Edition du lundi 22 août 2005

EDITO


FINAL GRANDIOSE


En parallèle aux graves problèmes qui assaillent la Fiesta sur le plan sanitaire, les triomphes spectaculaires de ces derniers jours viennent à point pour insufler aux aficionados l'optimisme nécessaire pour ne pas sombrer dans le renoncement. Voir édito d'André Viard

L'AVENTURE EN LIGNE CONTINUE

Après cinq ans et demi de présence ininterrompue sur corridas.net, c'est sur www.terrestaurines.com que l'intégralité de mon travail et de celui de mes compañeros de rédaction sera publiée. Un choix dicté par les circonstances mais aussi par un soucis de cohérence et de plus grande efficacité. Voir édito

ACTUALITE


SAN SEBASTIAN : PADILLA INDULTE UN VICTORINO

Toros de Victorino Martín, tous encastés, bons les premier et quatrième, excellent le second qui fut grâcié, compliqués les autres. El Fundi oreille après avis et ovation, Juan José Padilla oreilles et queue symboliques après l'indulto et oreille, Luis Miguel Encabo ovation et vuelta. Padilla, Victorino et Modesto Baile, son mayoral, sont sortis a hombros. Importante corrida de Victorino qui vient à point pour redonner espoir à l'aficion donostiarra, pour redorer le blason du ganadero bien terni depuis le "bache" de Pamplona et pour confirmer que Padilla est bien un des toreros les plus capables de l'escalafon même s'il n'en est pas le plus élégant. Sa faena au toro indulté a été un modéle d'intelligence et d'entrega que le torero a qualifié lui-même de moment le plus important de sa carrière. "Murallón" fut pour la part un toro encasté et noble.

EL PUERTO : JESULI INDULTE UN TORO D'EL TORREON

Toros d'El Torreon, propriété de César Rincon, nobles en général, complet le cinquième qui fut grâcié. Enrique Ponce ovation avec cornada, El Cid oreille, oreille et applaudissments, Jesuli de Torrecera oreille et deux oreilles et la queue symboliques. Jesuli a grâcié Liviano qui fut un partenaire idéale pour le torero en raison de sa noblesse encastée. Ponce a reçu un coup de corne au mollet en fin de faena et le Cid a profité de la noblesse de ses deux opposants.

