LE BOOM SUR LES ABONNEMENTS


Selon diverses sources concordantes, la présence de José Tomas dans la programmation des arènes où il doit se produire a une incidence notable sur la vente des abonnements.

Le phénomène est rare, mais pas suffisamment pour que les empresas - surtout les familiales qui possèdent une solide culture qui dépasse les générations - ignorent que de loin en loin l'apparition d'un torero d'époque peut devenir pour elles une bénédiction en dépit de la hausse généralisée des honoraires qu'elle provoque immanquablement.


Sur ce dernier point, il est juste de dire que les compañeros de José Tomas avaient pris une sérieuse avance et que les plus importants d'entre eux n'avaient pas attendu son retour pour se livrer l'hiver dernier à une véritable bataille des despachos dans laquelle il importait, avant de le faire dans les ruedos, de s'imposer sur la grille des salaires.

Ceci dit, il faut remonter à l'époque du Cordobes - le Calife -, pour vérifier pareil engouement, les aficionados préférant acheter tout l'abono plutôt que de prendre le risque de ne pas trouver de billet pour la corrida où leur idole est programmée.

On ne sait pas encore si l'entourage de José Tomas a retenu la leçon, mais celui du Cordobes, suivant les voeux du torero lui-même, exigeait des empresarios, en plus des honoraires convenus, le paiement d'un pourcentage sur les abonnements perçus en vertu d'une règle simple : puisque par sa présence sur l'affiche le Cordobes remplissait aussi les corridas auxquelles il ne participait pas, il était normal qu'il touche une partie des recettes... 20% dans certains cas.


André Viard