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NÎMES - VIC - MADRID

Une année après l'autre, la bipolarisation du spectacle se matérialise de manière symbolique aux deux extrêmes de nos terres taurines : Nîmes la torerista et Vic la torista offrent ainsi le meilleur exemple de la diversité de l'aficion française.

Cette aficion se mobilisera-t-elle ? Il semblerait que oui, même s'il est probable que la crise passe facture d'un côté et de l'autre en incitant les aficionados à choisir les spectacles auxquels ils assisteront : le spectacle tauromachique est un luxe que toutes les bourses ne peuvent plus s'offrir, ce qui posera à terme la question des abonos trop fournis

À Madrid, le "défenseur du peuple", Enrique Mújica, a d'ailleurs lancé le débat en défendant l'idée que celui de Las Ventas était un abus sur lequel il convenait de se pencher. Selon lui, il n'est pas bon que le public captif des abonnés se voit proposer trop de cartels dénués d'intérêt pour une poignée à peine de cartels rématés.

Une fois de plus, l'offre et la demande sont au coeur du problème et une fois de plus la dérive libérale des cachets pose problème. Car même à Madrid, lorsque l'on veut rentabiliser la présence des figuras, il faut aligner de nombreux sans grade pour compenser. Tout est bien sûr affaire d'équilibre, mais selon les premiers intéressés - les abonnés - il semblerait que cette année San Isidro ait été particulièrement chiche.

À Vic et Nîmes le problème ne se pose pas : les cartels correspondent des deux côtés à l'attente et même si l'on ne peut bien sûr les comparer tant ils sont dissemblables, ils ont en commun un même désir d'excellence, chacun dans leur domaine.

Feria de prestige, celle de Nîmes se veut l'équivalente des plus grande, feria du toro, Vic ambitionne de n'avoir rien à envier à Madrid ou Bilbao question présentation des toros et diversité des encastes (pour Madrid surtout).

Reste le problème de la rentabilité. À Madrid, pour les raisons invoquées, celle-ci ne pose aucun problème. À Nîmes et Vic on souhaite qu'il en soit de même aussi.


André Viard