GORA FUNDI


Je ne sais pas combien de temps le Fundi restera en piste, ni quelles sont ses intentions. Ce que je sais, c'est qu'il y a de long mois qu'il ne s'était pas autant ressemblé à lui-même qu'hier à Azpeitia.

Dire que le Fundi a vécu ces deux dernières saisons les années probablement les plus difficiles de sa longue carrière n'étonnera personne : après le malheureux accident de cheval qui aurait pu avoir des conséquences fatales, les cornadas graves se succédèrent - ceci expliquant certainement cela - et le torero perdit son sitio.

Suivit un long chemin de croix, au cours duquel, aux difficultés qui semblaient être devenues insurmontables que lui présentaient ses adversaires, le Fundi répondait par des efforts vains, donnant l'impression d'un torero s'entêtant à livrer le combat de trop, au risque d'entacher sa glorieuse carrière.

Il faut mettre au crédit de l'aficion d'avoir respecté le torero malgré ses contre performances, ce qui en dit long sur sa capacité de mémoire et sur l'affection que celui-ci sut se gagner, en combattant, année après année, les corridas les plus difficiles de la planète, et en devenant, au terme d'un long parcours semé d'embûches dans lequel le marché français ne l'abandonna jamais, le maestro és corridas dures que l'on sait. Jusqu'à ce fichu accident qui eut les conséquences que l'on sait.

Hier, pour la première fois peut-être depuis cette maudite chute, le Fundi a donné l'impression d'être redevenu celui qu'il fut, de manière progressive, comme si chaque passe réussie en appelant une autre, cette second faena avait été pour lui une sorte de rédemption. Chant du cygne ou nouveau départ ? Lui seul sait ce qui se passe dans sa tête, mais aux aficionados, il a rendu l'espoir de le voir renaître.

André Viard