FERIA DE DAX

OREILLE POUR RINCON


Bien présenté dans l’ensemble, hormis le trop petit second, le lot de Victoriano del Rio a manqué de race, de force et de combativité pour assurer un spectacle total. Seuls trois toros permettaient des résultats probants : les second, troisième et sixième ont développé une noblesse certaine à la muleta qu’il fallait capter avec deux points techniques indispensables : sitio et précision du toque. Le premier était impossible, le quatrième, faible et compliqué à gauche et le cinquième bon à droite mais vite éteint. César Rincon, silence et oreille, Manuel Jesus El Cid, salut au tiers et silence, Salvador Vega, silence et applaudissements.

César Rincon ne pourra rien faire face au bœuf d’ouverture, un toro faible, sans race et impropre à toute lidia. Il s’en débarrasse d’une entière tendida, silence. Face à son second un toro manso, avisé et court de charge au capote, le colombien applique une technique sans faille, muleta en mains. Bien centré, Rincon débute sa faena par des cites de 20 mètres et enchaîne les séries à droite avec sa technique ahurissante. Le toro est compliqué et dangereux à gauche et prévient le maestro à deux reprises. Rincon continue son ouvrage au prix d’un effort certain et conclut d’une entière al encuentro faisant tomber l’oreille.

Le Cid aura toutes les peines du monde à contrôler sa faena de bout en bout face à son premier. Manso et faible, le toro entrait avec clarté dans la flanelle sur le côté droit et l’andalou, trop profilé, tirera plusieurs muletazos profonds mais isolés, insuffisants pour élevé la faena à un niveau satisfaisant et synonyme de trophée. Le final sera un peu tarabiscoté et l’estocade franchement mauvaise : un mete y saca dans le flanc suivi d’une entière basse, salut au tiers. Face à son second, nouveau fracaso du Cid. Noble sur la corne droite, le torero de salteras pêchera par un manque de conviction dans l’exécution de ses muletazos notamment à gauche, sa main de prédilection, qui lui a valu tant de triomphes. Et toujours cette impossibilité à tuer ses toros : un nouveau mete y saca dans le flanc, un pinchazo, un bajonazo, silence.

Salvador Vega est passé à côté de deux toros qui aurait pu lui apporter une reconnaissance dans le sud-ouest. Décentré et sans personnalité, Vega va toréer son premier sur sa course linéaire, sans se croiser, permettant ainsi au toro de prendre le dessus sur lui. Dommage car le toro était noble et clair. Pinchazo hondo, un pinchazo, 2/3 tendida, silence. Face à son second même incapacité à peser sur le toro et à hisser le niveau de ses muletazos. Même s’il réalise une successions de droitières bonnes et de naturelles longues, il laisse passer l’occasion de rafler des trophées par un manque de construction et surtout un entêtement à ne pas se croiser pour lier ses séries. Entière caida et applaudissements. Arène pleine, temps nuageux et température agréable. Jean-Paul Campistron

 





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