SAINT-GILLES : TROIS OREILLES POUR MILETTO, LORE CONFIRME

Miletto et le ganadero a hombros

Denis Loré vuelta et oreille après avis. Julien Miletto oreille après avis et deux oreilles, Jonathan Veyrunes oreille et salut. Succès ganadero pour Robert Margé dont les pensionnaires  ont donné un jeu varié et permis aux toreros de s’exprimer.  Avec un peu plus de sauvagerie aux piques leurs prestations auraient été triomphales. De fait,  ils se laissèrent  châtier sans combattre avec véhémence, mais conservèrent une belle mobilité pour la muleta. Le troisième fut le plus collaborateur, la caste ardente des quatrième et dernier compliqua leur lidia, tandis que la fiereza du cinquième en fit un grand toro difficile à manier, le premier fut une peste.
 Au fil des tardes, Denis Loré confirme sa maturité et le haut niveau auquel il est parvenu à hisser son toreo. Son aisance est celle d’une figura del toreo et, si les toros le respectent, son avènement n’est plus qu’une question de temps.  Après une première rencontre fade, son premier se défendit de la tête sans s’engager lors des deux autre assauts contre le picador. Il arriva à la muleta avec une charge courte âpre et incertaine. Loré parvint à l’allonger en l’obligeant à baisser la tête. Sur cette base et en acceptant de le faire défiler très près de son corps, il lia plusieurs séries très justes. Il s’engagea droit derrière son épée pour laisser une entière en étant  salement soulevé par la corne au passage.  Vuelta. Comme ses frères, son second réagit à la première pique avec style, c’est à dire en poussant tête mi basse, en appui des quatre sabots, mais sans s’engager à fond. Faussement débonnaire, on le sentait prêt au pire comme du meilleur. Pour lui conserver toute sa mobilité, Denis lui épargna d’autres châtiments et l’attaqua genoux en terre à la muleta. Dès le premier pecho, la messe était dite. Tout ce qui suivit fut de grand torero. Impressionnant de maîtrise des trois « t » fondamentaux : technique, temple,  tempo, Loré domina totalement le Margé, qui n’eut de cesse de remuer la tête en signe de protestation. C’est d’ailleurs par un de ces mouvements intempestifs que sa corne coupa l’élan de Loré au moment du volapie, l’empêchant d’enfoncer la lame jusqu'à la garde. oreille tout de même malgré un avis et trois descabellos.  
Au regard de son peu de pratique la performance réalisé par Julien Miletto mérite un grand coup de chapeau. Voilà un garçon qui ne torée quasiment  pas et qui coupe les oreilles chaque fois qu’on lui permet de le faire ! Que faut-il donc qu’il réalise en sus pour obtenir des contrats ? A son premier, où, à  la pique,  se  répéta le même scénario (bel élan mais statique dans le peto), on le sentit un peu guindé, bloqué par le stress et la responsabilité, au point de ne réussir que des séries inégales d’où ressortirent deux derechazos de grande classe. Il finit par trouver la mesure à gauche ou le toro donna son meilleur et insista de ce coté jusqu’à risquer la voltereta. Il s’engagea pour une entière et coupa l’oreille après un avis de pure forme. Son second sortit bronco violent et réservé. Il s’améliora quelque peu à la pique pour être conforme à la performance de ses frères, mais arriva à la muleta avec de gros problèmes non résolus. Miletto eut alors le grand mérite de savoir faire face à sa violence et de finir par la dissoudre. Main très basse et trajectoires arrondies il s’imposa à lui dès la première série de derechazos. Par la suite, il maintint courageusement la pression en lui laissant la muleta morte devant les yeux au sortir de chaque charge. Sa détermination ne faiblit pas au moment de vérité et il laissa un entière efficace qui lui valut les deux oreilles.
Le troisième resta collé au peto, tête baissée sans faire démonstration d’une grande combativité, alors qu’il fut mobile et allègre pendant les deux autres tiers. Avec  bonne volonté il suivit les leurres, tête toujours basse, en signe de soumission. Jonathan Veyrunes put donner libre cours à son inspiration, n’étant bridé en cela que par quelques mauvaises sautes de vent particulièrement gênantes. Le résultat artistique en souffrit,  sans pour autant remettre en cause l’octroi de la première oreille.  Le dernier parut s’engager sous le peto mais finit par pousser par à-coups en faisant sonner l’étrier. Il obéit  néanmoins à toutes les sollicitations des leurres et donna des charges vibrantes dès lors qu’on le toreait en rond et par le bas. Ce que ne réussit pas toujours Veyrunes qui accumula les fautes de temple. Entière. Salut.  ¾ d’arènes, sorties triomphale de Miletto qui associa noblement le fils du ganadero à son succès.
Frederic Pascal. Voir reportage Isabelle Dupin

RION : SANTO A HOMBROS, TRIOMPHE DE VALDEFRESNO

 

Erales de Valdefresno, globalement excellents et très bien présentés, très braves les premier, second et sixième, très noble le troisième, bons les deux autres. Les seules difficultés posées par ces novillos furent celles dérivées de leur caste et de leur volume de toros adultes (surtout les deux derniers), face auxquels dans l’ensemble les trois toreros se sont montrés très verts par manque d’aguante, de volonté ou de précision dans les gestes. Juan Fernando oreille et silence, Marco Leal salut et silence, El Santo oreille et oreille. Arène pleine. Beau temps. Public chaleureux et indulgent avec les jeunes toreros. Le ganadero Nicolas Fraile salua en piste à l’issue de la novillada et fut ovationné. L'organisation afficha le "no hay billetes" à la taquilla.
Juan Fernando toucha un premier novillo très brave face auquel il fut très vite en difficulté. Marco Leal prit une forte voltereta lors d’un quite. Pris de vitesse en début de chaque série en raison de sa propension à attendre les charges au lieu de les commander, le novillero mexicain ne trouva jamais le sitio et fut complètement dépassé par la bravoure de son novillo des deux côtés. Il tua d’une épée basse mais efficace et coupa une oreille. Il toréa sans conviction son second novillo très noble puis pincha à de nombreuses reprises, écouta un avis et finit par une épée sin puntilla. Applaudissements pour le novillo à l’arrastre et silence pour le torero.
Marco Leal toucha un premier eral excellent à tous points de vue qu'il toréa bien de cape quoique de façon rapide. Tout au long d'une longue faena dont il ne parvint pas à conserver jusqu'au bout le bon niveau initial, il resta courageux et volontaire mais toujours rapide malgré la noblesse de son adversaire qu'il comprit bien à droite, ne parvenant pas à trouver le sitio sur l'autre corne. Il fut long à la mort (une épée atravesada, une entière, un avis et trois descabellos) ce qui le priva d'une voire deux oreilles. Avec son second novillo, important en raison de son gabarit et de sa bravoure noble, il fut encore volontaire à la cape, très bien aux banderilles (al violin et courtes), mais la faena ne fut qu'ébauchée. Le novillo qui s'était blessé à l’arrière train sur un capotazo violent avant de se montrer noble dans la muleta, présentant comme seul "défaut" son volume de toro, se blessa à nouveau à une patte avant en cours de faena, mettant alors le torero en difficulté. L’arlésien pincha avant une épée atravesada puis un descabello. Silence.
El Santo sembla douter face à son premier novillo pourtant très noble et ne trouva ni le sitio, ni le rythme, ni la distance requis. Brusque et rapide durant toute la faena, il ne parvint jamais à canaliser la charge que l'on sentait pourtant douce. Il pincha puis tua d’une entière. Le public tout acquis à sa cause lui obtint une oreille. Face à son second, un novillo très brave et très bien présenté, il confirma l’impression laissée au premier. Bien que décidé à ne pas laisser passer ce second adversaire, il réalisa dans un sursaut de pundonor une faena heurtée et brouillonne malheureusement dénuée malheureusement de l’aguante nécessaire pour capter et canaliser les charges vives de son adversaire. Il se rattrapa en tuant d’une belle entière suivie d'un descabello qui lui permit de sortir a hombros
. Valérie Lhéraud. Voir reportage André Viard

