LE SYNDROME SALTILLO


La journée "saltillo" organisée hier à Céret est montée en puissance du matin à la tarde et a fait oublier le début de feria bien décevant de la veille.

Depuis la novillada de Moreno Silva lidiée à Madrid l'an passé, et au cours de laquelle deux novillos étaient rentrés vivants aux chiqueros, une main noire semblait avoir condamné cet élevage à une marginalisation définitive : trouver un remplaçant à Cayetano Ortiz forfait, fut pour les organisateurs cérétans un véritable calvaire, divers novilleros contactés pour le remplacer ayant déciné l'offre, tandis qu'à Madrid le lot prévu cette année ne fut finalement pas programmé, faute de cartel possible.

Espérons pour le ganadero que le bon lot lidié à Céret bénéficiera d'un bouche à oreille aussi efficace que celui qui le condamna, et espérons que le regard des toreros changera.

José Escolar, sur la base du même encaste, a pris quelques longueurs d'avance et jouit à Madrid d'un cartel enviable : on évoque d'ailleurs son retour pour la feria d'automne après la prestation jugée "intéressante" de ses toros pour San Isidro, lesquels furent globalement en-dessous de ceux lidiés à Céret hier.

Présent dans les tendidos, Joaquin Moreno Silva a forcément mesuré le potentiel de cet encaste, au vu de la noblesse de trois des toros d'Escolar, laquelle fut bien mieux utilisée que celle de quatre de ses novillos, ce qui l'incitera probablement à lidier plutôt en corrida où il rencontrera des professionnels susceptibles de tirer tout le parti possible de ses toros.

Un mal ne venant jamais en vain, la novillada qui ne put être lidiée cette année à Madrid le sera peut-être l'an prochain en corrida, à moins que quelque arène française ne se porte candidate. Ce qui est certain en revanche, est qu'après la journée d'hier, le torismo saltillo/albaserrada a repris de belles couleurs.

André Viard