FERIA DE MONT DE MARSAN

TROIS OREILLES POUR PONCE, UNE POUR LE CID


Au regard des résultats, on pourrait penser que cette corrida fut triomphale mais il convient de relativiser. Les toros de Javier Perez Tabernero étaient bien présentés, très dans le type de la ganaderia. Tous furent nobles et eurent suffisamment de force pour accepter des lidias complètes malgré quelques flexions çà et là. Les premier et cinquième étaient très bons, le deuxième brave mais parado, les troisième noble mais faible car trop et mal piqué, le quatrième faible mais noble et le sixième brusque et collant à droite. Tous prirent une seule pique parfois forte et pas toujours bien exécutée. Une bonne corrida cependant, intéressante de bout en bout, qui a soulagé le public montois après le mauvais début de feria. Enrique Ponce, deux oreilles et une oreille avec sortie à hombros, Manuel Jesus El Cid, applaudissements et une oreille, Julien Lescarret, silence et silence.

Le premier toro de Ponce est lourd et sort abanto. Ponce réussit à capter son agressivité et lui délivre quatre véroniques et une demie au centre. Le toro prend une seule pique en poussant bravement mais sans force. Le toro fléchit deux fois en début de faena mais Ponce joue l’infirmier de service en le laissant souffler dans les moments opportuns. Même s’il ne met pas la tête très bas (humillar) il est noble et plonge généreusement ses cornes dans l’étoffe des deux côtés. Le matador réalise deux bonnes séries de droitières. A gauche Ponce torée de profil mais avec un esthétisme efficace qui ravit le public. La faena est enlevée et le final par des derechazos de 380° fait rugir la plaza. Juste avant la mort le toro se blesse à la patte arrière droite et s’affale. Sentant le triomphe poindre, Ponce le relève habilement pour lui enfouir une épée caida, deux oreilles. Face à son second le torero de Chiva se montre à son avantage à la cape par une belle série de véroniques templées. Le toro coupe les trajectoires des banderilleros surtout à gauche. Ponce débute sa faena par deux bonnes séries à droite. Débutés à hauteur de la hanche et donnés juste avec un peu de ceinture, les muletazos sont courts ne donnant au toro que peu d’effort à faire et lui permettant d’aller au bout d’une faena avec beaucoup de passes. ½ épée trasera et caida, un descabello, oreille.

Le Cid n’arrive pas à fixer son premier à la cape. Le toro pousse bravement lors de la première rencontre et renverse la cavalerie mettant en péril le picador coincé sous le poids du cheval. Plus de peur que de mal. Malgré la brusquerie de la charge, le toro permet une faena. Le Cid fait l’effort et réalise des séries de derechazos superbes. Très vite le toro devient court. Faillite à l’épée avec trois pinchazos, une entière contraire, applaudissements. Face à son second, un superbe colorado, le sévillan sort le grand jeu. Belle faena des deux côtés. Dans une autre arène, il aurait distillé trente muletazos, là il en a fait soixante parmi lesquels, plusieurs magnifiques. Un pinchazo, une entière, une oreille.

Julien Lescarret réalise quatre véroniques templées devant son premier. Le toro fléchit deux fois en début de faena. Le toro a tendance à s’arrêter à moitié passe mais Lescarret insiste et se découvre à plusieurs reprises. Quatre pinchazos, deux descabellos, silence. Devant le dernier, le landais n’a aucune possibilité à la cape. A la muleta, il délivre deux bonnes séries à droite. Un peu emprunté, Lescarret a du mal à trouver la distance idéale avec sa muleta. La faena est saccadée mais méritoire. Nouvel échec à la mort, deux pinchazos, une entière caida, applaudissements. Temps toujours caniculaire et toujours quelques rangées de libres au soleil. Jean-Paul Campistron

 





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