EN MARGE DES FERIAS DE LUXE



Alors que l'actualité de cette semaine se centre sur les grandes ferias et sur les prestations des figuras qui en monopolisent les postes, dans les pueblos la vie continue avec son cortège de galères pour toreros modestes ou inconnus.

La chronique de ces journées de braise mériterait d'être tenue avec la même minutie que l'on déploie pour parler des ferias. Ce n'est malheureusement pas le cas et c'est souvent par de brèves dépêches d'agence que l'on rend compte de véritables épopées qui ont lieu dans les coins les plus reculés de la géographie espagnole où pour un cachet de misère, voire pas de cachet du tout, les toreros jouent leur vie pour se convaincre qu'ils existent.

À cinquante ans bien passés telle est l'illusion de Carlos Escolar "Frascuelo", torero chéri de l'aficion de Madrid mais moins de l'actuelle empresa, qui est allé chercher une triple cornada dans les arènes de Pastrana (province de Guadalajara) alors que Luis Miguel Vazquez coupait quatre oreilles et deux queues

Cornada aussi pour Reyes Mendoza dans les arènes de Gergal (Almeria), lequel a laissé à son compañero Torres Jerez le soin d'en finir avec des toros de Los Derramaderos guère faciles. Vingt centimètres dans la cuisse pour le premier, quatre oreilles et une queue pour l'autre.

Mais le record de la journée, dans les arènes de Ledaña (province de Cuenca) c'est Damaso Gonzalez "El Espartero" (mais oui, le fils du grand Damaso, qui le détient : sept oreilles et une queue face à quatre bons novillos de Yerbabuena.

Pendant ce temps, Manzanares se faisait encore remarquer en bien à Malaga, tandis que Ponce et César Jimenez sortaient a hombros par la grande porte de Baeza...

André Viard