L'AUTRE PARTAGE



Après avoir constaté la différence existante entre les arènes de petite et moyenne importance situées de part et d'autre du seuil de Naurouze, une autre particularité du marché français mérite d'être mentionnée.

Il s'agit de la différence abysmale existante au niveau des novilladas sans chevaux entre les deux régions citées : dans le sud-est, à peine une dizaine de courses dont une majorité produites par l'opération "Graines de Toreros" de Nîmes Métropole, par les arènes d'Arles et celles de Béziers, dans le sud-ouest, prés de quarante novilladas sans chevaux, la plupart de bon ou d'excellent niveau, toutes suivies par un public confortable et accompagnées par les nombreux prix distribués par l'association des organisateurs du Sud-Ouest.

Une manne financière que les triomphateurs reçoivent sous forme de prix en récompense de leurs performances. Et autant le dire, à ce niveau, entre un "superbe objet d'art confectionné par un artiste local" et une enveloppe de billets qui permet l'achat d'une cape ou d'une muleta, il n'y a pas photo.

Le paradoxe réside dans cette étonnante constatation : à l'ouest, de nombreux villages et villes font la promotion des spectacles de formation, mais c'est à l'est que fleurissent les principales écoles taurines avec celles d'Arles, Béziers et Nîmes. À l'ouest, rien de nouveau : on bricole comme on peut, on apprend à toréer sur le tas en compagnie de toreros ou au sein de l'école taurine de Hagetmau, performante sur le plan de la structure associative basée sur le bénévolat, mais beaucoup moins sur le contenu pédagogique.

Pour shématiser, et sans vexer personne, à l'est on apprend, mais c'est à l'ouest que l'on torée. Peut-être faudrait-il imaginer un échange des technologies taurines mises au point d'un côté et de l'autre pour aboutir à une meilleure répartition de ces deux richesses : l'acquisition du savoir et le moyen de l'exprimer. Hagetmau avait fait une tentative en ce sens en invitant l'école taurine d'Arles lors d'un stage d'une semaine. Mais ne serait-il pas possible de voir plus loin ? Ce que l'on fait à Nîmes, Arles ou Béziers en termes d'accompagnement des jeunes pousses au sein d'une structure bénéficiant de l'appui de professionnels ne peut-il être mis en place à Dax, Bayonne ou Mont de Marsan ? Personnellement je connais la réponse ainsi que quelques solutions.

André Viard