PRÉSENCE FRANÇAISE


Faire vivre des arènes de petite ou moyenne importance en essayant de sortir des sentiers battus n'est pas une mince affaire et si les orages s'en mêlent la tâche devient carrément ardue.

Cette fin de semaine en France est marquée par la concurrence que se livreront entre elles quatre d'entre elles pour essayer, en dehors de tout flux touristiques ou des bataillons nordistes de l'aficion, d'attirer à elles les aficionados du cru.

Istres et Vauvert dans le sud-est, La Brède et Aire en Gascogne. La volonté de bien faire et le désir d'innover sont partout présent, mais les recettes diffèrent.

À Istres, la municipalité a compris, après quelques saisons en demie teinte au cours desquelles les superbes nouvelles arènes ne se sont pas remplies, qu'il fallait adopter une politique plus ambitieuse et ne pas hésiter à s'investir dans le projet. Résultat : grâce à une politique de partenariats économiques avec diverses entreprises locales, la feria de l'an passé s'est jouée pratiquement à guichets fermés tandis que celle de cette année semble bien partie pour faire de même.

On est malheureusement loin de cette euphorie à Vauvert où l'empresa privée qui assume la destiné de la toute nouvelle plaza n'a pas été récompensée l'an passé des efforts faits pour bâtir une programmation de qualité. Cette année peut-être, du moins il faut le souhaiter pour elle.

En Gascogne, même constat : La Brède ne dispose pas d'un réservoir suffisant de clientèle pour envisager un no hay billetes et encore moins semble-t-il pour conforter l'idée que les nouvelles arènes en dur qui y sont en projet pourraient devenir le centre rentable de l'aficion girondine. Ce qui n'empêche pas la municipalité de s'investir corps et bien, tout en revenant à une programmation davantage conforme à ce que l'on doit attendre d'une arène portative.

À Aire enfin, après les "fastes" de l'ère Palha durant laquelle la municipalité a beaucoup donné, on est revenu à une vision plus réaliste du marché avec le retour à une seule date que la nouvelle empresa a essayé de rendre attractive en organisant une corrida concours.

Point commun entre ces quatre arènes : la présence française y est suffisamment forte pour que l'on puisse considérer sans chauvinisme excessif qu'elle constitue la véritable épine dorsale des différentes programmations : Denis Loré, Juan Bautista, Mehdi Savalli et Marco Leal en Provence, Julien Lescarret deux fois en Gascogne.

Plus les orages, nous dit météo France... Ce qui vient à point pour le campo desséché..


André Viard