios et une série de derechazos liés et tirés dur plus de 2,5 mètres chacun, Perera se retrouva avec un animal sans charge. Même la demontration d'autorité au fil des cornes dut se faire brève. ¾ de lame. Salut.
Le troisième poussa sans puissance mais dans un bon style. Long a se décider à foncer, il ne le fit que sous la contrainte et sa charge se réduisit rapidement. De près et muleta avancée, Daniel Luque força la répétition en gardant le leurre collé au museau à la fin de chaque suerte. Après une faena courte mais de qualité, il se jeta sur le garot pour enfoncer une entière. Une oreille. Le sixième s'assagit lors de la deuxième pique après un premier assaut désordonné. A pied il ne fut pas meilleur que ses frères, sa mobilité faiblit même en fin de parcours contrairement à celle du second. Par une entame désinvolte et artistiquement ponctuée,Daniel Luque l'amena au centre. Là il lia de longs derechazos et autant de naturelles. Puis, domination assurée il planta son épée dans le sol pour donner des naturelles de la main droite. Toujours sans l'épée il souleva l'enthousiasme des gradins par des enchaînements sui generis où il fit défiler le toro devant lui , d'un coté et de l'autre, en changeant la muleta de main à chaque passage. Il redoubla d'originalité en esquissant une sorte de pas de rock n' roll taurin où il fait tourner le toro autour de lui plusieurs fois en le guidant de la muleta qu'il tient d'une main puis de l'autre. Comme il conclut en s'engageant vaillamment derrière l'épée la pétition ne cessa qu'avec l'octroi de la queue. Dans l'estrambor qui avait saisi l'amphithéâtre et puisque c'était le bouquet final, la dépouille fut honorée d'un vuelta al ruedo. Demi arène. Rideau. A l'an prochain. Frédéric Pascal. Voir reportage Roland Costedoat.

DANS LES RUEDOS HIER

A Logrono, Diego Urdiales a coupé les deux oreilles d'un bon toro de Torrestrella. A Séville, Tomasito a été ovationné au terme d'une faena élégante mais froide face à un soso novillo de Camacho puis a donné la seule vuelta du jour face au dernier. A Madrid Javier Cortes a coupé l'oreille du meilleur novillo de Flor de Jara.

DON BULL ET L'OBSERVATOIRE DANS L'ABC

Expliquant que la décision du Juli, El Fandi et Francisco Rivera Ordóñez de ne pas aller à Las Vegas, ainsi que les entrées misérables enregistrées lors de la première édition, avaient conduit Don Bull à annuler celle prévue fin septembre, le quotidien ABC précise dans son édition d'aujourd'hui : "Les critiques formulées par l'Observatoire des Cultures Taurines de France, la Plataforma de Defensa de la Fiesta ou la Corporación de Bogotá contre la participation des figures à ces spectacles de «toros sin sangre» à un moment où les associations animalistes abolitionistes s'activent en Espagne et Hispanoamérica, ont servi au moins à éveiller les consciences."

LES TOROS D'OR 2009

La Fédération des Clubs Taurins biterrois organise du 15 au 18 octobre les 27èmes journées internationales de tauromachie de Béziers avec pour invité d'honneur Joselito. Renseignements et réservations : 06 78 67 81 27.

fiesta campera
FIESTA CAMPERA

A 9 kilomètres de Dax en direction de Pau, "Fiesta Campera", sur le territoire de la commune de Mimbaste, propose dans un cadre champêtre des journées à thème autour de la tauromachie. Stages de Tauromachie, Bodega, Repas, Course Landaise, Tienta, Capea... Contact : Vincent Molas : 06-16-55-29-81.

CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

TISSONS DES LIENS

Afin de compléter la rubrique "liens" du site, nous invitons les organisateurs, clubs taurins, professionnels ou particuliers à nous communiquer l'adresse de leur site. contact rédaction
 











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