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PALHA 4, ADOLFO 0

Puisque le mondial de foot va bientôt nous accabler de sa déferlante, autant prendre les devants en considérant le réel problème des reconocimientos madrilènes sous l'angle des buts atteints ou manqués.

Pour ne retenir que les deux derniers matchs joués, Adolfo Martin vient de considérablement se manquer en ne faisant accepter que 2 toros par les vétérinaires sur les 10 qu'il leur a amené pour la corrida d'aujourd'hui. Réaction de pundonor, il est reparti avec chez lui et ne lidiera donc pas, mésaventure survenue aussi à la ganaderia d'Adelaída Rodriguez en début de mois.

Palha, hier, sur 10 en a fait approuver 4, ce qui est beaucoup mieux, mais malheureusement insuffisant pour pouvoir concourrir à sa propre succession dans le palmarés des meilleures corridas lidiées pour San Isidro et dont le prix correspondant à celle de l'an passé lui fut remis le matin de sa course tronquée.

Disons-le de suite, il est dommage que ce lot ne se soit pas lidié au complet, dans la mesure où, avec plus ou moins de toréabilité, les quatre toros portugais ont apporté en piste cette émotion lndispensable qu'apporte la caste lorsqu'elle ne dérive pas en genio intoréable, ce qui, cette fois, pas plus qu'à Vic, ne fut le cas. Rendons donc au ganadero ce qui lui appartient, tout en ébauchant une hypothèse : au vu des problèmes de présentation rencontrés à Séville d'abord, puis à Bilbao (9 toros présentés pour en trouver 6) et enfin à Madrid, n'aurait-il pas délibérément opté pour la lignée Oliveira qu'il cultive chez lui, la plus toréable mais aussi la moins volumineuse ?

Les toreros ne s'en plaindraient sans doute pas, ni les bons aficionados, lesquels ne sont jamais tombés dans le panneau de ces monstres jurassiques sortis d'on ne sait trop où et qui occasionnèrent tant de tardes angoissantes dont la seule issue offerte aux premiers était la fuite faute de subir la cornada (souvenons-nous du malheureux Israël Lancho).

Vu sous cet angle, la corrida vicoise que les organisateurs avaient tenus à choisir exclusivement de cette origine et qui l'était probablement, donne une idée de ce que pourrait être la normalisation relative vers laquelle tend cette devise qui si souvent changea de contenu : toros de la terre d'abord, agrémentés de bêtes vazqueñas ensuite (au XIXème siècle), avant que ne passent pas moins d'une vingtaine de sementales de Miura, puis que les Palhas de la troisième génération - deux jumeaux ganaderos - ne remplacent le tout par du Gamero Cívico, encaste qui s'étiola peu à peu et que le ganadero actuel régénéra en ajoutant des Oliveira d'abord (même origine Gamero Cívico), puis des sementales de Torrealta, afin de doter son troupeau de plus de volume, et une pointe de Baltasar Iban enfin.

Ceci étant, il y eut à Vic deux, voire trois toros permettant aux toreros de s'exprimer, dont un de triomphe que ne laisa pas passer Alberto Aguilar, de même qu'il y avait eu, toujours de cette origine, trois excellents (petits) toros à Beaucaire l'an passé, et un toro à Madrid hier qui à un torero puesto et décidé aurait offert peut-être l'occasion de (re)lancer sa carrière. Ceci pour dire qu'il faudra suivre les prochaines corridas de Palha avec intérêt, car il serait dommage que le ganadero soit contraint de revenir en arrière après avoir fait preuve de si louables intentions.


André Viard