Vendredi 2 mai
2014

L'Edito

 


VENT DU SUD


Sur le parvis des arènes d'Arles, le 19 avril dernier, un vent du Sud s'est levé qui risque d'emporter bien des choses sur son passage, à commencer par le faux intellectualisme qui tend à s'indigner dès lors que l'on relie tauromachie et terroir.


Voir édito



   

Actualité
SÉVILLE : LES MONTALVO MIEUX QUE LES TOREROS

Premier jour du cycle taurin de la Feria de Seville. Chaleur étouffante et public clairsemé. Un tiers d'entrée. Présentation de Juan Del Alamo à Seville. Corrida d'opportunités perdues. Il aurait du se couper plusieurs oreilles.
Le premier de nom célèbre "Civilon" castano, pesant 598 kg tarde a sortir des chiqueros. Il est bas, montado (plus haut au garot qu'aux reins), musculeux ouvert de cornes et cornalon. Apres quelques charges en freinant il s'arrête et doute. Au cheval il est bien piqué par Jose Antonio Flor (primé l'an dernier) et se bat de forme désordonnée, poussant et donnant des coups de tète vers le haut en deux rencontres. Aux Banderilles il est réservé, il attend et attaque avec intention. Les premières attaques à la muleta sont prometteuses, Nazaré toréant genoux plié. Puis plus rien le bicho dévoilant à la fois de la faiblesse et un manque de caste probablement aussi a cause du surpoids. Demie épée basse et atravesada. Sifflets au toro et silence pour Nazaré.
Son second, cinqueño, sort en manso reniflant le sable puis attaquant la cape et poussant au cheval par à coups. Il est piqué trois fois l'une d'elles après le changement de tiers. Quite de del Alamo par veroniques données une par une avec demi. Le Montalvo galope en banderilles. Brindis au public. Première serie droitière aux tiers douce, templée. La même au centre. La troisième déclenche la musique. Nazaré donne de la distance, lie des passes longues qui perdent en intensité car le Montalvo perd en énergie. Les séries gauchères sont propres avec des passes longues, mais l'intensité n'y est pas. La dernière série à droite est en trop. Adornos pour mettre en suerte. Pinchazo profond et tendido avant entière en bonne place. Aplaudissements pour toro et torero. Salut au tiers.
La présentation de del Alamo se fait face à Capullo pesant 589 kg, de presque six ans (08/08), aleonado. Quelques belles véroniques rythmées à droite déclanchent des murmures. Le Montalvo pousse sous la premiere pique en arrière. Quite par chicuelinas serrées avec prédilection de del Alamo pour la corne gauche. Le toro attaque fort et sort rapidement seul de la seconde rencontre. Quite de Silveti par delantales. Le toro se défend par le haut en banderilles. Brindis au public. Le debut de faena est tronqué par la fuite du toro au sortir de la première attaque. Alors Del Alamo donne deux serie a droite , dominant en ligne et rematant avec classe par pecho torée, trincherilla et passe du desprecio. Une série a droite baisse un peu de ton pour ensuite faire rugir le public à gauche en obligeant le toro par le bas. Il confirme par une autre serie gauchère avec les mêmes qualités. C'est le toro qui s'éteint alors le Torero donne intelligemment quelques passes d'adorno vers les planches pour terminer. Trois pinchazos précèdent une entière tendida et atravesada. Descabello. Applaudissements au toro et salut au tiers.
Del Alamo clôture sa présentation avec un opposant anovillado, cornalon. Le toro doute et s'immobilise au centre. Puis il répond aux toques du Matador qui dessine de somptueuses véroniques sur la corne gauche. La prestation au cheval est sans relief. La faena débute le long des planches par trincheras et doblones. Deux séries droitières distantes plaisent. Musique. La suivante révèle un toro voulant rompre puis s'arrêtant dans une passe. A gauche même symptome. La musique s'arrête comme les espoirs du torero malgré de nouvelles tentatives. Entière tendida, caida, Salut au tiers.
Diego Silveti affronte un autre toro né le 08/08 aux pointes effilées. Ni le Mexicain ni le Montalvo ne se confient au capote. Le toro est mal piqué. Silveti donne un quite par gaoneras brouillon et risqué. Le Montalvo est moins entreprenant à la seconde rencontre avec le cheval, pique relevée rapidement. Quite par checuelinas de Nazaré sans écho sur les gradins. Brega de grande classe par Jose Antonio Munoz qui montre à son Matador les qualités d'embestida du toro. Brindis au public. Silveti debute par tanteo par le haut. Puis aux tiers il entame des derechazos de qualites variées sans retrouver la cadence entrevue lors de la brega. A gauche le bicho baisse de ton rejoignant le niveau moyen du torero. De retour à droite Silveti donne l'impreession d'avoir trouvé le rythme mais de manière très fugace. Il se positionne depuis le début fuera de cacho ( hors trajectoire ). Pinchazo profond, suivi d'une entière en arrière, horizontale. Silence.
La corrida prend fin avec un exemplaire anodin jusqu'à ce qu'il fasse tomber de son cheval le picador de réserve. Ses prestations tête haute au cheval et ses doutes face aux sollicitations ne présagent rien de bon. Ce sont les mêmes doutes en banderilles pour toro et toreros. Début de faena au centre par Pendulos et passes par le bas. Silveti accompagne la soseria du toro dans les derechazos. A gauche le ton monte et le Mexicain subit une voltereta. Poursuite à gauche sans que le tempo ne décolle. La faena continue sur les deux cornes, le torero excessivement marginal, jusqu'à ce que les sifflets lui indiquent qu'il est temps de prendre l'épée. Entiere desprendida et atravesada. Palmas et salut au tiers.
René Philippe Arneodau.

