LES RIGUEURS DU REGLEMENT


En interdisant au novillero El Vitoriano de prendre l'alternative aujourd'hui chez lui, le gouvernement basque ne fait qu'appliquer le règlement...

Celui-ci précise en effet dans son article 27-1 que pour pouvoir prétendre à l'alternative et au grade de matador de toros, un novillero doit pouvoir justifier avoir toréé un minimum de 25 novilladas piquées durant les deux précédentes temporadas.

Une obligation qui peut paraître difficile à satisfaire lorsque l'on connait les difficultés rencontrées par tous les novilleros non "protégés" par le système ou ne faisant pas partie de la très à la mode catégorie des "fils à papa", ou n'ayant pas quelque "parrain" fortuné prêt à payer ses études...

Car c'est bien de cela qu'il s'agit au fond : permettre à un aspirant matador d'apprendre son métier et d'acquérir une notoriété suffisante pour pouvoir devenir maestro à son tour... ce qui ne constitue en rien cependant une garantie de plein emploi comme chacun sait.

Trouver cette exigence anormale équivaut à protester contre le fait qu'il faille d'abord obtenir sa licence en droit avant de prétendre devenir avocat.

Le Vitoriano pensait bien avoir souscrit à toutes les exigences du règlement et se faisait une fête de devenir aujourd'hui matador de toros après avoir toréé la veille sa vingt-cinquième novillada piquée à Lodosa... malheureusement pour lui, après vérification expresse des services administratifs du gouvernement régional (qui manifestement n'avaient rien de plus important à faire), certaines de celles dont il a donné la liste n'avaient pas été enregistrées...

À sa place, c'est donc Perera qui défilera cet après-midi aux côtés de Juan Bautista et Matias Tejela face aux toros de Martelilla. Quant au pauvre Vitoriano, il ne lui reste plus qu'à compléter sa collection de novilladas... Vingt-cinq en deux saisons, ce n'est pas facile... Tous les laissés pour compte du système vous le diront...


André Viard