LA COMPETENCIA AU SOMMET ?


La corrida de Avila dimanche au cours de laquelle le Juli et José Tomas se sont livrés à une competencia acharnée préfigure-t-elle ce que sera la temporada prochaine ?

C'est ce que l'on peut penser, Ponce s'étant mis
lui-même hors jeu en refusant d'ouvrir ce cartel comme il s'y était engagé, abandonnant ipso facto à ses jeunes compañeros le leadership de l'escalafon. Un leadership qui ne se mesure ni en nombre de corridas ni en nombre d'oreilles mais à l'impact indiscutable qu'a eu cette corrida dans toutes les strates de la société.

Une corrida présentée comme celle "de José Tomas", ce qui fit bondir de sa chaise le père du Juli qui interpela les participants à la tertulia officielle pour leur rappeler qu'il s'agissait avant tout d'une corrida bénéfique et qu'il n'était pas convenable de la personnaliser. Après, comme le déclara hier Roberto Dominguez lors de l'émission Callejon sur France Bleue Gascogne, les gens qui étaient venus célébrer José Tomas se sont trouvés face au Juli... Un Juli en pleine maturité, favorisé en outre par le sorteo, mais qui avouait son admiration pour son compañero José Tomas.

Sans exclure quiconque de cette lutte au sommet, et surtout pas bien sûr Sébastien Castella qui semble être le seul capable, en raison de sa maîtrise absolue et de son courage - mais à condition qu'il retrouve le sitio à l'épée -, de rivaliser sur la durée avec ces deux "monstres sacrés", il semble toutefois évident que l'axe de la prochaine temporada - si rien de facheux ne survient - passera entre les deux.

Il passera peut-être aussi par Séville en septembre où il ne serait pas impossible que Morante reprenne l'épée, remis de ses désillusions passagères et de son spleen printannier qui a coïncidé avec sa rupture d'avec son apoderado et avec le fait qu'il est lui-même devenu... papa.

André Viard