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ÉCONOMIE RÉELLE

Dans une série d'éditos l'an passé, avant que ne débute la saison 2009, j'avais décortiqué les dérives financières d'un système dans lequel certains professionnels évoluent dans une bulle virtuelle tandis que d'autres sont confrontés à la réalité du marché.

À l'époque, ces articles m'avaient valu quelques critiques sévères de la part de suporters de tel ou tel torero qui avaient sans doute pris ces réflexions pour des attaques personnelles, voire comme de simples élucubrations.

Un an plus tard, à mots choisis mais bien sentis, Simon Casas a repris cette argumentation, en expliquant que le secteur taurin était le seul à ne pas savoir s'adapter à la crise financière qui ébranle l'ensemble de la société espagnole. Sans pousser plus loin son discours, car il ne s'agit de blesser personne, Simon Casas a surtout mis le doigt sur le taux de TVA prohibitif appliqué au spectacle taurin et sur le cynisme des collectivité propriétaires d'arènes qui, malgré la crise et le mundial, maintiennent en l'état des cahiers des charges pénalisants pour les adjudicataires, au risque de mettre ceux-ci dans une situation intenable.

Ce que Simon Casas n'a pas dit, mais il y est confronté quotidiennement, c'est qu'à ce handicap institutionnel il convient d'ajouter l'autisme de quelques grands toreros qui, que l'arène soit à moitié vide ou pleine, défendent leurs honoraires sans faire de concession.

Résultat, des pertes qui s'accumulent et des empresas qui se fragilisent, ce qui n'est une bonne nouvelle pour personne. Faudra-t-il attendre que certaines d'entre elles se déclarent en faillite pour que l'ensemble du monde taurin prenne conscience de la gravité du problème ? Il serait triste et dangereux d'en arriver là, car la crise aidant, il n'est pas du tout certain que, comme ce fut le cas durant les années d'abondance, de nouvelles sociétés, étrangères au secteur, viennent les remplacer en apportant des capitaux frais.

Rappelons tout de même les principes de base d'une économie réelle bien comprise : pour que le négoce prospère, ou tout au moins ne périclite pas, il est indispensable que les dépenses ne soient pas supérieures aux recettes. Celles-ci étant à la baisse en raison du manque d'argent de la clientèle, il apparait donc indispensable que les dépenses baissent aussi. Ce qui revient à dire que les figuras doivent accepter de revoir leurs honoraires en fonction des entrées réelles qu'ils génèrent, faute de mener à la ruine ceux qui leur permettent de travailler.

André Viard