lundi 19 septembre 2005


EDITO


TODO BAJO CONTROL


Après avoir été qualifié d'hérétique et voué au bûcher par la secte ponciste pour avoir osé écrire qu'à Mont de Marsan le torero avait montré les signes de son déclin probable, je constate sans ironie que cet avis est désormais pratiquement unanimement partagé par toute la critique et que les thuriférères les plus acharnés du maestro valencien ont choisi la seule option raisonnable pour ne pas sombrer dans le ridicule : se taire. Voir édito d'André Viard


ACTUALITE


NÎMES : ESCROQUERIE AU LABEL D'ARTISTE

Corrida matinale. Quatre toros de Sanchez Arjona lidiés en 1, 4, 5 et 6, sans problèmes, à part le dernier, un toro de "Toros de Cortes" maniable mais sans fond lidié en second et  un toro de Victoriano del Rio agressif mais franc, sorti en troisième. Javier Conde sifflets, sifflets et petite bronca. Morante, salut, salut et sifflets.
Au vu du résultat de la matinée, il conviendrait de substituer le clivage toreristes / toristes, qui à pour effet de condamner le principe même des corridas d’artistes, au clivage sincère / insincère, qui permet de juger Denis Loré et Javier Conde sur la base des mêmes critères. A cette aune, on ne peut que fustiger l’attitude du second qui s’est évertué à tromper son public, tentant s’exonérer de toute prise de risque en faisant  passer des toros, qui ne faisaient que jouer leur rôle de braves, pour des pervers assassins.  Le label « corrida  d’artistes » ne se justifie, que si ceux là acceptent, comme les autres, moins dotés artistiquement parlant, d’aller au bout d’eux mêmes, et de livrer au public la quintessence d’eux mêmes. Dès lors que l’un d’entre eux s’aventure en piste avec l’évidente intention de s’économiser, il discrédite le concept même qui lui permet d’exister.
Conde à commis cette faute et a entraîné organisateurs et companeros dans sa déroute. L’intention de fraude fut évidente dès la réception du premier Sanchez Arjona qui découvrit la nuque et rassura par de longues trajectoires garanties par de forts appuis sur les postérieurs. Il attaqua le groupe équestre de biais, mais toujours en appui sur l’arrière train, et en finissant sur une note de classe, les deux cornes en bas du peto.  Allègre et franc, lors de la lidia des banderilleros, il ne laissa voir aucun défaut. Conde lui en inventa de nombreux et tenta, sans succès d’en convaincre l’auditoire. D’atermoiement en reports,  il joua la montre sans subtilité et, le temps réglementaire accompli, s’en débarrassa de ¾ de lame habile. Le Victoriano del Rio, qui lui échut  en troisième position,  posa de réels problèmes sans qu’aucun ne soit rédhibitoire. Violent mais docile il se montra hésitant face au cheval où, malgré ses efforts, le picador ne lui enleva rien de son agréssivité. Avec pour but évident de lui casser sa charge Conde accumula les vilains gestes (recortes par le bas) et, une fois ce résultat obtenu, tarda à tuer. L e public le siffla mais, bon enfant, ne lui fit pas la bronca qu’il méritait. Pour faire croire à un sursaut il salua de deux vraies véroniques le cinquième du fer titulaire. Le Sanchez Arjona enferma le picador dans les planches sans se plaindre du dur châtiment qui lui était infligé. Il arriva au troisième tiers sans défaut. Dans son style personnel, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il privilégie les temps morts, Conde composa une longue faena, pauvre de contact avec le fauve et vide de sens.  Le premier avis sonna avant qu’il ne prenne l’épée et le second après deux pinchazos et une entière habilement portée. Bronca modérée.  
Le Cortes sorti en second manifesta plus de nerf que de bravoure lors de la première rencontre avec le picador, puis s’améliora à la seconde, mais en gardant toujours la tête très mobile. Le temple de Morante fondit  toutes ces scories dans le moule de son toreo profond et sculptural. Sa démonstration connut les hauts et les bas  du genre lorsque le toro ne joue pas complètement le jeu. Elle  culmina lors des trois ultimes naturelles liées au pecho. En guise de formalité libératoire  il porta une entière très en arrière. Salut. Le quatrième, de Sanchez Arjona prit, au galop et tête basse, les véroniques appuyées de Morante. Mal piqué, il se défendit sous le  fer, mais en gardant la tête basse. Entrepris avec le temple d’un Ponce et la sensualité d’un Paula il se livra sur deux séries, puis incapable de  la profondeur à laquelle invitait son matador, il se réfugia dans les planches. Apeuré et éteint il y succomba d’une entière enfoncée sans brio.  Salut. Le dernier, de  Sanchez Arjona, fut le seul à poser de réels problèmes. Il se révéla très court de charge et sauta à la gorge de Morante après l’avoir enfermé dans les planches.  En représailles il fut  copieusement  piqué si bien qu’il arriva hors d’état de nuire à la muleta. Morante le régla par le bas avant de s’en défaire d’un pinchazo et d’une entière. Bronca. Les deux toreros sont sortis aux cris de « remboursez ! remboursez ! »   6000 personnes. Vent beaucoup moins génant que la veille
Frédéric Pascal. Voir reportage Isabelle Dupin.

