beziers
Arles
Dimanche 13 septembre 2009

L'Edito

La photo

COÏTUS INTERUPTUS

S'il fut un temps où la Fiesta était un spectacle atypique possédant ses propres codes et susceptible d'être considéré de qualité même quand de la rencontre du torero et du toro il n'était ressorti qu'un brouillon combat distant, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et comme tout spectacle, la Fiesta doit respecter les unités d'action, de temps et de lieu si elle veut recevoir le qualificatif de triomphale. Voir édito.

Actualité

Matias Tejela a hombros.
Photo Laurent Deloye
ARLES : QUATRE OREILLES POUR MATIAS TEJELA

Bonne corrida de Jandilla, bien faite, homogène et sans excès de poids. Aparicio (silence et sifflets) toucha les seuls malcommodes. Favorisé au sorteo et par la Presidence Matias Tejela coupa quatre oreilles. Injustement traité par le public à son intransigeant premier (salut) et par le président qui lui refusa le seconde oreille du maniable dernier, Manzanares ne coupa qu'une oreille au sixième.
Le vif et brutal premier supporta statiquement le châtiment sans protester, puis poussa modérément sous la deuxième pique. A pied, il accusa une fâcheuse tendance à tricoter de la corne tout le long de ses trajectoires. Décidé à forcer le chemin du bon sitio à droite, Aparicio signa plusieurs séries inégales de ce coté, avant de donner de l'autre main sa série la plus aboutie. Silence après ¾ de lame. Brouillon au cheval, le quatrième finit par pousser tête haute avant de sortir seul. Il tourna carrément déplaisant dans la muleta où il se fit crocheteur en diable. Il laissa Aparicio sans autre option que  de s'en débarrasser de ¾ de lame de coté. Sifflets
Le second découvrit la nuque des deux coté pour foncer chanfrein au plus près du sol . Une fois ses appuis assurés, il poussa reins et postérieurs engagés. Il confirma ces bonnes dispositions dans la  muleta en se positionnant tête basse au début de sa course et en sortant de la suerte en propulsion sur les postérieurs. Muleta modérément avancée, Tejela sut profiter de l'aubaine, mais ne fut vraiment profond que sur quelques pechos fortement consentis. Une entière contraire, d'effet immédiat, acheva de convaincre le président d'accorder une seconde oreille que personne ne lui demandait. Désagréable et sans classe au cheval, le cinquième ne confirma pas ses mauvaises dispositions au troisième tiers. Il se laissa conduire tête humblement baissée dans le vol du leurre. Tout en gardant une appréciable marge de manoeuvre, Tejela se grandit dans une faena bien menée, qui culmina lors de quatre longues naturelles. Il finit sur deux circulaires inversées, particulièrement fêtées. Sous la pétition, l'autorité concéda les deux oreilles.
Le troisième s'alluma sous le fer. Il poussa le cheval jusqu'aux planches, puis revint à l'assaut pour pousser avec classe, mais il sortit seul du châtiment. A pied, il garda la tête constamment basse, mais se montra avare dans ses déplacements. J.M. Mazanares s'étira en majesté pour l'exploiter au maximum. A droite, mais plus encore à gauche, il donna une leçon de profondeur et d'empaque. Malheureusement, contrairement à son habitude il tua sans brio, ce qui lui fit perdre le soutien du public. Salut. Le sixième poussa de biais, sans force, corne gauche basse. Epargné au cheval, il garda une bonne mobilité et arriva à la muleta tout disposé à ne plus relever la tête entre les passes. Manzanares le domina rapidement et put, dans un premier temps, se laisser aller à peaufiner la rondeur de sa gestuelle; mais le Jandilla réduisit la voilure et le technicien dut rependre le pas sur l'artiste pour finir la faena en beauté. Cette fois il tua d'un seul volapié et le public unanime exigea les deux oreilles avec force. Décidément mal inspiré, le président acheva de se déconsidérer en restant sourd à la volonté populaire. Une oreille. Le public applaudit la sortie a hombros de Matias Tejela puis obligea Manzanares à donner une vuelta triomphale ensuite. ¾ d'arene. Ambiance insurrectionnelle sur la fin du parcours présidentiel.
Frédéric Pascal. Voir reportage Laurent Deloye et Amandine Segot.