MADRID : OREILLE POUR LE DÉBUT DE GARRIDO

La novillada d’ouverture de « mise en bouche » pour la longue série de corridas en ce mois de mai à Madrid laissait un goût amer à l’afición qui attendait la présentation de deux novilleros - José Garrido et Lama de Góngora, porteurs d’espoir et de sang neuf dans les rangs de la novillería actuelle - et qui restait sur sa faim au terme d’un festejo converti en macédoine insipide de novillos issus de trois ganaderías différentes.
Après cette introduction peu gastronomique nous dirons que les trois novillos de Fuente Rey, les deux de Julio García (4ème et 6ème) et le sobrero de Jandilla (sorti 3ème) n’ont montré aucunes des qualités qui auraient permis aux novilleros de briller et dont le dénominateur commun fut le manque de caste, avec peut-être un accessit au fuente-rey 5ème, pointe de mansedumbre, manque de fixité et charges erratiques ou carrément absence de charge  pour le reste.
Malgré cela José Garrido coupait une oreille au 5ème après une faena volontaire au seul novillo de belle présentation – hechuras et armures – dont le combat au cheval fut incomplet et insuffisant quant au châtiment qu’il méritait. Après des statuaires au centre de la piste, le torero de Badajoz se battait usant métier et culot pour fixer l’animal y parvenant à la fin en deux séries de la droite plus ou moins templées sans trop se croiser… Il terminait la faena par des manoletinas bougées et une estocade entière décisive. La forte demande d’oreille du public obligeait le président ( Julio Martínez, celui des 30% de la saison dernière) de la concéder. La faena à son premier se déroulait dans tous les terrains possibles à cause du vent et du toro qui cherchait lui aussi l’abri de la barrière, instrumentée avec fermeté en grande partie de la gauche, naturelles main basse qui ne réduisaient pas pour autant la charge bronca du novillo.
Lama de Góngora de Séville, dont le mentor est le malheureux Juan de Pauloba, venait auréolé de la grâce sévillane qu’il ne pouvait déployer ici que par des passes isolées ou poses devant des novillos imbuvables, l’un arrêté dans sa querencia du burladero du Tendido 9, l’autre diminué par une vuelta de campana alors que sa charge suave laissait augurer une faena « artistique ».
Juan José Bellido « Chocolate », de Madrid, se traînait devant des novillos sans jus, obligés de passer dans la muleta bien tenue mais souvent relevée par le vent ce qui compliquait évidemment encore plus les efforts de ce novillero classique et un peu froid.
« Chocolate » : un avis et applaudissements discrets ; silence. José Garrido : un avis et saluts ; une oreille. Lama de Góngora : silence ; un avis et timide ovation.
Georges Marcillac.

AIRE : NOVILLADA CONCOURS SANS HISTOIRE

Prix au meilleur novillo désert, meilleur novillero désert, tendidos presque déserts, la novillada concours de Aire ne laissera pas un grand souvenir aux aficionados, bien que divers novillos aient offert des possibilités : ce fut le cas de celui de François André, brave lors de quatre recontres et noble ensuite, fade et sans transmission mais noble celui de Gallon, noble aussi celui de Blohorn à la muleta, brusque celui de Tardieu, brave lors de la troisième pique celui de l'Astarac mais manquant de fond ensuite, compliqué celui de Malabat. Curro de la Casa applaudissements et silence, Francisco José Espada ovation et silence, Daniel Soto silence après deux avis et ovation. Le prix au meilleur picador a été remporté par Pepe Aguado.
Roland Costedoat. Voir galerie.

