lundi 12 septembre 2005


EDITO


LE JOUR DES HUMBLES


Par une heureuse conjonction d'éléments irrationnels par excellence, il arrive parfois que les figuras oublient de triompher, laissant la place à la une aux humbles du mundillo, toreros ou ganaderos, qui pour un jour ont le bonheur de faire parler d'eux. Voir édito d'André Viard


ACTUALITE


ACCIDENT MORTEL AU CAMPO

Alors qu'il procédait à des opérations d'embarquement d'un toro pour la corrida concours de Cortegana dans la province de Huelva, Jesús de la Fuente, mayoral de la ganaderia de Guillermo Acosta, est tombé dans un corral où il a été criblé de cornadas. Il était âgé de cinquante ans et n'a pas survécu à ses blessures.

ARLES : OREILLE POUR JOSELITO ADAME

Larga de Savalli au second Margé
Novillos de Margé, mobiles, maniables mais piquants, pour Sergio Serrano salut et salut. Mehdi Savalli vuelta et salut, Joselito Adame oreille et silence. Le ganadero peut être satisfait avec un encierro sans gros déchets. Serrano toucha le meilleur puis un incommode, Savalli les deux plus piquants et Adame s’expliqua avec deux  médiocres.
 Le premier se défendit avec hargne de la morsure du fer, puis mangea du leurre sans jamais parvenir à satiété. Au crédit de Serrano il convient de noter que ce dernier, bien qu’ayant tardé à découvrir la meilleure corne (gauche), veilla scrupuleusement à lui conserver ses bonnes dispositions. Avec un peu plus de réussite à l’épée, il aurait pu couper, mais dut se contenter de saluer après plusieurs pinchazos et une entière.  Son second humilia beaucoup dans les capes, mais révéla un fond de genio en cherchant à contourner le cheval. A la muleta il développa une très gênante propension à couper son effort au moment de la juridiction. Serrano fit dignement front et le relança autant que possible. A la mort il se jeta plusieurs fois dans les cornes mais joua encore de malchance. Salut. 
Epargné aux piques le second ne put s’exprimer à ce chapitre, mais, accueilli  par quatre faroles, dont deux au plein centre de la piste, il se montra brillant face aux capes et aux banderilles. A la muleta, à la sortie d’un cambio ajusté, il se retrouva cul aux chiqueros et changea radicalement de comportement. Savalli s’échina à le lidier dans ces terrains. Le résultat fut plutot heurté, mais un beau volapie lui valut une forte pétition qui se brisa sur le palco. Vuelta. Le cinquième poussa en brave en appui sur ses quatre sabots. A trop vouloir s’imposer Mehdi oublia que la tauromachie est surtout affaire de subtilité et d’adaptation.. Bien que méritoire sa faena manqua totalement de réussite y compris à la mort. Salut. L’habileté, le charisme et la détermination de Savalli devraient le mener loin, à la condition qu’il apprenne que l’art de birlibirloque, comme l’intelligence, est l’art du détour. Passer droit, en force, se heurtera toujours à la puissance, autrement plus brutale et imparable, des toros. 
Le troisième poussa le cheval sans fougue mais dans un bon style. Il arriva tardo et court de charge dans la muleta d’Adame dont le sang froid et la technique défensive firent merveille. Il inventa la faena optimum qui correspondait à l’animal. Entière tendida, longue à faire effet. Une oreille. Le dernier se comporta sans classe ni fijeza aux piques et coupa beaucoup de terrain aux banderilles. Adame lui prit le dessus en le toréant à mi hauteur à gauche, mais perdit le contrôle de la situation à droite avant que son adversaire ne se décompose. Il insista sans bonheur et finit sur une petite déroute au descabello. Silence. 
Belle entrée. Savalli et Adame  ont banderillé avec fougue et précision. Frédéric Pascal. Reportage Isabelle Dupin.

