UN MARIAGE ET UN ENTERREMENT


En Espagne, les arènes de Malaga ont été attribuées à la seule empresa qui s'est présentée (Cosos de Badajoz), au sein de laquelle José Cutiño a accueilli Simon Casas. En France, les coquillas de Sanchez Fabres ont fait leurs adieux. Une empresa naît, une ganaderia meurt.

Ayant parlé des empresas hier, il convient de le faire aujourd'hui des ganaderos. De nombreux jeunes aficionados m'écrivent pour me demander ce que l'on peut faire pour sauver les ganaderias en voie de disparition, et je ne puis malheureusement leur répondre qu'à part les lidier il n'y a aucune solution.

Ils me demandent aussi ce que l'on peut faire pour les ganaderos français qui, en corridas, souffrent d'un déficit d'image par rapport à leurs confrères espagnols les plus huppés, et sont trop chers par rapport à leurs confrères espagnols moins connus et qui cassent les prix parfois de manière éhontée.

Pour donner une vision réaliste des choses, le jour où les industriels français produiront mieux et moins cher que leurs concurrents chinois, le problème du déficit du commerce extérieur et celui de l'emploi ne se poseront plus en France. Mais en attendant ils sont là, et la question est la même que pour les ganaderos : que peut-on faire ?

Ceci pour dire que lorsqu'une ganaderia au passé si riche comme celle de Sanchez Fabres jette l'éponge, on peut s'attendre à ce que de nombreuses autres en fassent de même, en France et en Espagne. Car même si son aficion est immense, Jean-Luc Couturier, qui a été en négociation avancée pour acquérir aussi celle de Garcigrande, ne peut pas les acheter toutes.

André Viard