NOVILLADA DE RISCLE


MORAL A HOMBROS, OREILLE POUR SANTO, BLESSURE POUR LEAL

Avec un trapio homogène et des armures confidentielles, les novillos de Miranda de Pericalvo ont offert des embestidas d’une bonté incomparable et la totalité du lot permettait aux trois novilleros de poser une empreinte importante dans leur saison. Et ce fut Pepe Moral qui profita seul de l’opportunité. Plus bas, mais ronds et bien faits les trois premiers, plus lourds et plus hauts les trois suivants, les novillos salmantinos ont tous été nobles et suaves dans leurs charges et sans leur faiblesse latente on aurait pu assister à quelques vueltas posthumes. Les trois derniers, plus puissants, se montrèrent braves à la pique sur leur seule rencontre, le cinquième fit chuter spectaculairement la cavalerie. A noter que Marco Leal a reçu une voltereta lors de sa première pose de banderille devant son premier ; au premier abord il souffrirait d’une rupture des ligaments du genou droit mais il parviendra à tuer son novillo. Son second fut estoqué par Pepe Moral.

Pepe Moral, oreille, deux oreilles, et oreille, Marco Leal applaudissements, Julien Dusseing « El Santo », silence et oreille.

Pepe Moral fut particulièrement à son aise au capote. Il guide son premier jusqu’au centre en templant à merveille son premier. Malgré la faiblesse du novillo, Moral enchaîne les muletazos dans un terrain réduit sur les deux côtés. Plus à l’aise à droite, le sévillan égrène les derechazos autour de son corps et réduit les distances au maximum. Entière trasera mais efficace, oreille. Face à son second, même technique tremendiste qui obtient l’adhésion du public. Entière jusqu’aux ongles, deux oreilles. Face au dernier, brindé au frère de Marco Léal, Moral débute la faena par trois doblones magnifiques. Le reste de l’ouvrage sera copie conforme aux deux précédentes ; immobilisme, pivot sur le pied intérieur et muletazo sur une distance réduite. Et ça marche, le public est conquis, pinchazo, une superbe épée, le puntillero s’emmêle un peu mais l’oreille tombe.

Marco leal n’a pas eu le temps de nous prouver son talent. Pris de vilaine façon aux banderilles, il a reçu un plat de corne sur son genou droit faisant craindre une rupture des ligaments croisés et peut être plus. En trois muletazos sur une jambe, tout le monde avait deviné la noblesse fondante de son adversaire. Il réussira à l’occire avec courage dans une douleur physique perceptible. Applaudissements.

Le Santo traverse une mauvaise passe et on le sent bien au travers de ses placements hésitants. Plusieurs fois accroché face à son premier, il parviendra à délivrer quelques bons derechazos à un novillo noble mais faible. La confiance lui fait également défaut à la mort ; une entière, huit descabellos, un avis, silence. Face à son second, on sent un soubresaut au capote mais le novillo fait une vuelta de campana avant la pique. Loin d’être abattu, il se relève pour mettre en déroute la cuadrilla, renverse la cavalerie et continue ses courses vers tous les capotes qui se présentent à lui. A la muleta, Julien réalise quelques bonnes passes à droite mais donne un pasito atras sur le côté gauche. La faena manque de transmission mais l’estocade est limpide même si le novillo tarde à tomber, oreille. Sortie à hombros pour Pepe Moral et le mayoral de Miranda de Pericalvo. Temps spendide avec du 34° à l’ombre ou d’ailleurs tout le public se tenait, environ moitié arène. Jean-Paul Campistron.

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