LE CALIFAT D'ALÉS



Toutes proportions gardées, le président du CRAC me fait irrémédiablement penser à cette baudruche pitoyable qu'est le chef du groupe islamique armé Boko Haram, Abubakar Shekau, qui vient de proclamer un "califat islamique" à Gwoza, une ville du nord-est du Nigeria.

L'un comme l'autre savent qu'à un moment ou à un autre ils vont se faire vitrifier, l'un au sens propre, l'autre au figuré, mais tout à la rage de leur dialectique creuse, ils s'enfoncent chaque jour dans leur logique de haine, en finissant par croire que leurs fantasmes peuvent devenir réalité.

La réalité est que le CRAC est au bout du rouleau, qu'il ne dispose plus que d'une poignée de gariguettes fanatisées pour entretenir le gourou dans sa mégalomanie pathétique (la centaine de manifestants revendiqués se résume à seize clampins s'agitant en piste au milieu des fumigènes comme on peut le vérifier sur la photo de Christian Sirvin), et que derrière lui on commence à se bousculer pour occuper sa place.

Il suffisait de voir le sourire gourmand du vice-président dans les medias, pendant que le président purgeait sa garde à vue de 24 heures, pour comprendre que l'on est en train d'assister à un passage de témoin devenu inéluctable dans la perspective des condamnations qui ne manqueront pas de tomber.

Le coup de main de Maubourguet, c'était l'ultime occasion de Garrigues, avant ses rendez-vous avec les juges en septembre, de raviver la flamme chez ses anciens suiveurs et de retrouver quelque crédibilité auprès de la presse. Mais même cela il l'a raté, lui si prudent d'habitude, en se faisant cravater comme un bleu au moment où les micros allaient se tendre, laissant la place toute chaude à l'un de ceux qui rêvent de le remplacer.

Calife à la place du Calife, tel était aussi le rêve d'Iznogoud, mais on sait qu'il ne se réalisa pas davantage que ne va se réaliser celui du vice président du CRAC. La raison en est simple : il ne suffit pas de proclamer un califat pour qu'il existe. Et si celui du chef illuminé de Boko Haram croulera bientôt sous les bombes, c'est sous les condamnations que le CRAC s'effondrera.

André Viard