TOUJOURS LA PIQUE


Parce que de son évolution dépend en partie celle du spectacle, la pique est au centre de toutes les préoccupations et le débat qui tente de poser les bases d'une réflexion sereine l'objet d'une curieuse désinformation.

Comme j'ai eu l'occasion de le dire à diverses reprises et hier encore sur le forum des abonnés, le problème est très complexe. Pour le résoudre il faut d'abord définir les objectifs prioritaires et se demander si l'on doit trouver des solutions immédiates ou miser sur le (très) long terme en attendant que les ganaderos inventent le super toro de demain, capable de prendre trois piques et 80 passes ?

Car sauf exception notable - et elles peuvent survenir dans n'importe quelle ganaderia - ce toro n'existe pas et n'a d'ailleurs jamais existé. Il relève du fantasme, et il suffit de voir avec quelle ferveur, nous, aficionados, gardons en mémoire les noms de certains toros exceptionnels, pour le comprendre.


Il n'est bien sûr pas interdit de rêver qu'un jour
ce toro puisse exister, mais en attendant la question posée demeure : on fait quoi ? Deux solutions : si l'on a une approche responsable de la réalité on diminue la taille de la pique pour préserver l'authenticité des rencontres, mais si l'on préfère la politique de la terre brûlée on ne change rien et on fait l'impasse sur les spectacles contemporains au risque de lasser le spectateur et de vider les arènes.

Prenez le problème dans tous les sens que vous voulez, mais ces deux options sont les seules qui se présentent. Au vu des avis exposés sur le sujet, il semblerait que pour l'ensemble des organisateurs (qui sont aussi des aficionados et parfois excellents) la première solution soit en passe d'être retenue. La seconde trouve curieusement ses adeptes au sein de la profession de picador (ultra minoritaire tout de même) ainsi que chez une partie de l'aficion extrême. Pour ceux qui trouveraient cette alliance objective curieuse, l'argument avancé par les uns et les autres est qu'en oeuvrant ainsi les tenants de cette théorie pensent obliger les ganaderos à infléchir leur sélection...



André Viard