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LE TXUPINAZO SANS VUVUZELLA


Premier cohete, première carrera. Et heureusement, le txupinazo sans vuvuzella. Autant le dire, nous l'avons échappé belle.

Car pour un peu, cette fête universelle autour du toro qui depuis Hemingway a véhiculé une image valorisante de la culture taurine se serait déroulée cette année au son exaspérant de ces trompettes aigres. Tonton Ernest n'aurait pas supporté.

Les aficionados non plus, je suppose, mais dans cette marmite en ébullition qu'est l'arène de Pamplona ont-ils vraiment le droit de s'exprimer, quand à partir du second toro débute la litanie des peñas pour qui la San Fermin est avant tout l'encierro.

La raison en est simple à comprendre : aller au toro en costume de lumière exige une longue préparation, d'énormes sacrifices et une volonté de chaque instant, tandis que pour courir devant il suffit d'une paire de bonnes semelles. Ce qui permet de comprendre pourquoi, par centaines et sans aucune préparation souvent, des jeunes de tous les horizons se lancent dans cette courte aventure qui parfois se révèle mortelle et dans laquelle chacun est libre de percevoir la dimension indiscutable de rite initiatique qu'elle possède.

Car à l'image de nombreuses sociétés que l'on dit à tort primitives, le passage de l'enfance vers l'âge adulte se matérialise aussi dans ce défi jeté au toro, de manière plus ou moins fugitive selon que l'on est plus ou moins courageux. Cela va de la simple présence sur le parcours de l'encierro, loin des toros, aux courses ajustées de ceux qu'à Pamplona on appelle "los divinos", élite jalouse de ce statut de demi dieu grâce à laquelle, d
ans son acception la plus noble, mais aussi la plus rare, l'encierro, au-delà de son folklore et de ses excès, est une forme indiscutable de tauromachie première.

André Viard