IMMERSION PROFONDE



Sous un soleil de justice, les ganaderos toréent la crise. Loin des effets de manche et de rhétorique des saltimbanques du mundillo, engagés pour la plupart dans une fuite en avant éperdue, ils luttent jour après jour pour préserver l'avenir de leurs troupaux..

Tous n'ont pas la chance, ou le mérite, d'avoir, comme Adolfo Martin, lidié quelques toros importants à Madrid, et d'être ainsi revenu des profondeurs de l'oubli jusqu'en première ligne.

À Los Alijares, et à Las Caballerias de Acebuche, le quotidien n'en est pas moins difficile. Cinquante toros de cinq ans sont en attente d'être lidiés - et grâce à leurs frères de Madrid ils le seront - tandis que quatre-vingt autres, âgés de quatre ans, sont en position d'attente. Eux, c'est à l'horizon 2014 qu'ils seront lidiés, et six lots sont déjà pré-retenus pour la France, à condition que le ganadero récupère la carte verte, ce qui semble possible.

Passer une semaine sur cette terre dure, voire extrêmement dure de l'Extrémadure, aux côtés de ceux qui y travaillent au quotidien, permet de relativiser bien des choses. Surtout, quand comme c'est le cas à Los Alijares, chacun met un point d'honneur à offrir au toro les conditions d'élevages les plus naturelles possibles afin de conserver ce trésor perdu presque partout ailleurs : la caste.

André Viard