DES TOROS À BEAUCAIRE

Il y aura bien corrida cette année à Beaucaire, comme l'a confirmé le nouveau maire FN de la ville, sollicité à diverses reprises par la présidente de l'Alliance Anti Corrida à laquelle il avait semble-t-il promis que ce ne serait pas le cas. Cette corrida sera, dit-il, la première et la dernière de son mandat, les arènes de Beaucaire étant davantage faites pour des novilladas au budget moindre.

LA CULTURE TAURINE S'INVITE DANS LA CAMPAGNE DES EUROPÉENNES

Eddie Puyjalon, vice-président de CPNT sera en 8e position, sur la liste «Pour la France, agir en Europe» conduite par Michèle Alliot-Marie pour l’élection européenne du 25 mai. Selon un communiqué, «Mme Alliot-Marie, voulant ardemment défendre et porter les intérêts des traditions de chasse, taurines et culturelles du grand Sud-Ouest au niveau du Parlement européen, a proposé à CPNT de s’associer à sa campagne et de représenter ces valeurs fortes, faisant partie de l’ADN des trois régions de la circonscription où elle mène campagne et qui sont une priorité pour CPNT et elle-même. En acceptant cette proposition, CPNT a fait un choix de conviction et responsable, celui du pragmatisme et du réalisme. CPNT a privilégié l’efficacité et l’intérêt général de la chasse et des traditions du Sud-Ouest pour que ces dossiers et ses revendications soient intégrés et pris en compte, pendant la campagne et ensuite durant le mandat au Parlement européen : c’est un engagement fort de Michèle Alliot-Marie et de ses colistiers »

XXème BOLSIN DE BOUGUE

La vingtième édition du Bolsin de Bougue aura lieu le dimanche 4 mai. À 9 heures 30, qualifications face aux vaches de Camino de Santiago. À 13 heures 30 proclamation des résultats. À 17 heures 30 finale face aux erales de José Cruz, 5 pour les 3 qualifiés.

VIC À ORTHEZ

Le club taurin La Lidia d'Orthez recevra le vendredi 9 mai à 19h, dans son local des arènes du Pesqué, Marcel Garzelli, président du club taurin vicois, qui présentera les toros de la feria vicoise et fera également une intervention sur l'Observatoire National des Cultures Taurines. La soirée se terminera par un buffet froid (5 euros), inscriptions avant le 5 mai.

RASSEMBLEMENT DES AFICIONADOS LE 19 AVRIL À ARLES

À l’appel de toutes les composantes du monde taurin français, les aficionados se sont rassemblés samedi 19 avril sur le grand escalier et le parvis des arènes d’Arles, mais aussi dans les rues adjacentes, tant l'affluence fut nombreuse. Estimée entre 6000 et 7000 personnes, la foule des aficionados a montré sa force, sa dignité et sa détermination à se faire respecter. Voir images.

NOVILLOS POUR CASTELNAU RIVIÈRE BASSE


Pour sa sans chevaux du 5 juillet 2014, Castelnau Rivière Basse a retenu des erales de Hubert Yonnet, Olivier Riboulet, Astarac, Malaga, Le Lartet et Alma Serena. .


OPUS 50 DE TERRES TAURINES

Il y a plus de 20.000 ans, dans l’abside secrète de l’imposante cathédrale géologique de Villars, un homme de Cro-Magnon peignit la première tauromachie de la préhistoire. Mille ans plus tard, au Roc de Sers, fut gravée la seconde scène d’un triptyque étonnant, dont, 2.000 ans plus tard, la troisième, qui est la plus connue, fut peinte dans le puits de Lascaux. Réalisées à la charnière du Solutréen et du Magdalénien, ces trois œuvres exceptionnelles témoignent, pendant 3000 ans au moins,de l’existence d’un mythe récurrent qui invite à penser que c’est entre Dordogne et Charente que toutes les tauromachies sont nées. Le reportage qui leur est consacré est appeler à faire date : dans la connaissance que nous avons de la mythologie de la Fiesta, il y aura un avant et un après. Dans cet opus aussi, voyage au campo chez Fernando Palha, Aurelio Hernando, El Parralejo et Juan Pedro Domecq. Feuilletez.

