LES PIEDS DANS LE PLAT


D'un côté le G10 multiplie les initiatives en faveur de la Fiesta, de l'autre des voix s'élèvent pour mettre en doute ses intentions réelles. La dernière est celle de Finito de Córdoba.

Pas plus tard que cette semaine, j'ai déjeuné à Madrid avec mon compannero Rubén Amón qui depuis le début de la saison est devenu en quelques sortes le directeur de cabinet du G10 et son chargé de communication. Mieux que personne il peut donc évaluer la volonté de ses "patrons", et dans la mesure où le monde taurin, et le toreo, n'ont aucun secret pour lui, son avis est hautement autorisé. Par exemple, cette étonnante couverture du supplément hebdomadaire du País, premier quotidien anti taurin d'Espagne, c'est lui qui l'a négociée. Un coup de maître, même si la photo évoque davantage Vogue que l'authenticité de la Fiesta.

Selon lui, la volonté du Juli et de ceux qui l'accompagnent est totale d'oeuvrer dans le bien de la Fiesta, et la dépense d'énergie mise par les leades du mouvement n'a d'égale que leur générosité au moment de financer la cause : l'ILP catalane, ce sont eux qui lui permettent d'exister, en assumant tous les frais présenté par les collecteurs de signature. On peut, au passage, s'tonner que ceux-ci ne soient pas totalement bénévoles, mais c'est ainsi : le succès de l'ILP anti taurine fut avant tout une affaire de gros sous, puisque l'on sait que ceratines signatures furent achetées, 20 euros pour abolir la Fiesta. C'est donné.

Les propos de Finito de Córdoba qui lors d'une conférence a affirmer que ce que défendait le G10 c'était avant tout ses intérêts, a donc fait l'effet d'un gros cheveux dans la soupe, dans la mesure où le torero cordouan n'est pas n'importe qui. Lui-même, a-t-il rappelé, avait tenté de fédérer les toreros voici quelques années, et il s'avoue assez choqué de ne pas avoir été contacté par ses jeunes compañeros qui lui donnent l'impression de tout manigancer entre eux.

Les avis sont donc partagés, ce qui n'est finalement pas une nouveauté dans un secteur constamment secoué par des polémiques et en proie à des conflits d'intérêt. Comment faire la part des choses ? J'ai avancé une idée, en demandant au directeur de cabinet de la soummettre à ceux qu'il représente : le jour où le G10 englobera dans sa réflexion la nécessaire régulation du marché qui passe par la baisse des honoraires de ses membres, je serai premier à applaudir des deux mains. En attendant, sans être aussi critique que Finito, j'ai quand même un doute.


André Viard