AFICIONADOS D'APRES-DEMAIN


N'en déplaise aux abolitionnistes, les enfants des terres taurines qu'ils voudraient interdire d'arènes ont aussi leur point de vue. Hier à Rion, Ana, huit ans et demi, a retranscrit ainsi la novillada qu'elle a vu... Première reseña !


"Numero 1. Le premier taureau été très gros mais très bon c'était un taureau de rêve ! Et le torero Patrick Villebrun.
Numéro 2. Le toréro Pablo Léchouga. Le taureau été blanc et noir, et le front frisé et c'été n'importe quoi ! Meilleur que le matador.
Numéro 3. Le toréro Callita. Le 3ème taureau été hyper gros et courait trop vite. Banderilleros nul
(NDLR souligné).
Numéro 4. Le toréro Villebrun. le toreau été assez gros et le front frisé. 6 belles banderilles. Toro 20/20.
5ème / Il été bien.
6ème. Parfait Javier Calita.
J'ai beaucoup aimé Calita. Mes taureaux préférés été le 1er et le dernier."


Avec son chien en peluche à côté d'elle et son cahier d'écolière sur ses genoux, Ana a finalement retranscrit l'essentiel de la course, insistant sur la qualité des toros et passant sous silence la discrétion des toreros hormis Calita qui a enchanté tout le monde. Pourquoi ? Parce qu'à l'image de tous ceux que la tauromachie attire, c'est avant tout par les toros qu'elle a été subjuguée. Comment pourrait-il en être autrement alors que depuis l'aube des temps c'est cette fascination qui explique la relation étroite tissée entre l'homme et le taureau ? Si le premier combat l'autre, c'est pour s'approprier ses vertus. Force, bravoure, virilité, puissance...

Et il ne saurait y avoir de vraie victoire si le combat n'est pas beau. La mort, on le comprend, n'est donc pas la fin ultime. Ce qui importe, c'est la manière de la donner. Avec honneur, courage, honnêteté... "Parfait Javier Calita" a écrit la petite revistera en herbe à qui nul n'a jamais expliqué ce qu'elle voyait en fait pour la première fois.


André Viard