ARLES : CONCOURS SANS LAUREAT, OREILLE POUR MECA ET ROBLEÑO

Toro de Tardieu
Stéphane Meca oreille et silence, Luis Miguel Encabo silence et division. Fernando Robleño vuelta et oreille.
La corrida concours a tourné au concours de mauvaises manière entre les divers représentants des ganaderias  protagonistes. Seul le toro de Piedras Rojas (Laugier) s’est laissé faire, tous les autres n’ont eu de cesse de tenter d’échapper à leur destin de toro de combat. 
Après que le toro d’Alipio Perez Tabernero eut été refusé par la commission taurine, et son remplaçant, un Santos Alcalde, renvoyé aux corales pour boiterie, sortit en piste un Tardieu récalcitrant, qui mit les piétons à l’épreuve. Il attaqua le cheval Quince par trois fois, se défendit de la tête lors des deux premières rencontres, puis abandonna ce défaut lors de la dernière. Ses carences en fondamentaux  se firent plus évidentes à la muleta, où il se laissa facilement tromper, mais en ne donnant que des charges courtes et sans engagement.  Meca s’en accommoda lors d’une longue et plaisante exhibition conclue d’une entière d’effet immédiat. Une oreille.
Circonspect et économe de lui même, le Yonnet sorti en quatrième position ne fit illusion que le temps de sa première rencontre avec  le groupe équestre. Meca ne se laissa pas rebuter par sa médiocrité et tenta d’en faire un partenaire présentable. Rien n’y fit !  Il échoua même épée en main. Silence. 
Comme le laissait prévoir sa morphologie, l’avacado Salustiano Galache refusa de baisser la tête. Il s’élança promptement sur Icône, pour, chaque fois, tenter de contourner l’obstacle, puis lacérer le peto de ses cornes. Avec beaucoup de technique et de courage, Encabo lui vola une paire de série potables avant de s’en débarrasser d’un pinchazo, entière tendida et de divers decabellos. Silence.
Son second, le Tardieu aux cornes démesurées, afficha d’entrée les plus mauvaises manières. D’abord anodin il se grandit sous le fer. Son naturel de mauvais garçon reprit le dessus et il joua des cornes comme de dagues dans la muleta du vaillant Encabo. Après avoir crânement fait face à l’adversité il s’en défit d’un tiers de lame de six descabellos. Division d’opinions. 
Le manso de Miguel Zaballos sorti en troisièmeétait aussi haut qu’un cheval. Il créa la surprise en gardant la tête basse entre les passes. Après être sorti seul de la première rencontre avec les picadors, il poussa et enfonça Paco contre les planches avant de sortir seul des trois rencontres suivantes. En dépit de caractéristiques morphologiques inadaptées à ce type d’exercice, sa capacité à baisser la tête offrit à Robleno l’opportunité d’une faena émouvante et spectaculaire. Surnagèrent quelques naturelles conduites main très basse. A la seconde tentative il sauta sur le morillo pour enfoncer une entière qui nécessita le recours à plusieurs descabellos. Vuelta très applaudie.
Très engagé à la poursuite des leurres, le Piedras Rojas poussa puis sortit seul lors de 4 rencontres mal préparées. Malgré la lidia décousue il arriva abordable au troisième tiers et le petit Robleño se grandit encore dans l’affrontement. Mains basses et muleta très avancée, il s’imposa à lui et ne rompit jamais sous la vivacité de ses arancada. Il   gagna ainsi le coeur du public arlésien qui ne lui en voulut pas d’une entière atravesada et força la main du président pour obtenir l’oreille.  Le prix du meilleur toro n’a pas été attribué. Le prix du meilleur picador est revenu à Manuel Cordero de la cuadrilla de Meca pour son labeur au premier toro. Le prix du meilleur torero est allé à Fernando Robleno. Petite entrée ; où étaient les gros bataillons toristes ?
Frédéric Pascal. Reportage Isabelle Dupin.

"MON ARLES DU RIZ"

De ces deux jours de Feria du Riz 2005 on retiendra l’exceptionnelle leçon d’art tauromachique dessinée sur le sable du vieil amphithéâtre arlésien par Morante de la Puebla le premier jour. Des craintes lors de la réception de son premier puis, doucement, comme chez lui voilà notre Andalou qui dessine des arabesques sur celles dessinées sur le sable par Christian Lacroix ! Arrachées, enchaînées, belles à en faire rugir certains, Morante arbore un sourire qui en dit long sur son envie qu’il répètera d’ailleurs face à son second. Pas de trophées mais c’est égal, on a ces images en tête. On garde aussi le grand Cesar Rincon qui fera preuve de maestria et de Jean Baptiste qui se battra comme un lion (d’Arles bien sur) pour construire une seconde partie de faena extra face à des gradins quasiment pleins. Dimanche matin trois jeunots affronteront un lot coloré de Robert Margé pourvu de piquants pour au moins deux d’entre eux. Serrano passera peut être à côté d’un franc succès face à son bon premier. Medhi Savalli, le régional de l’étape, étalera encore son envie tant au capote qu’aux palos mais restera en deçà notamment de son premier qu’il a, pourquoi que diable, laissé dans sa querencia. Adame avait envie … de couper une oreille. L’après-midi Meca se retirait en coupant la dernière oreille de sa carrière de vingt ans sur les bords du Rhône alors qu’Encabo s’envoyait un haut, laid, long et avacado bestiau de Galache. Son second s’éteindra aussi vite que tombait la lumière. Palme donc à Robleño pour ses deux morceaux guerriers et l’ultime oreille de cette cuvée 2005 n’était que justice L'ultime course de la feria du Riz a laissé un beau moment d’émotion avec la minute de silence en mémoire de Charles Farine, décédé dans la nuit. On ne le verra plus déambuler dans les callejones, sa lourde valise en fer à l’épaule, le sourire rivé aux lèvres. Charles aurait souhaité fixer sur la pellicule les adieux de Fernandez Meca aux Arlésiens. Hélas le destin en a décidé autrement laissant maintenant le soin à sa fille Valérie de poursuivre inlassablement la quête photographique sur la planète des toros. Pierre Charrain

