LES ABSENCES QU'ON REGRETTE


De toutes les ganaderias dont nous a privé cette année la langue bleue, celle que l'on regrettera sans doute plus que les autres au vu des résultats obtenus durant la présente temporada est celle de Fuente Ymbro qui hier encore a vu un de ses toros grâcié à Murcia.

L'histoire se répète puisque déjà l'an passé Ricardo Gallardo avait connu cet honneur dans les mêmes arènes - "Hechizo" étant grâcié par Pepin Liria - avant de lidier à Nîmes une excellente corrida dont les toreros, à part le Juli, n'avaient pas tiré tout le parti possible. Cela arrive parfois, et lorsque, comme hier, c'est un torero "de la casa" qui réalise l'exploit, celui-ci n'en est que plus agréable pour le ganadero.

Car Miguel Angel Perera, chacun le sait, est depuis longtemps déjà un protégé du ganadero qui voit en lui une des grandes figuras de demain
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Chez ses toros que cherche ce ganadero ? La vérité avant tout, celle qui résulte de la caste d'un toro brave qu'il faut d'abord dominer avant de toréer "a gusto". Cas peu fréquent dans la profession, Ricardo Gallardo n'hésite d'ailleurs pas à dire qu'il se considère avant tout comme un aficionado et que sa ganaderia est un hobby... longtemps coûteux, que lui ont permis d'entretenir ses affaires florissantes dans l'industrie de l'ameublement.

Une anecdote, parmi bien d'autres permet de situer l'homme. Cet été, après avoir lidié en août une novillada extraordinaire dans la petite ville de Blanca, il décida d'y implanter un centre de distribution des meubles de sa fabrication pour toute la région du Levante. Et l'argent perçu pour la vente de la novillada extraordinaire, il l'offrit au maire de la ville pour son bureau d'aide sociale. Avec le spectacle de la bravoure de ses novillos, avoua-t-il sans faire état du cadeau qu'il venait de faire, il s'estimait suffisamment payé !


André Viard