LA MEDAILLE DES BEAUX-ARTS


En remettant pour la première fois la médaille des Beaux-Arts à un journaliste, taurin de surcroît, le gouvernement espagnol a lancé un signe fort en faveur de la Fiesta qu'il martyrisait par sa passivité depuis de longs mois déjà.

Ce n'est bien sûr pas aux lecteurs assidus de Blondin ou d
e Denis Lalanne que j'apprendrai que, bien que parfois considérés par ceux qui écrivent sur les sujets plus nobles de l'économie ou de la politique, comme un genre mineur, le journalisme sportif ou taurin sait parfois s'élever au-dessus d'une simple relation des faits pour leur donner un sens.

Depuis de nombreuses années, en touchant à tous les types de medias possibles - presse écrite, radio, télé - Manolo Molés fait partie de ces travailleurs infatigables sans qui la chronique taurine ne serait pas ce qu'elle est. Et s'il ne fait aucun doute que son talent s'est exercé d'égale manière sur tous les supports qui lui ont été proposés, c'est sans doute au travers des retransmissions de Canal Plus qu'il a donné toute sa mesure et franchi la barrière qui sépare les journalistes connus des seuls initiés de ceux que le grand public consacre.

Et c'est précisément l'effort didactique réalisé en télévision pour rendre le spectacle taurin intelligible à tous que la Ministre de la Culture
a mis en avant au moment de faire approuver par un conseil des ministres unanime cette récompense qui, comme le dit modestement Manolo Molés, rejaillit sur le monde taurin tout entier.

Il y avait déjà eu plusieurs toreros titulaires de la médaille des Beaux-Arts - Ponce fait d'ailleurs part
ie de la même promotion que Molés - ma
is jamais aucun journaliste. Le fait qu'il y en ait désormais accorde au genre une légitimité nouvelle et confère à la discipline que celui-ci explore une importance accrue.

André Viard