Véronique de Michelito, eral de Gallon.
Photo A. Segot
TRIOMPHALE MATINALE D'ARLES

Le matin les spectateurs sont venus en masse pour applaudir l'exhibition de « Michelito », l'enfant torero. En grand professionnel qu'il est déjà, ce dernier leur a donné ce qu'ils étaient venu chercher: Un spectacle bien rodé, avec sa part d'impondérables, en l'espèce de quelques volteretas au second, et une incontestable valeur ajoutée en tant que produit vendable à court-moyen terme. Les acteurs économiques du marché devraient se laisser séduire par la pertinence des anticipations du garçon devant la tête de l'animal, ainsi que par le métier affirmé avec lequel il transforme ses maladresses en ponctuations bienvenues. Cette partie du spectacle se déroulant, comme à « Las Vegas », sans mise à mort, il fut gratifié de deux oreilles symboliques au premier et d'une seule au second. Assez pour le conforter dans son rôle d'enfant savant; mais a-t-on pensé à planifier les 5 années qui le séparent de l'age officiel minimum pour prendre l'alternative?
La question reste ouverte; on a, par contre, de solides éléments de réponse sur l'intérêt qu'a présenté cette exhibition pour les vocations et des ganaderos locaux. Elle a permis à quatre élèves de l'école taurine d'Arles de montrer ce dont ils étaient capables face à du bétail de luxe fourni par les frères Gallon. Et ce devant presque une demi arène. Et là, le succès artistique et d'image a été total: Quatre oreilles, qui auraient pu être six à l'aune de la générosité manifesté envers les figuras l'après midi, et plus, si Gégorito maniait aussi bien l'épée que la muleta. Les beceros de Gallon et les jeunes de l'école ont donné l'un des spectacle taurin les plus authentique et les plus spontané de l'année, toutes catégorie confondues. Les absent  ont eu tort...d'autant plus que c'était gratuit.
Transfiguré par la qualité du premier, Sofianito offrit une grande faena classique et bien construite, parsemée de détails artistiques du meilleur goût. Sa détermination ne faiblit pas à la mort. Une entière et une oreille qui aurait pu être bissée pour les raisons exposées plus haut.
Dominateur et inspiré, El Tolosa ne fit qu'une bouchée de l'excellent second, qu'il tua en deux voyages. Une oreille.
Avec intelligence et habileté, Grégorito se joua des incommodes coups de tête de l'encasté troisième. Hélas il le tua très mal, à la limite du troisième avis. Salut.
Face au becero le plus complet, obéissant mais jamais niais, Morad Balti montra courage, savoir faire et personnalité. De plus il signa quelques trincherazos lourds de sentiment. Pour tuer, du haut de sa haute stature, il cloua littéralement le galon au sol d'une entière perpendiculaire. Deux oreilles. Bravo à tous, sans oublier l'école taurine d'Arles et l' empresa pour cette initiative.
Frédéric Pascal.

DAX : TROIS OREILLES DE DIFFERENT POIDS

Très bien présentée, la corrida de Victoriano del Rio n'a proposé aucun toro réellement complet, même si le cinquième fut de loin le meilleur pour le torero, mais il fut discret à la pique où on le présenta de manière presque symbolique. Nonobstant, elle permettait à des toreros de la catégorie de ceux présents hier dans ce cartel de grand luxe, de triompher pour peu qu'ils le veuillent vraiment. Le premier galopa bien de sortie et conserva son alegria tout au long d'une faena superficielle, le second fut manso, distrait, désordonné et en un mot peu propice au bon toreo, le troisième eut une sortie curieuse semblan affecté d'un défaut de vue puis se laissa faire sans classe, le quatrième mansea aussi au capote, renversa la cavalerie d'un arreon brusque puis montra un fond de caste rugueux tempéré par son caractère tardo ; le cinquième nous l'avons évoqué et le dernier ne s'employa pas au début mais sembla apte à rompre.
Malheureusement, seul le Juli sembla faire preuve de l'ambition nécessaire, Ponce s'enfermant de plus en plus dans ce toreo empoulé et distant qu'il tente de vendre jusqu'à la nausée en prenant la pause et en reprochant aux toros de ne pas embister, tandis que Sébastien Castella, à qui on ne peut reprocher son manque d'engagement au regard des deux arrimones qui conclurent ses faenas, ne parut pas posséder ce jour la fraîcheur d'esprit qui lui a permis de réaliser ces derniers temps quelques grandes faenas. Il fit le métier, mais parut en-dedans de ses dernières prestation. Heureusement, le Juli ne connaît pas ces passages à vide qui frappent les meilleurs de l'escalafon à ce stade de la saison, et c'est à un véritable festival d'improvisation, de maîtrise et de dominio qu'il convia les aficionados face au cinquième toro, le plus clair et le plus noble du lot. Sa faena fut du niveau de celle de Bayonne samedi dernier - c'est à dire le plus haut - et sans un vilain mete y saca bas et une demie concluante il aurait sans problème coupé les deux oreilles, voire une queue, tant le public s'enflamma tout au long de son chef-d'oeuvre. Malheureusement pour lui le prix se résuma à une oreille et la corrida se solda donc par une parité parfaite entre les trois toreros, Ponce ayant coupé l'oreille du premier et Castella celle du troisième.
Pour être complet, il convient de regretter que face au quatrième, manso au début mais qui sembla vouloir s'employer dans la muleta et qui offrit des charges puissantes et vibrantes dès lors que le leurre lui fut proposée au bon endroit, Ponce se contenta de respecter minutieusement le no man's land qui existe entre toro et torero, terrain de non agression mutuelle qu'il faut impérativement investir pour bien toréer. Au lieu de quoi Ponce ne s'y aventura qu'au compte-goutte, tira des lignes, joua la montre et se montra si exaspérant qu'il finit par entendre quelques sifflets et une ou deux références à la feria de Las Vegas.
Et il convient de regretter aussi que face au dernier qui semblait vouloir rompre, Castella ait débuté sa faena par une étonnante série de passes assis à l'estribo qui eurent pour effet - c'est souvent le cas - d'ôter toute envie au toro de se livrer. Il en résulta une faena insipide que le torero tenta de sauver, mais sans succès, par le même arrimon final qui lui avait valu l'oreille du troisième.
André Viard. Voir reportage.

