FERIA DE CARCASSONNE


LE MATIN : FINALE DU BOLSIN
VILLEBRUN MEILLEUR NOVILLERO


Pour cette finale du bolsin les organisateurs avaient préparé 3 erales de Pages Mailhan, très charpentés mais sans kilogrammes superflus.
Le premier, mobile et sain dans ses intentions, a permis à Patrick Villebrun une faena d'exception.
Très appliqué à s'inspirer de son modèle, José Tomas, il a réalisé un sans faute. Anticipant les retours intempestifs et maîtrisant toutes les charges, il sut rester très vertical, au plus près des cornes, tout en allongeant suffisamment les passes pour aérer sa faena. Il tua proprement mais sans brio d'une entière et deux descabellos. Oreille et prix du meilleur novillero qui lui valut de lidier le troisième novillo. Dans cet ultime exercice il fut moins inspiré; oubliant d'avancer la muleta, ce qui semble son défaut majeur lorsqu'il perd la maîtrise de la situation, et tardant à changer de main, au regard de son manque de réussite initial à gauche.
Vincent Cardo n'a pas été favorisé par le sort qui lui laissa en partage un manso gazapon impossible à fixer. Obligé de le poursuivre dans tous les terrains du ruedo il ne put donner de continuité à son travail.

L'APRES-MIDI :
DEUX OREILLES POUR EL JOSE


La novillada de  El Sierro est sortie avec la force juste et sans poser de problèmes majeurs pour les toreros. Les trois premiers collaborèrent sans conditions avec leurs matadors et les trois derniers demandèrent un peu plus d'engagement pour se soumettre.  El José, oreille et oreille. Jérémy Banty, silence et oreille. José Maria Lazaro, silence aux deux.

 Le premier chercha la sortie sous le peto, pendant qu'il subissait un simulacre de pique. Tête à mi-hauteur il  ne refusa aucun défi des piétons, répétant loyalement les charges à la demande. El José profita de cette disposition pour lui monter une faena superficielle, muleta tenue haute, dans un tempo endiablé, qui impressionna le public. Ce faisant il gaspilla les potentialité d'un novillo qui resta inédit par le bas. Il tua sobrement d'une entière habile et obtint une oreille. Le quatrième poussa sans classe, puis rechigna à se livrer. Le rythme de la faena s'en trouva moins enlevé, mais El José sut user de toutes les ficelle pour se faire applaudir. Après un pinchazos et une entière tendida, le public imposa un nouveau trophée. Une oreille.

La maturité de Jérémy Banty s'avère chaque jour plus évidente. Son premier poussa avec classe dans le peto, pendant que Gaben lui épargnait un réel châtiment. Alternant effets faciles et toreo profond, Banty composa une faena classique et globalement réussie. Il tua habilement d'un pinchazo suivi d'une estocade biasée et deux descabellos. Silence après avis. Le cinquième sortit seul dès qu'il sentit la morsure du fer. Il confirma sa condition de manso en fuyant le combat dès le premier muletazo. Puis, convaincu de la vanité de toute recherche d'échappatoire, lutta avec l'énergie du désespoir contre cette chose qui obérait la porte de sa liberté. Banty profita de l'aubaine avec intelligence. Muleta basse, il enchaîna les passes de qualités sur les deux mains. Il tua d'une entière portée avec foi, qui libéra une forte et légitime pétition de deux appendices; mais, comme hier, le Président resta sourd à la vox populi. Une oreille et deux tours de pistes très fêtés pour le novillero et sifflets au palco pour son manque de clairvoyance.

Le troisième poussa fort et droit, cornes perpendiculaires au peto sous deux piques. Muleta pertinemment proposée très en avant, José Maria Lazaro tenta le «toreo de verdad»; ce que ne put supporter son adversaire, qui réagit en réduisant progressivement ses charges jusqu'à finir arrêté. La mise à mort, par trois pinchazos et un descabelleo rafraîchit l'auditoire. Silence après avis. Le dernier se laissa chatier sans vraiment pousser. José Maria l'attaqua par de somptueux doblones, et poursuivit par des derechazos coulés liés à de profonds pechos. Après quelques rodillazos concédés à la galerie, il tual laborieusement de trois pinchazos, un tiers de lame et cinq descabellos. Silence après avis.

Beau temps, vent tourbillonnant, 1200 entrées  payantes. Ce dernier chiffre, déjà très valorisant économiquement parlant, car il y a des corridas de toros qui font moins de recette, est contesté par l'organisation qui avance celui de 2000 personnes présentes pour tenir compte des invitations, de la participation des sponsors et de la fréquentation du callejon. Dont acte. 





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