DAX : OREILLE POUR CAMILLE JUAN

Saut périlleux vrillé de Vergonzanne
Quatre novillos d'el Risco, tous colorados, bien présentés, braves au cheval (le premier a fait chuter la cavalerie), faibles, manquant de fond et de noblesse. Carlos Gallego salut et salut, Camille Juan salut et oreille. Nicolas Vergonzanne, champion de France des sauteurs en titre quoique retiré, a fait un saut périlleux vrillé sur le second novillo. Carlos Gallego a montré beaucoup de métier face à un premier court de charge. Face au troisième, très compliqué, il dut abréger d'une bonne estocade. Moins expérimenté que son compañero qui torée en piquée depuis 1999, Camille Juan s'est fait promener par le second qui fut compliqué, puis a été mieux face au dernier, le plus abordable quoique éteint très vite, qu'il a tué d'une excellente estocade laquelle a fait tomber l'oreille. En prélude à la novillada des "triomphateurs de la temporada", Julien Dusseing "El Santo", qui n'avait pu se produire la veille en raison de la pluie, a bien toréé un eral noble mais très faible auquel il a donné une estocade foudroyante après un pinchazo. Roland Costedoat. Voir reportage.

DAX : MANO A MANO REPORTE

En raison des pluies continues qui sont tombées sur Dax hier, le mano a mano a été reporté à dimanche prochain en accord avec les apoderados de Ponce et Padilla, le Cid sortant définitivement du cartel en raison de sa luxation du coude qui devrait le tenir éloigné des ruedos durant trois bonnes semaines... et lui éviter de devoir combattre comme prévu six toros à Séville lors de la San Miguel.

ARANDA DE DUERO : GALLO A HOMBROS

Toros de Victoriano del Río, décastés et faibles à l'exception du dernier qui fut noble et brave. César Rincón applaudissements et silence, El Cordobés applaudissements et oreille, Eduardo Gallo oreille et oreille avec sortie a hombros finale.

SALAMANCA : TRIOMPHE DE IKER COBO

Novillos de Hoyo de la Gitana très en santa coloma, bon le quatrième. Íker Cobo applaudissements et deux oreilles, Francisco Javier Corpa oreille et ovation, Ambel Posada oreille et vuelta. Excellente faena du novillero local Iker Cobo qui a montré beaucoup de temple et de maturité.

BARCELONE : OREILLE POUR FERNANDO CRUZ ET ALFONSO CASADO


Quatre toros de Ramón Flores, noble le second, compliqués les autres, et deux de Sepúlveda lidiés en quatrième et dernière position décasté le premier, excellent l'autre. Luis de Pauloba silence après avis et silence après avis, Alfonso Casado oreille après avis et silence après deux avis, Fernando Cruz silence et oreille. Fernando Cruz a coupé une oreille importante face au meilleur toro de la corrida.


EXPO À BAYONNE

Jorje expose à la peña taurine bayonnaise du 16 septembre au 25 octobre. Le vernissage est prévu le vendredi 16 à 19h30. http://www.jorje.fr

GALERIE TAURINE

Sur galerietaurine.free.fr, Marc Pinon propose une galerie taurine originale où les aficionautes peuvent découvrir son travail.

PLACES À CEDER

Pour samedi 17 septembre à Nîmes, à la corrida mixte du matin et à la despedida de Meca lors de la corrida de Samuel Flores du soir. Torils bas A, rang 1 (autrement dit en barrera).
clairegiuli@hotmail.com

TISSONS DES LIENS

Afin de compléter la rubrique "liens" du site, nous invitons les organisateurs, clubs taurins, professionnels ou particuliers à nous communiquer l'adresse de leur site. contact rédaction

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