RENCONTRES INTERNATIONALES DE DROIT TAURIN A NÎMES

Du 17 au 20 septembre auront lieu à Nîmes les Rencontres Internationales de Droit Taurin organisées par l'Ordre des Avocats à la Cour d'Appel de Nîmes et l'illustre Colegio de Abogados de Madrid. Lors de ce premier tercio le thème retenu est "Le toro et son combat : la part ou l'apport du Droit ?" Le second tercio aura lieu à Madrid durant la prochaine feria de San Isidro. Les aficionados intéressés peuvent s'inscrire. Renseignements : congres@ot-nimes.fr

ARLES FERIA DU RIZ

Vendredi 11 septembre à 17 heures 30 corrida concours de ganaderias. Toros de Partido de Resina, Prieto de la Cal, Hubert Yonnet, Conde de la Corte, Pérez de Vargas et Cuadri pour Lopez Chaves, Sanchez Vara et Fernando Cruz. Samedi 12 septembre à 11 heures, entrée gratuite sur invitation. Présentation du jeune torero franco-mexicain Michelito dans le cadre d'une classe pratique d'entrainement organisée par l’Ecole Taurine d’Arles : 4 erales de Gallon pour Morad Balti, El Tolosa, Gregorio Lopez et Sofianito. Deux erales de Gallon sans mise à mort pour Michelito. Samedi 12 à 17 heures corrida goyesque. Toros de Jandilla pour Aparicio, El Cid et Manzanares. Intervention des meilleurs écarteurs et sauteurs landais sur un toro qui leur sera réservé. Dimanche 13 septembre à 11 heures corrida de rejoneo. Toros de Guttierez Lorenzo pour Joao Moura Hermoso de Mendoza et Diego Ventura. Dimanche 13 à 17 heures toros de Valdefresno pour Juan Bautista, Sébastien Castella et Roman Pérez qui prendra l'alternative.


FERIAS DES VENDANGES DE NÎMES

La feria des Vendanges aura lieu à Nîmes du 17 au 20 septembre. Jeudi 17 toros de Yonnet pour Antonio Barrera, Salvador Vega et Mehdi Savalli. Vendredi 18 au matin, novillos de La Quinta pour Pablo Lechuga, Angelino de Arriaga et Thomas Duffau. Vendredi 18 toros de Garcigrande pour El Juli, Sebastián Castella et Miguel Tenderoqui confirmera l'alternative. Samedi 19 au matin, toros de Juan Pedro Domecq pour Luis Francisco Esplá, Enrique Ponce et Julio Aparicio. Samedi 19 toros d'El Pilar pour Matías Tejela, Alejandro Talavante et Rubén Pinar. Dimanche 20 au matin toros de Victoriano del Río pour Morante de la Puebla et Sebastián Castella, mano a mano. Dimanche 20 toros de Valdefresno pour Juan Bautista, Miguel Ángel Perera et Daniel Luque.

fiesta campera
FIESTA CAMPERA

A 9 kilomètres de Dax en direction de Pau, "Fiesta Campera", sur le territoire de la commune de Mimbaste, propose dans un cadre champêtre des journées à thème autour de la tauromachie. Stages de Tauromachie, Bodega, Repas, Course Landaise, Tienta, Capea... Contact : Vincent Molas : 06-16-55-29-81.

CREATION EN LIGNE

Issue des Beaux-Arts de Bordeaux et à l'origine de l'atelier de création indépendant Ultraviolet, Stéphanie Lhéraud (qui a créé l'univers visuel de ww.terrestaurines.com) invite les aficionautes à visiter son travail... et éventuellement à lui en donner. www.uv-creation.fr

TISSONS DES LIENS

Afin de compléter la rubrique "liens" du site, nous invitons les organisateurs, clubs taurins, professionnels ou particuliers à nous communiquer l'adresse de leur site. contact rédaction
 











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