BB EN PRISON ?




Après que le parquet de Dax ait ouvert une instruction pénale pour "organisation sur la voie publique d'une manifestation sans déclaration préalable" (délit puni de 7500 euros d'amende et six mois de prison), la question qui risque de tenir en haleine la France entière est celle de savoir si Brigitte Bardot finira en prison.

Il ne s'agit bien sûr pas ici de se substituer à la Justice, mais il n'est pas inutile de rappeler les faits et de les étayer par les déclarations des principaux protagonistes, dont celle de Christophe Marie, porte-parole de la Fondation Brigitte Bardot, qui a déclaré à notre confrère Sud-Ouest : « Nous avions prévu une action depuis plusieurs mois, mais jusqu’au dernier moment, nous avons caché la destination finale. »

L'aveu ne peut être plus explicite : la descente des casseurs a été décidée, préparée, préméditée, organisée et probablement financée par la Fondation Brigitte Bardot dont la présidente a elle-même fait quelques déclarations fracassantes durant les deux semaines précédent les faits, écrivant notamment au maire de Mimizan, sans doute pour brouiller les cartes : "la mobilisation est forte, le ras-le-bol et l'indignation des militants aussi".

Il revient maintenant à la Justice de déterminer quelle est la part exacte de responsabilité de chacun des décisionnaires au sein de la Fondation. Considèrera-t-elle que la présidente fondatrice est la principale donneuse d'ordre, ou fera-t-on payer plutôt quelques lampistes ? Le suspens promet.

Ce qui fait moins de doute est le sort qui sera réservé aux têtes pensantes du CRAC, co-organisateurs de la descente des casseurs, et présents en outre sur les lieux, tels Jean-Pierre Garrigues, qui est notamment monté sur le camion des toros pour tenter de les lâcher dans le village, Laurent Goulefer ou Carole Saldain Da Silva. Pour eux, outre le délit d'organisation, risque de s'ajouter celui de participation et l'addition promet d'être salée au regard de la diversité des plaintes supplémentaires qui vont être déposées en début de semaine prochaine.

Par ricochet, l'affaire de Rion pourrait en outre éclairer de manière édifiante le dossier de Rodilhan : mêmes protagonistes, même mode opératoire, même absence d'autorisation de manifester et même intention de porter atteinte à la liberté culturelle des aficionados. On ne voit pas comment, aujourd'hui, grâce à l'éclairage qu'offre cette récidive, le parquet de Nîmes ne considèrerait pas l'affaire qui est toujours en cours d'instruction sous un angle nouveau et davantage conforme à la réalité des faits.

Dans les prochains jours, l'identité de l'ensemble des casseurs, heureusement relevée par les gendarmes à leur descente du bus, permettra en outre de prendre la mesure de la dérive d'un mouvement dont l'histoire va s'inscrire désormais dans la rubrique judiciaire et dont l'avenir semble bien compromis : pour plus de 70% des lecteurs ayant répondu à une enquête du journal Sud-Ouest, "la violence des anti corrida est très négative pour leur cause".

À ce propos, comme on pouvait s'y attendre, les antis multiplient les votes pour essayer d'infléchir la tendance. Ce serait bien que les aficionados votent aussi ici.

André Viard