MADELEINE AUX ANGES


Pour la corrida "torista" du cycle, ce sont quatre toros de triomphe qui sont sortis pour les toreros. Un paradoxe qui ne peut chagriner que ceux qui voudraient enfermer le toreo dans des compartiments stéréotypés.

Cette corrida servira-t-elle à dissiper la confusion qui règne parfois au sein de l'aficion ? On n'ose l'espérer. Pourtant, à bien y regarder, ce sont des toros comme souhaitent en trouver les figuras qui sont sorti des torils hier, élevés par un ganadero dont le cachet "torista" n'est plus à démontrer.

Des toros, en fait, qui n'étaient pas sans rappeler, par leur type et leur comportement, les grands toros du Conde de la Corte dont ils sont les lointains descendants.

Cette corrida torista aura donc servi à révéler, pour ceux qui ne le connaissaient pas encore, un grand torero en puissance, Sergio Aguilar, lequel a démontré sa capacité à se hisser au niveau des meilleurs en toréant de la manière la plus pure.

Sans ostentation, sans effets faciles, sans rechercher les applaudissements du public, Sergio Aguilar a fat entrer le public dans son univers d'exigente éthique et dessiné des muletazos qui compteront parmi les plus profonds d'une feria dont le niveau s'élève chaque jour.

Un niveau considérable pour les toreros, mais également pour les toros avec, hier encore, un grand brave, le dernier, sans doute le meilleur pour le torero depuis le début de la feria.

André Viard