LE DANGER D'ILLUMBE


Avec la publication hier des cartels de la semana grande de San Sebastian à laquelle participeront toutes les figuras, les aficionados français peuvent légitimement se demander si l'arène donostiarra n'est pas en train de phagocyter la temporada aquitaine.

Trois noms attirent bien sûr l'attention, ceux de José Tomas, de Morante et de Castella, aucun n'étant programmé en France dans les arènes où intervient l'empresa Chopera au titre de prestataire, laquelle, comme chacun sait, exploite Illumbe en propriété.

À Bayonne et Mont de Marsan, le rôle des clubs taurins qui orientent la programmation au sein des commissions taurines n'est plus à démontrer, mais il y a un facteur contre lequel butte souvent leurs souhaits : le seuil économique impossible à dépasser sous peine de mettre en péril l'équilibre économique des ferias.

Cet écueil rendit impossible la venue de José Tomas à Mont de Marsan et Bayonne, mais à Dax aussi, alors que le torero était tout à fait disposé à toréer à Dax ou Bayonne en août et au Moun en juillet, profitant de son passage à Santander pour faire d'une pierre deux coups.

Qu'un accord n'ait pas été possible est parfaitement compréhensible, mais comment expliquer aux aficionados que ce qui ne peut se faire à Bayonne peut se faire à la même date à Illumbe, trente kilomètres plus loin, au risque de vidanger la première arène de son public au profit de la seconde ?

André Viard