LE COL DE BILBAO



Tandis que le gros du peloton semble avoir renoncé à disputer les premièrs places à ceux qui les occupent solidement, la feria de Bilbao constitue pour ces derniers la dernière grande épreuve de la temporada, exception faite de Logroño et Zaragoza où sort aussi le toro-toro.

Mais pour une raison ou pour une autre, Logroño et Zaragoza ne comptent pas, soit parce que les figuras qui peuvent se le permettre n'y vont pas, soit parce que même si elles y vont leur date tardive n'en fait au mieux qu'une tournée d'adieux jusqu'à la prochaine saison.

Le dernier col, donc, est bien celui de Bilbao, où, si le toro est mieux typé qu'autrefois et le public beaucoup plus courtois, une présidence rigoureuse maintient les formes grâce à un règlement particulier au Pays Basque, selon lequel ne peut sortir a hombros que le torero qui a coupé deux oreilles d'un même toro. Ce qui explique que les triomphes véritables soient rares et que couper ici une oreille, voire deux fois une, soit considéré comme une performance remarquable.


Les aficionados les plus anciens n'en démordent pourtant pas : triompher ici aujourd'hui est bien plus facile qu'autrefois. Ce dont les toreros ne se persuadent pas, pour qui le toro de Bilbao demeure un référent équivalent à celui de Madrid ou de Pamplona.

Autant dire que si l'on veut voir les figuras à leur meilleur niveau et face à des adversaires respectables, c'est ici qu'il faut être. Nous y sommes donc.

André Viard