RAGE FOLLE



Plusieurs aficionautes me signalent l'attaque dont je serais l'objet dans un hebdomadaire taurin qui s'était récemment curieusement signalé pour ses propos homophobes, laquelle est motivée, semble-t-il, par mes analyses sur le toreo de Ponce à Mont de Marsan.

Et une fois de plus je reste pantois devant le manque de clairvoyance, ou l'excès coupable de passion, de ceux qui au lieu de débattre au fond se livrent à des attaques personnelles dont tout le monde - et moi le premier - se contrefiche. Comme dit le prove
rbe, le sage montre la lune et le sot regarde le doigt. Est-il donc interdit de mettre l'accent sur le côté répétitif, superficiel et linéaire du toreo de Ponce sans être aussitôt mis en accusation pour hérésie par ses thuriféraires officiels et obligés - eux savent pourquoi - que la moindre considération négative à l'égard du maître met dans une rage folle ?

Dans ces conditions que devient le débat d'idées, si enrichissant quand chacun avance des arguments fondés, autres que la liste d'adjectifs éculés - sublime, génial, magnifique... - qui structure habituellement leurs "critiques" ?


Je n'ose imaginer que les arguments techniques que j'avance sont au-dessus de leur entendement ni que l'amour qu'ils portent à leur torero de prédilection les aveugle au point de les priver de tout esprit critique. Je les répète donc lentement en leur demandant un effort d'attention minime : Ponce a fait de l'usage systématique du pico l'axe central - si l'on peut dire - de son toreo, et il torée le plus souvent en ligne en laissant entre le toro et lui... la place d'un coche de cuadrilla. À aucun moment je n'ai dit que cela était facile : la preuve en est qu'il est le seul à y arriver quotidiennement. Ce que je dis simplement c'est que cela n'a rien à voir avec le toreo classique et que prétendre le contraire équivaut à induire en erreur les aficionados. On peut le constater, mes propos n'entraînent pas mort d'homme...

J'invite donc les aficionautes à vérifier de visu sur la chaîne Alegria la teneur des faenas en question en attirant leur attention sur le fait que durant les trois quarts de celle qui fut primée de deux oreilles les passes sont données une par une et en ligne... ce que je me suis borné à dire et écrire. S'agirait-il d'un crime de lèse-majesté que la meilleure des réponses serait de me démontrer le contraire images à l'appui... ce qui sera difficile. Un constat s'impose donc : pour la crédibilité des caciques de la critique taurine, c'était quand même plus confortable quand la télé n'existait pas. Merci Alegria !


André Viard