FERIA DE NÎMES

Les cartels de la Pentecote Nîmoise ont été dévoilés hier, avec pour principale surprise, au regard de ses triomphes passés, l'absence de Javier Castaño dans la corrida de Miura, ce qui a soulevé une vague de messages indignés sur les réseaux sociaux espagnols. Les cartels sont les suivants. Jeudi 5 juin toros de Alcurrucén pour David Mora, Joselito Adame et Thomas Dufau. Vendredi 6 au matin novillos à désigner pour Álvaro Lorenzo, Clemente et Varea. L'aprés-midi, toros de Victoriano del Río pour El Cid, Miguel Ángel Perera et Daniel Luque. Samedi 7 au matin deux toros de Capea pour Lea Vicens et quatre de Zalduendo pour Juan Bautista. L'aprés-midi, toros de Garcigrande pour El Juli, Sébastien Castella et Román qui prendra l'alterrnative. Dimanche 8 au matin, toros de Juan Pedro Domecq pour Enrique Ponce, Finito de Córdoba et Manzanares. L'aprés-midi toros de Fuente Ymbro pour Juan José Padilla, Iván Fandiño et Juan del Álamo. Lundi 9 au matin, toros de Capea pour Andy Cartagena, Diego Ventura et Leonardo Hernández. L'aprés-midi toros de Miura pour El Juli, Rafaelillo et Manuel Escribano.

NOVILLADA DE CAPTIEUX

Dimanche 1er juin, novillllos de El Tajo y La Reina pour Fernando Rey, Clemente et Andrés Roca Rey. .

FERIA D'ALÉS

Samedi 31 mai, toros de Hubert Yonnet pour Paulita, Agustín de Espartinas et Camille Juan. Dimanche 1er juin, corrida concours : toros de Barcial, Puerto de San Lorenzo, Valdefresno, Adolfo Martín, Juan Manuel Criado et Camino de Santiago pour Rafaelillo, Alberto Lamelas et Salvador Vega.

CARTEL D'EAUZE

La comission taurine extra municipale d'Eauze a choisi pour le dimanche 6 juillet à 18h00 : 7 toros d'Antonio Bañuelos pour Juan Bautista, Joselito Adame, Michelito Lagravère (qui fera sa présentation de matador dans le Sud Ouest) et Gines Cartagena. Le matin à 11h00 novillada sans chevaux : 4 erales de Jean-Louis Darré (cartel à définir).


LA QUINTA À ROQUEFORT

Pour la novillada du 15 aôut à Roquefort a été retenu un lot de La Quinta. En matinée, novillada sans chevaux avec la participation des élevages de Malabat, Astarac, Alma Serena et Casanueva.

FERIA DE VIC

Samedi 7 juin toros d’Adolfo Martin pour Antonio Ferrera et Manuel Escribano, mano a mano. Dimanche 8 au matin, toros de Cebada Gago pour Luis Vilches, Alberto Aguilar et Jésus Perez Mota. Dimanche 8 après-midi, toros de Pagès-Mailhan pour Morenito de Aranda, Joselito Adame et Thomas Dufau. Lundi 9 toros de Dolorés Aguirre pour Fernando Robleño, Javier Castaño et Alberto Lamelas.

CÉRET DE TOROS

Samedi 12 juillet, toros de Adolfo Martín pour Diego Urdiales, Fernando Robleño et Camille Juan. Dimanche 13 au matin, novillos de Vale Do Sorraia pour Vicente Soler et deux autres novilleros. Dimanche 13 après-midi. Toros de Felipe Bartolomé pour Carlos Escolar "Frascuelo", David Mora et Esaú Fernández. Lundi 14. Trois toros de Victorino Martín et trois de José Escolar pour Fernando Robleño, Paulita et Alberto Aguilar. .

TEMPORADA D'AIRE SUR ADOUR

1er mai, novillada concours d'élevages français : Tardieu frères, Aimé Gallon, Malabat, Lartet, Pagès-Mailhan et Camino de Santiago, pour Curro de la Casa, Francisco José Espada et Daniel Soto. Dimanche 15 juin, toros de Baltasar Iban pour Paulita, Manuel Escribano et Medhi Savalli. Le matin, novillada sans chevaux avec des erales de Casanueva.


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DE LA DIFFICULTÉ D'ÉCRIRE UNE CHRONIQUE TAURINE...

Afin qu'une chronique de corrida puisse être lue par toute personne, aficionada ou non, il faudrait utiliser un vocabulaire des plus courants, de tout les jours, et trouver le moyen de faire que l'amalgame des mots, provoque chez le lecteur, une émotion et un plaisir. Poètes et écrivains y feraient merveille.  Mais la tauromachie est aussi une technique et ne pas s'y référer occulterait ce que l'Aficionado averti considère comme essentiel. Lire chronique de René Philippe Arneodau.


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