DEUX FOIS SIX CONTRE DEUX


Sans faire injure aux autres toreros et encore moins aux ganaderos, le succès de la feria nîmoise dépendra surtout de celui des deux seuls contre six prévus : Juli aujourd'hui, Castella demain. Deux paris que font les toreros, mais pour diverses raisons.

Le premier était programmé depuis longtemps, puis, à après le forfait de José Tomas pour Pentecôte, fut sur le point d'être annulé, José Tomas ayant laissé entendre qu'il pourrait venir en septembre, ce qui au final ne s'est pas fait. Le seul contre six du Juli est donc redevenu d'actualité, mais le profil de la temporada avait entre temps changé.

Car si en début de saison le Juli jouait les grands frères aux côtés de Perera qu'il avait programmé avec lui un peu partout, cinq mois plus tard le petit frère lui mange la soupe sur la tête lors de chacun de leurs rendez-vous. Pas que le Juli ait baissé de niveau - on l'a vu un peu partout phénoménal depuis la mi-août - mais parce que Perera a considérablement haussé le sien au point de faire exploser la hiérarchie. Bon gré, mal gré il va falloir que les figuras s'y fassent : au jour d'aujourd'hui Perera est pour le public et les empresas le torero le plus sécurisant en terme de résultats.

Cette place, immédiatement à la droite du Père, Perera en a donc éjecté Sébastien Castella qui, en deux saisons, a perdu une grande partie de l'aura chèrement acquise voici déjà trois ans. Raison de plus pour lui, au terme d'une temporada en demie teinte, de frapper un grand coup à Nîmes, seule arène française avec Béziers à avoir compté sur lui. Rival du Juli et remplaçant de Castella dans l'emploi très demandé du challenger omnipotent, Perera sera donc pour les deux toreros le référent absent d'une double performance que chacun attend. Lequel référent aura le dimanche après-midi à Nîmes deux toros de Victoriano del Rio - l'ombre de Desgarbado planera sans doute - pour leur donner la réplique
. Plus six autres à Madrid dans une quinzaine. De quoi largement s'imposer.

André Viard