FERIA DE RION

CALITA A HOMBROS, VUELTA POUR UN VALDEFRESNO

Irréprochables de présentation, les novillos de Valdefresno ont survolé cette après-midi rionnaise. Le mexicain Javier Calita a su mettre en valeur les superbes embestidas de ses adversaires, démontrant ainsi à ses compañeros la voie qu’ils auraient du suivre. Les premier, troisième, quatrième développèrent bravoure et noblesse avec de la classe dans les charges museau au ras du sol, un vrai régal pour les toreros. Les deuxième et cinquième furent les plus compliqués mais auraient permis des ouvrages limpides avec une muleta autoritaire. Le sixième fut le joyau de la tarde : un novillo lourd, armé bas qui répétait les charges inlassablement, avec classe et vibration ; du caviar.

Force est de reconnaître que Patrick Villebrun tente de calquer son toreo sur celui de Castella et que cette voie ne fut pas la meilleure pour tirer tout le parti des lisardos salmantinos. Accroché à plusieurs reprises par son premier, il fut poussé au replacement par son second qui l’obligeait, à chaque début de série de derechazos, de reculer d’un mètre pour lui montrer l’endroit exact ou il devait enchaîner le second muletazo. Ajoutez à cela la froideur du jeune garçon et son fracaso à l’épée avec une demie épée puis un tiers, un descabello et un avis devant son premier. Un pinchazo, une demie lame contraire, sept descabellos, un avis au second. Résultat : deux silences avec applaudissements aux deux dépouilles.

Pablo Lechuga fut un peu moins bien servi. Son premier le mettra en difficulté sur les deux bords et il s’en débarrassera d’une demie tendida, un pinchazo et six descabellos avec avis, silence. Son second est un peu faible mais Lechuga n’a pas trouvé le bon sitio pour résoudre le peu de problèmes posés par son opposant. Demie épée tendida, pinchazo hondo, deux descabellos. Silence.

Le surprenant Javier Calita aura touché le meilleur lot de l’après-midi. Calme et appliqué au capote face à son excellent premier, il démontrera de bien belles qualités muleta en mains. Les derechazos sont longs et profonds et à gauche sa muleta aspire le novillo pour l’envoyer loin derrière. Pinchazo, entière basse, un descabello, oreille. Le lourd dernier, un véritable toro, embiste avec clarté dans la cape du mexicain. Calita ne laisse pas passer l’occasion de mettre en valeur ce novillo. Il l’entraîne dans un tourbillon de passes harmonieuses et sincères. Le ballet va à mas et le novillo suit le leurre comme hypnotisé. Un changement de mains de toute beauté clôture la faena, conclue d’un bajonazo, une oreille et vuelta posthume ô combien méritée à « Bilanero ». Vuelta également triomphale pour Nicolas Fraile en compagnie du novillero qui sortira à hombros des arènes de Rion. Lampions et pluie au cinquième novillo, arène pas tout à fait pleine, température un peu fraîche pour la saison. Jean-Paul Campistron.


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