NÎMES : CASTELLA PAR LA PORTE DES CONSULS


Triomphe de Castella
Cinq toros de toros de Victoriano del Rio maniables mais manquant de jus, sauf le dernier, qui comptera comme un grand toro du cycle, et un P. Lozano, lourd et statique, lidié après que le titulaire troisième eut été refusé pour une supposée boiterie. Rincon ovation, silence et silence. Castella oreille, salut et deux oreilles. Le résultat d’une feria tient décidément à peu de chose ; au cas d’espèce, à un toro. Si le cardeno sorti en sixième s’était éteint aussi vite que ses frères, la déception l’aurait emportée. Il est resté allègre et mobile jusqu’à la fin en conséquence de quoi chacun s’est retiré persuadé d’avoir vu une belle course.
Le premier poussa avec classe mais s’étégnit sous la seconde pique. Il sortit de l’épreuve très court de charge et Rincon dût employer toute sa science des terrains pour tenter de le relancer. Il parvint à lier d’estimables séries principalement à droite. Pour forcer un succès qu’il sentait lui échapper il se lança dans un hasardeux recibir qui lui valut une bousculade. Il dut recourir au descabello et la pétition qui suivit ne vint pas à bout des réticences du président. Il accueillit son second par un farol, puis, pour lui conserver quelque allant, lui épargna tout châtiment dès le premier assaut. Précaution inutile puisque le président de service, omniscient es qualité, refusa le changement au maestro. En relation avec cette surcharge de châtiment ou non, il est de fait que le toro gratta beaucoup avant de charger et  qu’il se cantonna dans la défensive alors qu’il paraissait dédié à un combat plus brillant. Rincon l’exécuta d’une demie lame et d’un descabello. Silence. Le cinquième se jeta avec engouement sur le cheval et, sans considération pour la morsure du fer, poursuivit son action jusqu'à s’épuiser dans l’exercice. Toute l’arène prit note de son fléchissement accusé à la sortie de la première pique, sauf le doctoral président de service qui refusa le changement au professeur Rincon. Il arriva à la muleta en baissant la tête mais en restant court puis s’étégnit vite. Cette fois, contre la sottise présidentielle, toute la science de Rincon ne put rien. Il en finit dignement d’un pinchazo et d’une entière. Silence.
Le second s’engouffra sous le peto et mit les reins au point de déséquilibrer dangereusement le cheval. Le président de service, omnipotent par délégation, ne fit pas plus cas de la demande de Castella que de celles de Rincon et exigea un châtiment complémentaire. Après deux spectaculaires cambios, donnés au centre de la piste, le biterrois dut composer avec une charge courte et tenta de conserver de la fraîcheur à son adversaire en le guidant sans baisser la main. La faena en résulta un peu heurtée mais, après un pinchazo, une entière efficace emporta la pétition et fit tomber l’oreille. Le Pablo Lozano se réveilla sous le fer où il s’engagea avec conviction, mais sa détermination fléchit lors de la seconde rencontre. Dès le troisième derechazo il mit à l’épreuve son matador sans réussir à le faire rompre.  Dès lors Castella prit l’avantage ; hélas, le spectacle ne gagna guère car, corrélativement, le Victoriano del Rio cessa toute collaboration active et force fut d’en finir. Pinchazo, entière et descabello. Salut. Cornes baissées, le beau burraco dernier se laissa mener au centre par véroniques. Au vu des qualités démontrés dans les leurres, sa prestation face au picador déçut en peu. Aux cris de « Sebastian, Sebastian » venus du public, Castella l’attaqua par de stoïques statuaires suivi de derechazos donnés en plein centre. A droite comme à gauche le burraco racla le sol de son mufle, permettant à l’enfant chéri du public français de donner la meilleure interprétation de son toreo. Après avoir classiquement dominé dans les bonnes distances, il tenta un numero d’encimisme qui lui fut refusé par le Victoriano. Il tua d’une entière en avant d’effet rapide qui emporta l’adhésion de tous. Deux oreilles et sortie par la porte des consuls. 8 à 9000 personnes. Vent résiduel. Final tricolore qui vient après d’autres en divers points des terres taurines.
Frédéric Pascal. Voir reportage Isabelle Dupin.