SAINT-SEVER : OREILLE POUR SAVALLI ET CAMILLE JUAN

Novillos de Mercedes Pérez Tabernero, petits les trois premiers, plus costauds les autres, compliqués dans l'ensemble. Monopique de rigueur sauf pour le dernier qui en prit trois en manso. Public chaleureux remplissant aux quatre-cinquièmes l'arène. Joao Antonio Ferreira silence et salut, Medhi Savalli silence et oreille, Camille Juan oreille et silence. Les novillos de Mercedes Pérez Tabernero n'ont pas donné les facilités espérées aux trois toreros.
Joao Antonio Ferreira sécha en fin de parcours face à un novillo raccourcissant ses charges qu'il tua mal. Son second, beau et brave sous une pique lui permettra par contre un élégant travail de cape. Hélas, après des palos extras, il s'évertua de tirer des passes d'un bloc de marbre insipide et copieusement sifflé. Les lames se succédèrent et le salut fut pour la bonne volonté.
Encore beaucoup d'envie face à ses deux opposants pour Medhi Savalli, deux largas et calme capoteo au centre, puis banderilles avec Ferreira fortement applaudies. Petite faena dans son style face à un faible novillo, le silence se fit et le novillo siffler. Acrobatique puerta gayola et mini puyazo avant que le novillo ne s'éteigne et ne rende toute faena digne de ce nom impossible. La bonne estocade fera tomber l'oreille.
Manifestement encore bien vert pour affronter ces coriaces adversaires, Camille Juan fera les frais de son inexpérience. Deux volteretas consécutives en tentant une larga à son costaud premier, avisé sur la corne gauche. Faena droitière, électrique et guerrière. L'oreille récompensera le courage indiscutable du nîmois. Courage dont il fit encore preuve face au dernier de cette course entretenue.Nouvelle voltereta avec lourde chute sur les reins. Groggy et manifestement diminué, Camille reviendra en piste mais n'assurera pas le moindre début de faena. Bajonazo et évacuation vers l'hôpital de Mont de Marsan pour un scanner de contrôle.
Pierre Charrain. Voir reportage Philippe Gourgues.

TERRES TAURINES OPUS 4

L'opus 4 de la revue Terres Taurines est en kiosques. Au sommaire, la vie quotidienne dans les ganaderias d'El Pilar, Adelaïda Rodriguez, Paco Galache, Valdefresno... mais aussi dans les coulisses de la temporada aux côtés de Julien Lescarret, Sébastien Castella, Salvador Vega, Miguel Angel Perera, Cayetano, Morante, Javier Conde... 160 pages de reportages et de rêverie, au campo et dans les coulisses des arènes, à Las Ventas en particulier, ainsi que les chroniques habituelles à charge des auteurs maison. Par ailleurs, en partenariat avec la caisse régionale d'Aquitaine du Crédit Agricole, une exposition de photos grands formats tirées de la revue et représentant exclusivement des toros au campo est actuellement installée à Rion des Landes.

CORRIDAS TELEVISEES

TVE retransmettra la corrida du 27 août depuis Bilbao, toros de Victorino Martín pour El Fundi, Luis Miguel Encabo et le Cid".

TISSONS DES LIENS

Afin de compléter la rubrique "liens" du site, nous invitons les organisateurs, clubs taurins, professionnels ou particuliers à nous communiquer l'adresse de leur site. contact rédaction

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