DAX : PADILLA DEUX, PONCE ZERO

Triomphe de Padilla
Toros de Samuel et Agustina Lopez Flores (4 et 5), correctement présentés (506 à 570 kilos annoncés) mansos et manquant de bravoure dans l'ensemble à l'exception du second qui a pris deux bonnes piques. Les troisième et cinquième furent nobles, le dernier fade mais se laissa faire. Enrique Ponce salut après avis, silence après avis et division d'opinions après avis. Juan José Padilla salut, oreille et oreille avec sortie en triomphe. Logiquement au vu de l'état de forme actuel des deux toreros Padilla s'est imposé lors de ce mano a mano atypique au cours duquel Ponce a confirmé son déclin.
Après avoir commencé prudemment sa faena face à son premier au port de tête désordonné, Ponce donna de bonnes séries des deux côtés, conservant toutefois une prudente distance. Face à son second, quelques détails relevèrent un ensemble flou et sans émotion. Face à son dernier il fut de nouveau ennuyeux, plaçant quelques détails que le public jugea insuffisants. Il tua mal ses trois adversaires, donnant l'impression qu'il lui est devenu impossible de s'engager épée en main.
Après avoir salué à l'invitation du public, Padilla reçut son premier par trois largas, assura un bon tercio de banderilles puis dût abréger face à un adversaire collé aux planches. Face à son second brindé à Ponce, il offrit une faena à mi hauteur sans grande profondeur conclue d'une entière foudroyante après pinchazo, la première valant l'oreille à elle seule. Face au dernier enfin, il réveilla le sympathique public dacquois en recevant de nouveau par deux largas et en amenant son adversaire au cheval par chicuelinas. Nouveau tercio de banderilles sans brio, puis faena volontaire et rapide, terminée par une série de manoletinas qui soulevèrent l'enthousiasme. Nouvelle grande estocade au second essai qui firt tomber la seconde oreille, propulsa Padilla par la grande porte et le public au coin du feu. Grand beau temps quoique frais à partir du quatrième, neuf dixièmes d'entrée.
Roland Costedoat. Voir reportage Philippe Gourgues.


VIC : OREILLE POUR LE SANTO

Triomphe du Santo
Erales des frères Gallon, très bien quoique inégalement présentés, encastés les cinq premiers, manso le dernier, compliqués les deux premiers, bon sur la corne droite le troisième, excellents les quatrième et cinquième, compliqué le dernier. Juanito Ortiz vuelta, Marco Leal silence et silence, Joao Fera sifflets, El Santo oreille et ovation. Santo a remporté le prix au triomphateur, Ortiz celui à la meilleure estocade. En matinale, dans un cartel remanié suite à deux forfaits, Fera et Ortiz ont combattu deux bons erales de Gallon (lignée Sampedro).
Passons vite sur le portugais Fera qui explosa en vol face au troisième, grand mais excellent, par manque de volonté plus que de technique. Juanito Ortiz commença bien face au premier mais fut accroché trois fois de vilaine manière ensuite par un adversaire vite avisé. Il tua d'un coup d'épée porté avec foi. Marco Leal se battit crânement face au second
qui fut compliqué et l'accrocha à deux reprises, puis se montra un peu pressé face au bon cinquième. Dans les deux cas il fut laborieux épée en main. Le premier du Santo possédait une bonne corne droite et pas une passe à gauche. Avec à-propos le Santo exploita bien la bonne et démontra le danger de la mauvaise avant de laisser, comme à son habitude, un coup d'épée somptueux. Le dernier, manso et armé large, fut très incommode en raison de sa propension à marcher et de son manque de fixité. Santo essaya puis tua vite. Santo et Marco Leal banderillèrent seuls puis ensemble avec des fortunes diverses. Un millier d'aficionados, ambiance conviviale, temps ensoleillé. Valérie Lhéraud. Voir reportage André Viard..

PLACES À CEDER

Pour samedi 17 septembre à Nîmes, à la corrida mixte du matin et à la despedida de Meca lors de la corrida de Samuel Flores du soir. Torils bas A, rang 1 (autrement dit en barrera).
clairegiuli@hotmail.com
Pour Nîmes également : 2 Toril Bas A 1er rang (barreras) pour la corrida mixte du samedi matin - 04.66.84.10.90

TISSONS DES LIENS

Afin de compléter la rubrique "liens" du site, nous invitons les organisateurs, clubs taurins, professionnels ou particuliers à nous communiquer l'adresse de leur site. contact rédaction

contact rédaction

 









imprimez cette page